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Au sommaire cette semaine
đïž Finance Weekly : les cinq faits marquants de la semaine derniĂšre
đïž Pourquoi on laisse (trop) dâargent dormir ?
đ Ce que ça te coĂ»te (vraiment) de rester â100 % livretâ
đ§ Devenir investisseur sans sauter dans le vide
đ§ Construire ta stratĂ©gie 2026 : sĂ©curitĂ© et rendement
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đ Vous, mes abonnĂ©s : Nous sommes Ă 14 244 abonnĂ©s. Les chiffres ne sont pas bon KĂ©vin.
⥠Linkedin : Suivez mes publications quotidiennes sur Linkedin. Des actualités fortes, du décryptage de tendances, tout y est. Voici pour me suivre
đ En janvier, je dĂ©crypte le PLF 2026 en direct : FiscalitĂ©, immobilier, Ă©pargne, investisseurs : on fait le tri entre annonces, impacts rĂ©els et stratĂ©gies Ă activer. Un webinaire clair, pĂ©dagogique, avec questions/rĂ©ponses, pour comprendre le budget 2026 et ajuster tes dĂ©cisions sans stress.
On me demande un peu de perso Ă chaque fois, de life style. Je peux vous dire plusieurs choses :
Mardi jâai passĂ© la journĂ©e Ă lâOeil de lâimmo dâOrpi, une journĂ©e intĂ©ressante Ă Ă©changer avec les associĂ©s du rĂ©seau.
Les U14 dâAytrĂ© ont fait une belle journĂ©e hier Ă la maison. Deux matchs, deux gagnĂ©s avec la forme en plus. Le dernier contre La Rochelle contre qui nous avions perdu 15 jours avant dâun seul point. FĂ©licitations.
Jeudi soir, une soirĂ©e au rugby, soirĂ©e Mique. Plat typique du Sud Ouest, je crois que les photos parlent dâelles-mĂȘmes







đĄ HouseBase dĂ©voile son dernier Club Deal de lâannĂ©e : Bagnolet, une opĂ©ration courte, accessible et co-investie par lâĂ©quipe HouseBase, qui dĂ©tiendra 49 % du capital aux cĂŽtĂ©s de deux opĂ©rateurs locaux expĂ©rimentĂ©s. Comme toujours, lâobjectif est de proposer aux particuliers un accĂšs simple Ă des projets immobiliers professionnels, dĂšs 100 âŹ.
Le projet présente des fondamentaux solides :
Rendement annuel cible : 10,5 % (jusquâĂ 11,5 % avec le code CASH).
DurĂ©e : 24 mois, intĂ©rĂȘts versĂ©s In Fine.
Collecte : 382 000 âŹ.
LTV : 61 %, pour une valorisation estimĂ©e Ă 2,35 MâŹ.
Prix dâachat du foncier 46 % sous le marchĂ©, garantissant un excellent point dâentrĂ©e.
Aucune dĂ©marche administrative, lots et copropriĂ©tĂ© dĂ©jĂ existants : mise en Ćuvre rapide, risques maĂźtrisĂ©s.
Les inscriptions sont ouvertes depuis vendredi et la demande est déjà forte : derniÚres disponibilités pour participer.
Le code CASH permet en plus aux nouveaux inscrits de bénéficier de +1 % de rendement sur tous leurs investissements pendant 6 mois.
Bien que je sois le fondateur dâun cabinet en gestion de patrimoine, il est important de souligner que Cash Conseils đž opĂšre indĂ©pendamment de cette entitĂ©. Cette newsletter s'inscrit dans une dĂ©marche entiĂšrement dĂ©diĂ©e Ă la pĂ©dagogie financiĂšre, visant Ă Ă©duquer et Ă inspirer un large public sur les fondamentaux de la gestion financiĂšre personnelle. Cash Conseils đž est conçu pour ĂȘtre une ressource Ă©ducative ouverte Ă tous, sans liens directs avec les services ou les orientations spĂ©cifiques du cabinet. L'objectif est de fournir une plateforme neutre et informative, oĂč chacun peut apprendre Ă naviguer dans l'univers des finances personnelles, en toute indĂ©pendance et sans conflit d'intĂ©rĂȘts.


đŹ Netflix rafle Warner Bros : Hollywood pris de court : Longtemps sous-estimĂ© par les studios historiques, Netflix frappe un coup spectaculaire avec le rachat de Warner Bros pour 83 milliards de dollars, coiffant au poteau Paramount et David Ellison. LâopĂ©ration consacre la montĂ©e en puissance du gĂ©ant du streaming, dĂ©sormais maĂźtre de HBO, DC Comics et de franchises cultes. Mais ce mariage soulĂšve dĂ©jĂ de fortes craintes antitrust et un malaise profond Ă Hollywood, inquiet de voir la tech prendre dĂ©finitivement le contrĂŽle du cinĂ©ma.
đĄïž Washington durcit le ton envers lâEurope dans sa nouvelle doctrine de sĂ©curitĂ© : La nouvelle stratĂ©gie de sĂ©curitĂ© nationale des Ătats-Unis appelle à « cultiver la rĂ©sistance » en Europe, accusĂ©e de fragiliser la dĂ©mocratie, dâentraver la paix en Ukraine et de faire face Ă un dĂ©clin civilisationnel liĂ© Ă lâimmigration et Ă la dĂ©mographie. Le document, trĂšs critique envers lâUE, tranche avec les doctrines prĂ©cĂ©dentes en minimisant la menace russe et en recentrant les prioritĂ©s amĂ©ricaines sur lâhĂ©misphĂšre occidental. Une inflexion majeure de la politique Ă©trangĂšre de Donald Trump, qui creuse le fossĂ© avec les alliĂ©s europĂ©ens tout en redĂ©finissant lâordre international selon une logique plus illibĂ©rale et transactionnelle.
đ SpaceX tutoie les sommets avec une valorisation ciblĂ©e Ă 800 milliards $ : La sociĂ©tĂ© dâElon Musk discute avec des investisseurs dâune nouvelle vente dâactions qui porterait sa valorisation Ă 800 milliards de dollars, soit le double de son niveau actuel. Une telle opĂ©ration permettrait Ă SpaceX de redevenir la start-up la plus valorisĂ©e au monde, devant OpenAI, portĂ©e par le succĂšs de Starlink, sa domination dans les lancements spatiaux commerciaux et la confiance du marchĂ© dans lâĂ©cosystĂšme Musk.
đŽ Japon : la hausse des taux inquiĂšte les marchĂ©s mondiaux : Le signal envoyĂ© par la Banque du Japon sur une possible hausse des taux dâici fin dâannĂ©e secoue dĂ©jĂ les marchĂ©s. Les rendements des obligations japonaises ont atteint des sommets de 17 ans, le yen se renforce, et les taux longs ont progressĂ© aux Ătats-Unis comme en Europe. En toile de fond, les investisseurs redoutent un dĂ©bouclement du carry trade en yen : si les capitaux japonais sont rapatriĂ©s, cela pourrait accentuer la volatilitĂ© mondiale, peser sur les obligations amĂ©ricaines et, par contagion, fragiliser les marchĂ©s actions. Certains analystes relativisent toutefois le risque, estimant que les flux resteront largement contrĂŽlĂ©s.
đ MSCI brouille la frontiĂšre entre Bourse et capital-investissement : MSCI lance un nouvel indice mondial combinant actions cotĂ©es et non cotĂ©es, avec une pondĂ©ration de 15 % en private equity, pour reflĂ©ter lâĂ©volution des portefeuilles des investisseurs. Objectif : offrir un benchmark âactions totalâ Ă lâheure oĂč les marchĂ©s privĂ©s prennent une place croissante dans lâallocation. Une innovation saluĂ©e pour la diversification, mais qui soulĂšve aussi des dĂ©bats sur la comparabilitĂ© rĂ©elle des performances et la forte dispersion du non-cotĂ©.

Dis-moi franchement : ton Livret A, il te sert Ă quoi, Ă part te rassurer ?
Tu sais, cette petite somme qui dort tranquille, bien au chaud dans un coin de ton appli bancaire. Tu lâouvres de temps en temps, tu regardes le solde, tu souris⊠et tu refermes. Rien ne bouge, rien ne flambe. Confort total.
Mais pendant que toi, tu te fĂ©licites de ta « bonne gestion », une autre question plane : ton argent, il bosse vraiment pour toi ? Ou il continue Ă roupiller alors que lâinflation, elle, ne fait pas la sieste ?
Parce quâen 2026, les cartes ont changĂ©. Le taux du Livret A est tombĂ© Ă 1,7 % depuis le 1er aoĂ»t 2025 â contre 2,4 % auparavant. Lâinflation se stabilise autour de 0,9 Ă 1,4 % selon les projections de la Banque de France. Et les marchĂ©s financiers nâont jamais Ă©tĂ© aussi accessibles : en 2024, le nombre dâinvestisseurs en ETF en France a bondi de 70 % pour atteindre 509 000 personnes.
Alors, la vraie question : faut-il encore laisser son argent dormir ou commencer (enfin) Ă lâinvestir intelligemment ?
Le contexte en chiffres : pourquoi ce débat maintenant ?
Tu nâes pas seul dans ce dilemme. Loin de lĂ .
En France, plus de 404 milliards dâeuros sont garĂ©s sur les Livrets A. 83 % des Français en possĂšdent un, avec un solde moyen de 7 482 ⏠en 2024. Le plafond reste figĂ© Ă 22 950 ⏠depuis 2013 â et le gouvernement refuse de le baisser ou dâajouter une taxation, malgrĂ© les recommandations insistantes de la Cour des Comptes.
Pourquoi autant dâargent dort-il sur ces livrets ? Parce que câest simple, parce que câest « sĂ»r », parce que la bourse « fait peur »⊠ou juste parce quâon ne sait pas trop par oĂč commencer.
Et si, au fond, câĂ©tait surtout de lâinertie bien maquillĂ©e en prudence ?
Le phĂ©nomĂšne est encore plus frappant quand on regarde les comportements dâĂ©pargne globaux. Le taux dâĂ©pargne des Français a atteint 18,8 % de leur revenu disponible au premier trimestre 2025 â le plus haut niveau depuis 1981, hors pĂ©riode COVID. Avant la pandĂ©mie, la moyenne historique oscillait entre 14 et 15 %. Le pic COVID avait atteint 20,4 % en 2020, et on reste aujourdâhui bien au-dessus des niveaux prĂ©-pandĂ©mie.
Plus impressionnant encore : le taux dâĂ©pargne financiĂšre (la partie qui va vers les placements plutĂŽt que lâimmobilier) a atteint 9,8 % au premier trimestre 2025. Câest le plus haut niveau depuis... 1950. Les Français accumulent du cash comme jamais dans lâhistoire moderne.
Les raisons ? Elles sont multiples : 72 % des actifs se disent inquiets pour leur retraite. Les retraitĂ©s eux-mĂȘmes Ă©pargnent environ 25 % de leurs revenus au lieu de dĂ©sĂ©pargner. Lâincertitude politique, les craintes de nouvelles taxes, le souvenir de lâinflation rĂ©cente... tout pousse Ă la thĂ©saurisation.
Lâinflation : ce fantĂŽme qui grignote ton Ă©pargne
Lâinflation a Ă©tĂ© le grand sujet des annĂ©es 2022-2024. Rappelons les chiffres qui ont fait mal : 5,2 % en 2022, 4,9 % en 2023, puis 2,0 % en moyenne en 2024. En octobre 2025, elle nâĂ©tait plus que de 0,9 % en glissement annuel. Une accalmie bienvenue aprĂšs deux annĂ©es difficiles.
Mais attention au piĂšge psychologique : lâinflation ressentie reste bien supĂ©rieure Ă lâinflation mesurĂ©e. Au premier trimestre 2025, les Français estimaient lâinflation Ă 13,9 % alors quâelle nâĂ©tait que de 2,3 % selon lâINSEE. Cet Ă©cart de perception â plus de 11 points â explique en partie pourquoi tant de mĂ©nages continuent Ă thĂ©sauriser. Quand tu as lâimpression que tout augmente de 14 % alors que les statistiques officielles disent 2 %, tu prĂ©fĂšres garder du cash « au cas oĂč ».
Selon les projections de la Banque de France publiĂ©es en juin 2025, lâinflation devrait sâĂ©tablir Ă :
1,0 % en 2025
1,4 % en 2026
1,8 % en 2027
Dans ce contexte, un Livret A Ă 1,7 % offre un rendement rĂ©el lĂ©gĂšrement positif â entre 0,3 et 0,7 % selon les annĂ©es. Mieux que rien. Mais trĂšs loin de ce quâil faut pour construire un patrimoine.
Ătat des lieux des taux : oĂč en est-on vraiment ?
Faisons le point sur les taux actuels des différents livrets réglementés, parce que les choses ont bougé.
Le Livret A est passĂ© de 2,4 % Ă 1,7 % depuis le 1er aoĂ»t 2025. Une baisse significative qui reprĂ©sente une perte concrĂšte : pour quelquâun au plafond de 22 950 âŹ, câest 390 ⏠dâintĂ©rĂȘts annuels Ă 1,7 % contre 551 ⏠à 2,4 %. Soit 161 ⏠de manque Ă gagner chaque annĂ©e. Pas dramatique, mais pas anodin non plus.
Le LDDS (Livret de DĂ©veloppement Durable et Solidaire) suit le mĂȘme taux que le Livret A, soit 1,7 %. Son plafond est de 12 000 âŹ.
Le LEP (Livret dâĂpargne Populaire), rĂ©servĂ© aux revenus modestes, offre un taux plus gĂ©nĂ©reux de 2,7 % â contre 3,5 % prĂ©cĂ©demment. Le gouvernement a maintenu un « coup de pouce » pour Ă©viter une chute trop brutale. Son plafond est de 10 000 âŹ. Pour un LEP au plafond, la baisse reprĂ©sente environ 80 ⏠de manque Ă gagner annuel.
Ces livrets gardent leurs avantages historiques : 100 % garantis par lâĂtat, liquides Ă tout moment, totalement exonĂ©rĂ©s dâimpĂŽts et de prĂ©lĂšvements sociaux. Mais leur rĂ©munĂ©ration, bien que lĂ©gĂšrement positive en termes rĂ©els, ne permet pas de crĂ©er de la richesse sur le long terme.
Câest lĂ que le bĂąt blesse.
đïž Pourquoi on laisse (trop) dâargent dormir ?
Tu ouvres ton appli bancaire, tu jettes un Ćil sur ton Livret A, tu vois une belle somme bien rangĂ©e qui nâa pas bougĂ© depuis trois mois⊠et tu refermes lâappli en mode « parfait, tout est sous contrĂŽle ».
Cette scĂšne te parle ? Tu nâes pas seul. Des millions de Français font exactement pareil.
Et si on est autant Ă laisser de lâargent dormir sur nos livrets, ce nâest pas quâune question de manque dâinformation ou dâintĂ©rĂȘt. Câest aussi â et surtout â une question de rĂ©flexes psychologiques profondĂ©ment ancrĂ©s, de culture financiĂšre hĂ©ritĂ©e, et de confort mental recherchĂ©.
Le cerveau dĂ©teste perdre⊠mĂȘme quand il perd dĂ©jĂ
Lâun des plus grands freins Ă lâinvestissement, câest un biais bien documentĂ© : lâaversion Ă la perte. Ce phĂ©nomĂšne psychologique, mis en lumiĂšre par les prix Nobel dâĂ©conomie Daniel Kahneman et Amos Tversky, explique pourquoi la plupart dâentre nous prĂ©fĂšrent ne rien gagner du tout plutĂŽt que de risquer de perdre, mĂȘme un peu.
Leurs recherches ont montrĂ© que perdre 100 ⏠nous fait deux fois plus mal que gagner 100 ⏠ne nous fait plaisir. Ce rapport asymĂ©trique Ă la perte et au gain est profondĂ©ment ancrĂ© dans notre cerveau, hĂ©ritage de millĂ©naires dâĂ©volution oĂč la survie dĂ©pendait de la prĂ©servation des ressources.
RĂ©sultat concret : tant que notre Ă©pargne reste « stable », on a lâimpression quâelle est en sĂ©curitĂ©. MĂȘme si sa valeur rĂ©elle fond doucement avec lâinflation.
Et câest lĂ que ça devient pervers. Sur ton livret, le montant affichĂ© reste le mĂȘme. Tu as toujours 10 000 âŹ. Mais si lâinflation est Ă 2 % et que ton livret rapporte 1,7 %, tu perds 0,3 % de pouvoir dâachat chaque annĂ©e. Lentement. Sans bruit. Sans alerte rouge. Ton cerveau ne voit rien dâalarmant parce quâil nây a pas de chiffre nĂ©gatif affichĂ©, alors il laisse couler.
Câest ce quâon appelle le biais de statu quo : tu prĂ©fĂšres rester dans une situation mĂ©diocre mais stable, plutĂŽt que de faire un choix qui pourrait te rapporter plus, mais avec un peu dâincertitude. Les Ă©tudes montrent que face Ă un choix entre garder ce quâon a et prendre une dĂ©cision active, la majoritĂ© des gens optent pour lâimmobilisme â mĂȘme quand lâanalyse rationnelle suggĂ©rerait de bouger.
Ce biais est renforcĂ© par un autre mĂ©canisme : le temps subjectif. Quand tu entends « investir pour 10 ou 15 ans », ton cerveau sâĂ©teint. Ăa paraĂźt loin, flou, abstrait. 15 ans, câest presque la moitiĂ© de ta vie dâadulte active. Alors que voir ton livret grossir de 12,34 ⏠chaque mois, câest concret, palpable, immĂ©diat. MĂȘme si ce nâest pas grand-chose, au moins tu sais que tu gagnes quelque chose de tangible.
Ironie du sort : câest prĂ©cisĂ©ment cette logique qui tâempĂȘche de profiter de la magie des intĂ©rĂȘts composĂ©s sur le long terme.
Lâeffet de dotation : ton argent vaut plus parce quâil est Ă toi
Un autre biais cognitif joue un rĂŽle majeur dans notre attachement aux livrets : lâeffet de dotation. Ce phĂ©nomĂšne fait que nous attribuons plus de valeur Ă ce que nous possĂ©dons dĂ©jĂ quâĂ ce que nous pourrions obtenir.
ConcrĂštement, les 10 000 ⏠sur ton Livret A te semblent plus « rĂ©els » et prĂ©cieux que les 32 000 ⏠potentiels que tu pourrais avoir dans 20 ans en investissant. Lâun existe maintenant, tu peux le toucher (enfin, virtuellement). Lâautre est une projection, une promesse, un peut-ĂȘtre.
Cette surĂ©valuation de ce quâon possĂšde explique pourquoi tant de gens sont rĂ©ticents à « convertir » leur Ă©pargne liquide en investissements. Mentalement, câest comme si tu perdais quelque chose de concret pour quelque chose dâabstrait et incertain. Le passage dâun chiffre fixe sur ton compte Ă un chiffre qui fluctue sur un PEA provoque une forme dâinconfort psychologique, mĂȘme si rationnellement, câest souvent la meilleure dĂ©cision.
Le cash comme bouée émotionnelle
Au-delĂ de la raison, il y a lâĂ©motion. Et dans ce domaine, le cash gagne toujours.
Un livret dâĂ©pargne, câest un peu comme une bouĂ©e de sauvetage dans lâocĂ©an de la vie. Tu ne tâen sers pas tous les jours, mais tu es bien content de savoir quâelle est lĂ . Et tant pis si elle est un peu dĂ©gonflĂ©e.
Le Livret A a une image quasi sacrĂ©e en France. Il est dĂ©fiscalisĂ©, garanti par lâĂtat, liquide Ă tout moment. Il ne tâenvoie pas de courbe flippante, pas de newsletter anxiogĂšne, pas de -15 % en rouge vif sur ton Ă©cran. Il ne bouge pas, il est lĂ , fidĂšle au poste comme un vieux labrador. Cette stabilitĂ© apparente procure un vrai soulagement psychologique.
Tu dors mieux quand tu sais que tu peux sortir 2 000, 5 000, 10 000 ⏠en cas de pépin, sans avoir à vendre des actifs, subir des délais de rÚglement ou te poser mille questions sur le timing.
Mais câest lĂ que le bĂąt blesse : au nom de la sĂ©curitĂ©, beaucoup vont trop loin.
Une Ă©pargne de prĂ©caution raisonnable, câest 2 Ă 3 mois de revenus pour quelquâun avec des revenus stables, ou 3 Ă 6 mois pour un indĂ©pendant ou quelquâun avec des revenus irrĂ©guliers. Câest ce que recommandent tous les conseillers en gestion de patrimoine.
Mais dans la rĂ©alitĂ©, certains laissent dormir lâĂ©quivalent dâun an, deux ans, voire plus. Par automatisme. Par peur de manquer. Ou juste parce que « ça a toujours Ă©tĂ© comme ça ».
Or, cette surabondance de cash ne sert Ă rien. Elle ne rassure pas plus â au-delĂ dâun certain seuil, le sentiment de sĂ©curitĂ© ne progresse plus. Elle ne protĂšge pas mieux. Et surtout, elle freine ta capacitĂ© Ă faire fructifier ton patrimoine.
Câest un peu comme si tu gardais 15 casseroles dans ton placard mais que tu utilisais toujours les deux mĂȘmes â par habitude. Les 13 autres prennent de la place et ne servent strictement Ă rien.
La lenteur rassure, la volatilité terrifie
Ce nâest pas un hasard si tant dâĂ©pargnants disent « la bourse, trĂšs peu pour moi ».
Lâinvestissement Ă©voque immĂ©diatement des images anxiogĂšnes : des courbes qui montent et qui descendent, des graphiques rouges sang, des mots comme « volatilitĂ© », « krach », « bear market », « correction ». MĂȘme si tu ne sais pas forcĂ©ment ce que ces termes signifient prĂ©cisĂ©ment, ils sonnent dĂ©jĂ comme des menaces.
La rĂ©alitĂ©, câest que beaucoup dâĂ©pargnants ont Ă©tĂ© Ă©duquĂ©s Ă craindre le mouvement. Ce qui bouge vite est vu comme dangereux. Ce qui stagne â mĂȘme si ça sâĂ©rode doucement â est perçu comme sĂ»r. On a tous en tĂȘte lâimage du grand-pĂšre qui a tout perdu en 1929 ou du voisin ruinĂ© par le krach de 2008. Ces histoires traumatisantes se transmettent et crĂ©ent une mĂ©fiance gĂ©nĂ©rationnelle envers les marchĂ©s.
Ce rĂ©flexe est amplifiĂ© par le contexte mĂ©diatique. Quand la bourse perd 5 %, câest la une des journaux tĂ©lĂ©visĂ©s, avec des experts catastrophistes qui dĂ©filent sur les plateaux. Quand elle gagne 20 % sur trois ans, personne nâen parle â ce nâest pas « vendeur » comme information.
Dans ce bruit ambiant, le Livret A devient une forteresse silencieuse. Aucun stress, aucune alerte, aucune notification anxiogĂšne. RĂ©sultat : lâĂ©pargnant classique prĂ©fĂšre ne pas toucher Ă ce qui « fonctionne » plutĂŽt que dâessayer quelque chose de plus rentable mais moins rassurant Ă court terme.
Pourtant, les donnĂ©es historiques sont Ă©loquentes. Sur lâindice MSCI World entre 1970 et 2023, la probabilitĂ© dâavoir un rendement positif sur une pĂ©riode de 15 ans dĂ©passe 95 %. La volatilitĂ© Ă court terme nâest quâun bruit de fond dans une tendance de long terme rĂ©solument haussiĂšre.
Mais notre cerveau, lui, est programmé pour réagir au danger immédiat, pas pour raisonner sur 15 ans.
Une culture financiÚre trÚs⊠française
Il faut aussi parler de la culture. En France, lâargent reste un sujet sensible, souvent tabou dans les dĂźners de famille, et la notion de « faire travailler son argent » est encore perçue avec une certaine suspicion morale.
Historiquement, lâĂ©pargne est considĂ©rĂ©e comme une vertu â la fourmi contre la cigale. Lâinvestissement, lui, est assimilĂ© Ă un pari, voire Ă une forme de cupiditĂ©. On Ă©duque les enfants Ă mettre de cĂŽtĂ©, pas Ă se constituer un patrimoine. On leur apprend la valeur de lâĂ©conomie, pas celle de lâinvestissement.
RĂ©sultat : beaucoup dâadultes ont un rapport Ă lâĂ©pargne hĂ©ritĂ© de leurs parents ou grands-parents. On met sur le livret parce que « câest ce quâon a toujours fait », sans se poser plus de questions. La stratĂ©gie patrimoniale devient une suite dâhabitudes transmises de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration, comme une recette de cuisine familiale quâon ne remet jamais en question.
En comparaison, aux Ătats-Unis, lâinvestissement en bourse est culturellement normalisĂ©. Les plans 401(k) pour la retraite investissent automatiquement dans des fonds actions. En SuĂšde, une partie des cotisations retraite est investie sur les marchĂ©s par dĂ©faut. En France, notre systĂšme de retraite par rĂ©partition et notre culture du Livret A nous ont fait manquer cette Ă©ducation financiĂšre de masse.
Et soyons honnĂȘtes : le systĂšme bancaire nâa pas forcĂ©ment intĂ©rĂȘt Ă tâen dire plus. Tant que ton argent reste sur des produits peu rĂ©munĂ©rateurs pour toi mais rentables pour la banque â qui peut prĂȘter ton argent Ă des taux bien plus Ă©levĂ©s â, tout va bien pour elle. On tâoriente donc gentiment vers lâassurance-vie fonds euros ou le PEL, en te laissant penser que tu fais dĂ©jà « quelque chose de bien ».
Les conseillers bancaires sont des commerciaux avant dâĂȘtre des conseillers, et leurs objectifs de vente sont rarement alignĂ©s avec tes intĂ©rĂȘts patrimoniaux.
Complexité perçue = action reportée
Tu entends parler dâETF ? De PEA ? De PER ? DâunitĂ©s de compte ? Dâallocation dâactifs ? De MSCI World ? De TER ? De flat tax ?
Ă ce stade, ton cerveau dĂ©croche. Trop dâacronymes, trop dâoptions, trop de jargon technique. Et face Ă cette complexitĂ© apparente, le cerveau humain a un rĂ©flexe bien documentĂ© : reporter lâaction.
Tu te dis « je vais creuser ça un week-end », puis tu ne le fais pas. Tu ouvres un article sur les ETF Monde, tu ne comprends pas la moitiĂ© des termes, et tu te convaincs que ce nâest pas pour toi. Ou pire : tu commences Ă comprendre, tu vois lâintĂ©rĂȘt⊠mais comme il nây a pas dâurgence, tu remets Ă plus tard.
Et ce « plus tard » devient des mois, puis des années. Pendant ce temps-là , ton argent roupille tranquillement sur son petit matelas à 1,7 %.
Câest un peu comme vouloir se mettre au sport : tant que tu ne trouves pas une salle, un crĂ©neau, une routine simple⊠tu ne tây mets pas. Lâinvestissement, câest pareil. Si personne ne tâaide Ă faire le premier pas, tu restes sur place. Et la peur de mal faire lâemporte sur lâenvie de mieux faire.
Le paradoxe, câest quâinvestir nâa jamais Ă©tĂ© aussi simple quâaujourdâhui. Mais la perception de complexitĂ© reste un frein majeur.
Lâeffet « gros chiffres » : le mythe des 10 000 ⏠minimum
Beaucoup pensent encore que lâinvestissement est rĂ©servĂ© Ă ceux qui ont dĂ©jĂ du capital. « Quand jâaurai 20 000 ⏠de cĂŽtĂ©, je verrai », « Il faut au moins 5 chiffres pour investir, sinon ça ne vaut pas le coup », « Lâinvestissement, câest pour les riches »âŠ
Ces idées reçues freinent énormément de gens qui pourraient en réalité commencer avec 50 ou 100 ⏠par mois.
Et câest une sacrĂ©e occasion ratĂ©e. Car plus tu commences tĂŽt, plus tu laisses du temps au temps. Les intĂ©rĂȘts composĂ©s sont puissants, mais ils ont besoin de patience, pas de fortune. Comme on le verra plus loin, quelquâun qui investit 100 âŹ/mois pendant 30 ans construira plus de patrimoine que quelquâun qui investit 200 âŹ/mois pendant 20 ans. Le temps est lâingrĂ©dient secret de la recette.
Aujourdâhui, les barriĂšres Ă lâentrĂ©e nâont jamais Ă©tĂ© aussi basses. On peut ouvrir un PEA avec 50 âŹ, un PER avec 30 âŹ, acheter des ETF Ă partir de 10 âŹ, investir dans lâimmobilier fractionnĂ© avec 100 âŹ. Il nây a aucun frein rĂ©el. Il nây a que des freins psychologiques.
Les facteurs économiques qui entretiennent le sur-épargne
Au-delĂ de la psychologie individuelle, plusieurs facteurs macroĂ©conomiques expliquent le niveau record dâĂ©pargne des Français. Comprendre ces mĂ©canismes aide Ă prendre du recul sur sa propre situation.
Le lissage de consommation : aprĂšs les chocs de revenus subis pendant la crise sanitaire et lâinflation de 2022-2023, les mĂ©nages reconstituent leurs rĂ©serves. Câest un comportement rationnel de prudence face Ă lâincertitude Ă©conomique.
La composition des gains de revenus : les revenus du patrimoine (dividendes, intĂ©rĂȘts, loyers) ont fortement augmentĂ© ces derniĂšres annĂ©es, mais ils sont concentrĂ©s chez les mĂ©nages aisĂ©s qui ont une propension Ă consommer plus faible. RĂ©sultat : lâargent sâaccumule au lieu de circuler.
Lâeffet Pigou : face Ă lâĂ©rosion de la valeur rĂ©elle de leur Ă©pargne pendant lâinflation, les mĂ©nages Ă©pargnent davantage pour maintenir la valeur de leurs actifs financiers. Un cercle qui sâauto-entretient.
Lâincertitude politique : les craintes de nouvelles taxes, de rĂ©formes des retraites ou de changements rĂ©glementaires poussent les Français Ă constituer des rĂ©serves « au cas oĂč ».
Le vieillissement dĂ©mographique : les actifs Ă©pargnent massivement pour leur retraite, tandis que les retraitĂ©s â contrairement Ă ce quâon pourrait croire â continuent Ă Ă©pargner au lieu de dĂ©sĂ©pargner, souvent par prudence ou pour transmettre.
đ Ce que ça te coĂ»te (vraiment) de rester â100 % livretâ
Tu penses peut-ĂȘtre que « laisser son argent sur un Livret A, ce nâest pas grave â au moins, il ne bouge pas ».
Faux.
Il bouge. Mais Ă lâenvers. Il sâĂ©rode, il se fait grignoter, doucement mais sĂ»rement. Et ce grignotage discret te coĂ»te bien plus cher que tu ne lâimagines.
Parce que non, rester « 100 % livret », ce nâest pas ĂȘtre prudent. Câest ĂȘtre lentement appauvri, en silence.
Lâinflation, ce petit voleur poli
Tu ne le vois pas, tu ne lâentends pas, mais il passe tous les jours dans ton portefeuille. Câest lâinflation. MĂȘme quand elle est modĂ©rĂ©e (1 Ă 2 %), elle fait des dĂ©gĂąts sur la durĂ©e. Câest un voleur qui ne prend jamais beaucoup Ă la fois, mais qui revient chaque jour, chaque semaine, chaque mois.
Imagine : tu poses 10 000 ⏠sur ton Livret A, Ă 1,7 %. Lâinflation est Ă 2 %. Chaque annĂ©e, tu perds 0,3 % de pouvoir dâachat rĂ©el.
Dit autrement : ton argent « grossit » un peu en chiffres⊠mais les prix augmentent plus vite. Tu crois Ă©pargner, tu crois sĂ©curiser ton avenir, mais en rĂ©alitĂ©, tu tâappauvris doucement. Ce que tu pouvais acheter avec 10 000 ⏠aujourdâhui, tu ne pourras plus te lâoffrir avec 10 170 ⏠dans un an si les prix ont augmentĂ© de 2 %.
Et ça, câest sans compter lâeffet cumulĂ© dans le temps. Car cette petite diffĂ©rence sâapplique tous les ans. Tu ne perds pas seulement cette annĂ©e, tu perds chaque annĂ©e sur une base un peu plus faible. En 10 ou 20 ans, cela reprĂ©sente des milliers dâeuros Ă©vaporĂ©s en silence.
Les calculs qui font mal
Prenons des exemples concrets avec les taux actuels pour bien visualiser lâimpact.
Un Livret A au plafond de 22 950 ⏠rapporte 390 ⏠par an Ă 1,7 %. Ă lâancien taux de 2,4 %, tu aurais gagnĂ© 551 âŹ. Soit 161 ⏠de manque Ă gagner annuel, juste Ă cause de la baisse du taux. Et ce nâest que le manque Ă gagner par rapport Ă avant â sans mĂȘme parler de ce que tu aurais pu faire avec cet argent ailleurs.
Pour le LEP au plafond de 10 000 âŹ, la baisse de 3,5 % Ă 2,7 % reprĂ©sente environ 80 ⏠de manque Ă gagner annuel.
Et si on raisonne en pouvoir dâachat rĂ©el ? Prenons un exemple extrĂȘme pour bien comprendre le mĂ©canisme. Tu mets 1 000 ⏠sur un livret Ă 3 % alors que lâinflation est Ă 5 %. Tu gagnes 30 ⏠dâintĂ©rĂȘts nominaux, mais tu perds 50 ⏠de pouvoir dâachat. RĂ©sultat net : -20 ⏠en valeur rĂ©elle. Ton solde augmente, mais ce quâil peut acheter diminue. Câest lâarnaque parfaite : tu as lâimpression de gagner alors que tu perds.
Le match : Livret A vs Investissement diversifié
Prenons un exemple sur la durĂ©e pour comparer les deux approches. Câest lĂ que les diffĂ©rences deviennent vraiment spectaculaires.
Tu mets 10 000 ⏠sur ton Livret A pendant 20 ans, Ă 1,7 %. Ă la fin, tu obtiens environ 13 950 ⏠(hors inflation, et en supposant que le taux reste stable pendant 20 ans, ce qui est trĂšs optimiste vu quâil vient dĂ©jĂ de baisser).
MĂȘme somme, mĂȘme durĂ©e, mais placĂ©e sur un ETF Monde Ă 6 % de rendement annuel moyen (ce qui est trĂšs rĂ©aliste au vu des performances historiques sur 20 ans) : tu obtiens 32 071 âŹ.
Plus du double. Sans avoir versé un centime de plus. Juste en laissant ton argent travailler différemment.
Et ce nâest pas de la thĂ©orie ou des projections optimistes de vendeur de rĂȘves. En 2024, les ETF MSCI World ont affichĂ© des performances de 24 Ă 26 %. CâĂ©tait une annĂ©e exceptionnelle, certes. Mais mĂȘme sur le long terme, les actions mondiales surperforment largement les livrets.
Record historique : en 2024, 247 milliards dâeuros ont affluĂ© vers les ETF europĂ©ens. En France, le nombre dâinvestisseurs en ETF a bondi de 70 % pour atteindre 509 000 personnes. Les gens commencent Ă comprendre.
Autrement dit, rester « 100 % livret », ça ne te fait pas gagner moins. Ăa te fait perdre plus. Ce nâest pas une absence de gains, câest une fuite de capital. Chaque annĂ©e passĂ©e Ă 1,7 % au lieu de 6 % creuse un Ă©cart qui devient de plus en plus difficile Ă rattraper.
Les intĂ©rĂȘts composĂ©s : ton arme secrĂšte⊠que tu nâutilises pas
Le Livret A te donne des intĂ©rĂȘts simples, ou presque. Chaque annĂ©e, tu gagnes quelques dizaines dâeuros, calculĂ©s sur la base de ton capital. Ce capital augmente Ă peine, donc tes gains aussi. Câest linĂ©aire, prĂ©visible, et fondamentalement limitĂ©.
Un investissement type ETF, lui, te fait gagner sur les gains. Tu gagnes 6 % sur 10 000 ⏠la premiĂšre annĂ©e, soit 600 âŹ. Puis 6 % sur 10 600 ⏠lâannĂ©e suivante, soit 636 âŹ. Puis 6 % sur 11 236 âŹ, soit 674 âŹâŠ et ainsi de suite.
Câest la mĂ©canique des intĂ©rĂȘts composĂ©s, ce phĂ©nomĂšne magique oĂč lâargent commence Ă travailler tout seul, et de plus en plus vite. Einstein aurait qualifiĂ© les intĂ©rĂȘts composĂ©s de « huitiĂšme merveille du monde ». ExagĂ©rĂ© ? Peut-ĂȘtre. Mais pas tant que ça quand tu vois les chiffres.
Plus tu laisses passer le temps, plus tu perds lâeffet boule de neige. Chaque annĂ©e passĂ©e Ă 1,7 % est une annĂ©e oĂč tu empĂȘches ton argent de « faire des petits » correctement. Et ces petits auraient fait des petits Ă leur tour. Câest cette cascade de croissance que tu sacrifies en restant sur un livret.
Lâexemple qui devrait te convaincre : 25 ans vs 35 ans
Ce calcul illustre lâimportance cruciale du temps. Le temps est plus prĂ©cieux que lâargent en matiĂšre dâinvestissement.
Un investisseur qui commence Ă 25 ans avec 100 âŹ/mois et un rendement de 6 % aura, Ă 55 ans (soit 30 ans dâinvestissement), environ 100 000 âŹ. Il aura versĂ© 36 000 ⏠au total, et les intĂ©rĂȘts composĂ©s auront fait le reste.
Celui qui commence Ă 35 ans avec le double (200 âŹ/mois), sur le mĂȘme rendement, aura Ă 55 ans (soit 20 ans dâinvestissement)⊠environ 93 000 âŹ. Il aura versĂ© 48 000 ⏠au total.
Moins de capital final. Pour plus dâeffort. Parce que tu ne rattrapes pas le temps avec de lâargent.
Autre exemple concret : si tu avais mis 100 âŹ/mois sur un ETF Monde depuis janvier 2014, tu aurais investi 12 000 ⏠sur 10 ans. Avec un rendement moyen brut de 7 %/an, tu aurais environ 17 300 ⏠aujourdâhui. Sur un Livret A, au mĂȘme rythme, tu aurais Ă peine 13 000 âŹ. Soit plus de 4 000 ⏠de diffĂ©rence, sans rien faire de spĂ©cial. Juste en changeant oĂč tu mets ton argent chaque mois.
Lâimpact sous-estimĂ© des frais
Un point souvent nĂ©gligĂ© quand on compare les placements : les frais. Sur un Livret A, il nây en a pas â câest un de ses avantages. Mais sur les ETF, il y a le TER (Total Expense Ratio), les frais de courtage, les frais de gestion de lâenveloppe...
Bonne nouvelle : les ETF sont justement les produits les moins chers du marchĂ©. Un bon ETF Monde coĂ»te entre 0,05 % et 0,30 % de frais annuels, contre plus de 1 % (parfois 2 %) pour les fonds actifs traditionnels vendus par les banques. Câest une des raisons pour lesquelles les ETF ont explosĂ© ces derniĂšres annĂ©es.
Mais attention quand mĂȘme aux dĂ©tails. Sur 10 ans, avec un capital de 50 000 ⏠à 6 % de rendement, la diffĂ©rence entre un ETF Ă 0,10 % de frais et un autre Ă 0,50 % reprĂ©sente 3 294 ⏠de diffĂ©rence. Les frais comptent, mĂȘme quand ils semblent petits. Sur 20 ou 30 ans, lâĂ©cart se creuse encore plus.
Câest pourquoi il est crucial de choisir des ETF « core » Ă frais rĂ©duits et un courtier compĂ©titif.
Ce que tu perds aussi : des revenus passifs potentiels
Autre angle rarement évoqué : les livrets ne produisent aucun revenu vraiment utilisable.
Ă 1,7 %, mĂȘme avec 30 000 ⏠dessus, tu gagnes quoi ? Environ 510 ⏠dâintĂ©rĂȘts par an. Soit 42 âŹ/mois. Câest Ă peine une facture de tĂ©lĂ©phone. Ce nâest pas un revenu, câest une goutte dâeau.
Si tu plaçais les mĂȘmes 30 000 ⏠sur des supports gĂ©nĂ©rant 4 Ă 6 % (ETF distribuant, SCPI, etc.), tu pourrais en tirer 1 200 Ă 1 800 ⏠par an, sans toucher au capital. Soit 100 Ă 150 âŹ/mois. LĂ , on parle dâun vrai revenu dâappoint. De quoi payer une partie de tes vacances, un abonnement sport, ou simplement te faire plaisir.
Et pour ceux qui visent lâindĂ©pendance financiĂšre ou un complĂ©ment de revenus significatif, voici les ordres de grandeur du capital nĂ©cessaire pour gĂ©nĂ©rer des revenus passifs Ă 4 % net :
300 âŹ/mois = environ 90 000 ⏠de capital
500 âŹ/mois = environ 150 000 ⏠de capital
1 000 âŹ/mois = environ 300 000 ⏠de capital
Avec un Livret A Ă 1,7 %, ces objectifs sont tout simplement inatteignables â il faudrait plus du double de capital pour les mĂȘmes revenus.
La perte dâoptions : le coĂ»t cachĂ© de lâimmobilisme
Rester « 100 % livret », ce nâest pas juste perdre du rendement. Câest aussi se priver dâoptions stratĂ©giques pour lâavenir. Lâargent, câest de la libertĂ© stockĂ©e. Mais de lâargent qui ne grandit pas, câest de la libertĂ© qui rĂ©trĂ©cit.
Exemple concret : tu veux aider ton enfant à financer ses études dans 10 ans. Si tu as épargné uniquement sur un Livret A, tu auras une somme modeste, trÚs sûre, mais peu évolutive. En revanche, si tu as investi progressivement sur un PEA ou une assurance-vie bien gérée, tu pourrais avoir le double, voire le triple, et avec la possibilité de choisir entre capitalisation, retrait partiel, ou transfert. Tu as des options.
Autre exemple : tu veux changer de vie, lancer un projet entrepreneurial, partir en annĂ©e sabbatique. Avec 50 000 ⏠sur livret, tu sais que ça fondra vite si tu pioches dedans. Avec un portefeuille dâactifs qui gĂ©nĂšre du cash-flow, tu peux envisager autre chose : vendre une partie, arbitrer, percevoir des revenus, continuer Ă faire fructifier une partie de ton patrimoine. Tu as de la flexibilitĂ©.
Le vrai coĂ»t des livrets, câest lâoptionnalitĂ© que tu sacrifies. Les options futures que tu ne pourras pas saisir parce que ton capital nâaura pas suffisamment grandi.
Le vrai coĂ»t, câest dâattendre
Rester 100 % livret, câest souvent un choix⊠quâon ne fait pas vraiment. Câest plutĂŽt un « non-choix », une sorte de solution par dĂ©faut. On reporte, on procrastine, on se dit « je verrai plus tard ».
Le problĂšme, câest que cette inertie coĂ»te cher. Pas aujourdâhui. Mais demain, aprĂšs-demain, dans 10 ans.
Tu ne perds pas seulement de lâargent que tu aurais pu gagner. Tu perds du temps. Et dans le monde de lâinvestissement, le temps est une ressource bien plus prĂ©cieuse que lâargent lui-mĂȘme. Plus tu commences tĂŽt, plus tu capitalises. Chaque annĂ©e passĂ©e à « ne rien faire » est une annĂ©e de perdue pour faire travailler ton argent.
Le vrai coĂ»t, câest dâattendre. Câest de se dire « demain » pendant des annĂ©es. Câest de laisser filer les opportunitĂ©s par peur de faire un mauvais choix, alors que le pire choix est de ne pas choisir du tout.

đ Pourquoi Eden intrigue autant en ce moment ?
Parce quâelle coche plusieurs cases que les Ă©pargnants recherchent de plus en plus :
-ïž Une SCPI 100 % europĂ©enne (hors France)
Ce positionnement permet de bĂ©nĂ©ficier dâune fiscalitĂ© compĂ©titive sur les revenus immobiliers de source Ă©trangĂšre, non soumis aux prĂ©lĂšvements sociaux français (La fiscalitĂ© des revenus Ă©ventuels dĂ©pend de votre situation personnelle et des conditions fiscales internationales en vigueur au 1er janvier 2025. ) â un point que nous avons expliquĂ© en dĂ©tail dans la prĂ©sentation utilisĂ©e lors du webinaire.
-ïž Un ticket dâentrĂ©e accessible : 1 000 ⏠(20 parts Ă 50 âŹ)
Un positionnement qui ouvre lâimmobilier europĂ©en Ă un large public.
- Aucune commission de souscription (dâautres frais sâappliquent)
Câest rare sur le marchĂ©, et cela permet aux Ă©pargnants de voir leur investissement travailler dĂšs le premier euro.
- Une plateforme 100 % digitale, pensée pour les nouveaux épargnants
Autonomie complĂšte, pĂ©dagogie, suivi en ligne, rĂ©investissement automatique des dividendes, versements programmĂ©s dĂšs 50 âŹ/mois : tout est fait pour simplifier la vie des investisseurs.
-ïž Une approche ISR âBest in progressâ, avec de vrais engagements sur la performance environnementale et sociale des actifs
Là encore, un point clé que nous avons développé lors du live.
Ăvidemment, on le rappelle : investir comporte des risques (perte en capital, revenus non garantis, liquiditĂ© limitĂ©e, durĂ©e de dĂ©tention recommandĂ©e dâau moins 8 ans).
đ§ Devenir investisseur sans sauter dans le vide
Quand on pense Ă investir, lâimage classique â celle dâun trader stressĂ© regardant des graphiques rouges et verts, le tĂ©lĂ©phone collĂ© Ă lâoreille, criant des ordres dâachat â effraie.
Mais investir bien nâa rien Ă voir avec ça.
Lâobjectif principal dâun portefeuille diversifiĂ©, câest de rĂ©duire le risque tout en laissant le temps jouer en ta faveur. Câest une dĂ©marche calme, mĂ©thodique, presque ennuyeuse â et câest justement ce qui la rend efficace.
Tour dâhorizon des supports dâinvestissement
Avant de construire ta stratégie, il faut connaßtre les outils à ta disposition. Voici les principaux supports accessibles en France, avec leurs avantages et inconvénients.
Le PEA (Plan dâĂpargne en Actions)
Le PEA est souvent considĂ©rĂ© comme le meilleur ami de lâinvestisseur français. Pourquoi ? Parce quâaprĂšs 5 ans de dĂ©tention, tes gains sont exonĂ©rĂ©s dâimpĂŽt sur le revenu â tu ne paies que les prĂ©lĂšvements sociaux de 17,2 %. Avant 5 ans, câest la flat tax Ă 30 % qui sâapplique (12,8 % dâimpĂŽt + 17,2 % de prĂ©lĂšvements sociaux). Attention : un retrait avant 5 ans entraĂźne la clĂŽture du PEA.
Le plafond de versements est de 150 000 âŹ, ce qui est largement suffisant pour la plupart des investisseurs particuliers. Tu peux y loger des actions europĂ©ennes ou des ETF Ă©ligibles â y compris des ETF Monde via des montages synthĂ©tiques qui rĂ©pliquent des indices mondiaux tout en Ă©tant techniquement investis en actions europĂ©ennes.
Les meilleurs ETF Ă©ligibles au PEA incluent lâAmundi MSCI World (accĂšs Ă plus de 1 500 entreprises dans 23 pays dĂ©veloppĂ©s), le Lyxor S&P 500 (les 500 plus grandes entreprises amĂ©ricaines), ou le BNP Easy Stoxx 600 (600 entreprises europĂ©ennes).
Lâassurance-vie
Lâassurance-vie reste le placement prĂ©fĂ©rĂ© des Français, avec plus de 1 800 milliards dâeuros dâencours. Câest une enveloppe trĂšs polyvalente qui offre deux compartiments : le fonds euros (capital garanti, rendement dâenviron 2,5 % en 2024) et les unitĂ©s de compte (plus dynamiques mais non garanties).
AprĂšs 8 ans de dĂ©tention, tu bĂ©nĂ©ficies dâun abattement annuel de 4 600 ⏠sur les gains pour une personne seule (9 200 ⏠pour un couple). Chaque annĂ©e, tu peux retirer jusquâĂ 4 600 ⏠de gains sans payer dâimpĂŽt dessus â juste les prĂ©lĂšvements sociaux.
Pour la transmission, lâassurance-vie est imbattable : les versements effectuĂ©s avant 70 ans bĂ©nĂ©ficient dâun abattement de 152 500 ⏠par bĂ©nĂ©ficiaire avant fiscalitĂ© successorale.
Le PER (Plan dâĂpargne Retraite)
Le PER est lâoutil idĂ©al pour ceux qui ont une tranche marginale dâimposition Ă©levĂ©e (30 % ou plus). Les versements sont dĂ©ductibles de ton revenu imposable. Si tu es Ă 30 % de TMI et que tu verses 5 000 âŹ, tu Ă©conomises 1 500 ⏠dâimpĂŽts immĂ©diatement.
Lâargent est bloquĂ© jusquâĂ la retraite (sauf cas de dĂ©blocage anticipĂ© comme lâachat de la rĂ©sidence principale), et tu seras imposĂ© Ă la sortie. Mais si ta TMI baisse Ă la retraite, lâopĂ©ration est trĂšs avantageuse.
Le rendement moyen des PER en 2023 Ă©tait dâenviron 2,5 % pour les fonds euros, mais avec une bonne allocation en unitĂ©s de compte, tu peux viser bien plus.
Les ETF (Exchange Traded Funds)
Les ETF sont des fonds cotés en bourse qui répliquent un indice. Leur avantage principal : des frais ultra-bas (0,05 % à 0,30 % par an contre plus de 1 % pour les fonds actifs) et une diversification instantanée.
Un ETF MSCI World te donne accĂšs Ă plus de 1 500 entreprises rĂ©parties dans 23 pays dĂ©veloppĂ©s. Tu nâes pas dĂ©pendant dâune seule entreprise ou dâun seul secteur : si Apple chute, Microsoft peut compenser. Si le secteur tech souffre, la santĂ© peut prendre le relais.
Les ETF sont accessibles via un PEA (pour les ETF éligibles), une assurance-vie ou un compte-titres ordinaire (CTO). Sur un CTO, tu seras soumis à la flat tax de 30 % sur les plus-values, ce qui est moins avantageux fiscalement.
Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier)
Les SCPI permettent dâinvestir dans lâimmobilier sans acheter un bien en direct. Tu achĂštes des parts dâune sociĂ©tĂ© qui gĂšre un parc immobilier (bureaux, commerces, logistiqueâŠ) et tu perçois des loyers au prorata.
Le rendement estimĂ© tourne autour de 4 Ă 6,5 % brut, mais les performances rĂ©elles varient. Au premier trimestre 2024, le rendement effectif moyen nâĂ©tait que de 1,13 % selon lâASPIM. Les SCPI ont souffert de la hausse des taux et de la crise de lâimmobilier de bureau post-COVID.
Câest un placement de long terme (8-10 ans minimum) avec des frais dâentrĂ©e Ă©levĂ©s (8-12 %). IdĂ©al pour diversifier, mais pas comme placement principal pour un dĂ©butant.
Commencer petit : lâinvestissement progressif
Lâun des principaux freins : croire quâil faut un gros capital pour investir. Faux.
Aujourdâhui, on peut commencer avec 50 âŹ, 100 ⏠par mois â petit Ă petit, rĂ©guliĂšrement. Si tu investis 100 âŹ/mois dans un ETF Monde sur 20 Ă 30 ans, mĂȘme un rendement modĂ©rĂ© fait des merveilles grĂące aux intĂ©rĂȘts composĂ©s.
Lâapproche par versements rĂ©guliers â le fameux DCA (Dollar Cost Averaging) â a un gros avantage : elle Ă©vite de chercher le « bon moment » pour acheter. Tu achĂštes chaque mois, quâimporte le marchĂ©. Quand le marchĂ© baisse, tu achĂštes moins cher. Quand il monte, ton portefeuille se valorise. Tu lisses les fluctuations.
ConcrĂštement : tu conserves ta « poche de sĂ©curitĂ© » â 2 Ă 6 mois de dĂ©penses sur un livret â et tu attribues un petit pourcentage du reste Ă investir chaque mois. Tu rĂ©duis le stress, tu gardes de la flexibilitĂ©, et tu laisses le reste de ton capital bosser pour toi.
Câest un peu comme planter un arbre : tu nâattends pas dâavoir une forĂȘt pour planter. Tu mets une graine, tu arroses rĂ©guliĂšrement, tu laisses pousser.
Automatiser pour Ă©liminer lâanxiĂ©tĂ©
Un des plus gros freins pour les dĂ©butants : lâangoisse du marchĂ©, le doute, la peur de mal faire. Pour minimiser tout ça, deux mots dâordre : automatiser, rĂ©gulariser.
Mets en place un virement automatique chaque mois depuis ton compte courant vers ton PEA ou ton assurance-vie. Comme ça, tu investis sans y penser. Inutile de suivre la bourse tous les jours ou de te demander si câest le bon moment. La rĂ©gularitĂ© remplace le timing.
ConsidĂšre lâinvestissement comme un processus, pas un Ă©vĂ©nement. Tu nâas pas besoin de tout dĂ©cider en une seule fois. Ce qui importe, câest la constance sur le long terme.
Automatiser enlĂšve la pression psychologique liĂ©e au « bon moment » : tu investis quoi quâil arrive â quand le marchĂ© monte, quand il descend, quand tu es stressĂ©, quand tu as oubliĂ©. Câest un peu comme mettre ton Ă©pargne sur pilote automatique.
Les erreurs classiques des débutants (et comment les éviter)
Erreur 1 : Tout miser sur un seul support. MĂȘme un ETF Monde, aussi solide soit-il, ne suffit pas toujours. Combine un ETF Monde avec un ETF obligations ou un ETF Europe pour lisser les risques.
Erreur 2 : NĂ©gliger les frais. Un ETF Ă 0,5 % de frais peut te coĂ»ter des milliers dâeuros sur 20 ans par rapport Ă un ETF Ă 0,1 %. Choisis des ETF « core » Ă faibles frais, utilise un courtier compĂ©titif, et privilĂ©gie le PEA pour sa fiscalitĂ© avantageuse.
Erreur 3 : Viser le jackpot trop vite. Les produits Ă haute volatilitĂ© (crypto, ETF thĂ©matiques Ă la mode), câest grisant⊠mais trĂšs risquĂ©. Limite ces paris Ă 5-10 % maximum de ton portefeuille.
Erreur 4 : Oublier lâĂ©pargne de prĂ©caution. Sans filet de sĂ©curitĂ©, câest dangereux. Garde lâĂ©quivalent de 2 Ă 6 mois de dĂ©penses sur un livret. Si tu dois vendre tes ETF en urgence pendant une baisse, tu cristallises tes pertes.
Erreur 5 : Vendre en panique lors dâune baisse. Les marchĂ©s baissent rĂ©guliĂšrement, parfois de 20 ou 30 %. Câest normal, câest prĂ©vu. Le pire que tu puisses faire, câest vendre au creux de la vague. Si tu as bien calibrĂ© ton allocation et ton horizon, tu ne touches Ă rien et tu attends la reprise.
đ§ Construire ta stratĂ©gie 2026 : sĂ©curitĂ© et rendement
Maintenant quâon a compris quâil ne faut ni tout laisser dormir sur un livret ni partir Ă lâaventure avec des ETF Ă effet de levier sur le marchĂ© thaĂŻlandais⊠il est temps de penser comme un stratĂšge.
Car investir, ce nâest pas jouer au Loto. Câest construire une stratĂ©gie. Une vraie. Qui colle Ă toi, ta vie, tes projets, ta tolĂ©rance au stress⊠et ton besoin de dormir tranquille la nuit.
Les 3 questions fondamentales
Avant de cliquer sur le moindre ETF, pose-toi ces trois questions essentielles. Elles vont déterminer toute ta stratégie.
Question 1 : Quel est ton horizon de placement ?
Combien de temps tu peux laisser cet argent investi sans en avoir besoin ? Câest LA question clĂ©.
Moins de 2 ans â reste sur des supports sans risque (Livret A, LDDS, LEP)
Entre 2 et 8 ans â Ă©quilibre entre sĂ©curitĂ© et dynamisme
Plus de 8 ans â tu peux viser la croissance avec des ETF actions, de lâimmobilier, un PER
Question 2 : Quelle est ta tolérance au risque ?
Si ton placement perd 10 % en un mois, tu fais quoi ? Sois honnĂȘte avec toi-mĂȘme.
Tu dors comme un bĂ©bĂ© â tu es prĂȘt pour une allocation offensive
Tu refresh ton appli bancaire toutes les 3 minutes â il faut ajuster lâexposition
Tu paniques et veux tout vendre â il te faut plus de sĂ©curitĂ©
Question 3 : Quels sont tes objectifs concrets ?
Investir pour⊠quoi exactement ? PrĂ©parer ta retraite dans 25 ans ? Constituer un apport immobilier dans 5 ans ? ComplĂ©ter tes revenus actuels ? Construire un capital « au cas oĂč » ? Chaque objectif aura son horizon, son niveau de risque, et donc son placement dĂ©diĂ©.
Les 3 poches de ton patrimoine
Maintenant que tu sais oĂč tu vas, rĂ©partis ton argent en « poches ». Câest la mĂ©thode quâutilisent tous les professionnels de la gestion de patrimoine.
Poche 1 : LâĂ©pargne de prĂ©caution
Câest la base absolue. Celle qui tâĂ©vite de vendre un ETF en urgence parce que la chaudiĂšre a lĂąchĂ©.
Montant : 2 à 3 mois de dépenses (revenus stables) ou 3 à 6 mois (indépendant/revenus irréguliers)
Support : Livret A, LDDS, LEP si éligible
Objectif : ne pas y toucher sauf pépin
Poche 2 : Lâinvestissement moyen/long terme
Lâargent que tu nâas pas besoin de toucher dans les 5 Ă 15 ans.
Montant : tout ce que tu peux mettre au-delĂ de la poche 1
Supports : PEA + ETF monde, assurance-vie diversifiée, un peu de SCPI si tu veux varier
Objectif : faire travailler ton argent, capter la croissance économique
Poche 3 : La retraite/transmission
Le trĂšs long terme. Tu ne la touches pas avant 62-67 ans.
Montant : en fonction de tes capacités et de ta TMI
Supports : PER pour la déduction fiscale, assurance-vie pour la transmission
Objectif : préparer ta retraite, alléger tes impÎts, transmettre efficacement
Allocations concrĂštes selon ton profil
Profil Prudent (tu veux dormir tranquille)
60-70 % sur supports sécurisés (Livret A, LDDS, LEP, fonds euros)
20-30 % sur placements modérés (ETF obligataires, SCPI)
10 % sur actions via ETF Monde en PEA
Horizon : 5-10 ans minimum
Profil ĂquilibrĂ© (tu acceptes un peu de volatilitĂ©)
30 % en cash sur livrets
50 % en croissance (ETF Monde, ETF Europe, immobilier papier)
20 % sur PER ou assurance-vie long terme
Horizon : 10-15 ans
Profil Dynamique (tu es Ă lâaise avec le risque)
15 % en épargne de sécurité
65 % sur supports offensifs (ETF Monde, ETF sectoriels, émergents)
20 % orientés long terme (PER, actions à dividendes)
Horizon : 15-20+ ans
Calculs motivants pour 2026
Si tu places 100 âŹ/mois Ă 5 % de rendement sur 20 ans, tu obtiens environ 41 000 âŹ, dont 17 000 ⏠dâintĂ©rĂȘts composĂ©s (tu auras versĂ© 24 000 ⏠au total).
Sur un livret Ă 1,7 %, tu atteins seulement 29 000 âŹ.
Résultat : 12 000 ⏠de différence. Juste en investissant réguliÚrement.
Avec 300 âŹ/mois sur 20 ans Ă 5-6 % de rendement, tu peux viser 120 000 Ă 140 000 âŹ. De quoi constituer un apport immobilier consĂ©quent ou un complĂ©ment de retraite solide.
Deux plans concrets pour démarrer
Plan tranquille â 100 âŹ/mois
70 % sur un ETF Monde diversifié
30 % sur un ETF obligations ou fonds euros
Le tout en PEA, avec un virement automatisé
AprĂšs 10 ans : capital estimĂ© de 15 000 Ă 17 000 âŹ
AprĂšs 20 ans : 35 000 Ă 45 000 âŹ
Plan ambitieux â 300 âŹ/mois
60 % sur ETF Monde + Europe
20 % sur obligations et fonds diversifiés
20 % sur SCPI et thématiques
Réparti entre PEA et assurance-vie
AprĂšs 20 ans : potentiel de 120 000 Ă 140 000 âŹ
Gérer ses émotions : le vrai super-pouvoir
On parle beaucoup de stratégies et de produits, mais trÚs peu de ce qui fait la vraie différence : ta psychologie. Ton calme. Ta discipline. Ta capacité à tenir ton cap quand tout le monde panique.
Parce quâon peut avoir le meilleur portefeuille du monde â si on vend en panique Ă la premiĂšre chute de 10 %, on ruine tout.
Quelques principes puissants :
Fixe-toi un cap clair : pourquoi tu investis, pour quand, avec quel objectif ?
Ne regarde pas ton PEA tous les jours. Une fois par trimestre suffit largement.
Ne prends jamais de décision patrimoniale aprÚs avoir scrollé Twitter ou vidé deux verres de Chablis.
Garde ta poche de sĂ©curitĂ© bien remplie â câest ton matelas anti-stress.
Rappelle-toi que les marchés montent et descendent. Mais sur le long terme, celui qui tient bon gagne presque toujours.
Ce que dit la Banque de France pour 2026-2027
Pour te projeter, voici les prévisions macroéconomiques officielles :
Inflation : 1,0 % (2025), 1,4 % (2026), 1,8 % (2027). Ton Livret A Ă 1,7 % devrait rester lĂ©gĂšrement au-dessus â mais pas de quoi crĂ©er de la richesse.
Croissance du PIB : 0,6 % (2025), 1,0 % (2026), 1,2 % (2027). LâĂ©conomie française devrait continuer Ă croĂźtre, ce qui est favorable aux marchĂ©s actions.
ChĂŽmage : 7,6 % (2025), 7,7 % (2026), 7,4 % (2027). Stable.
Salaires réels : en cours de récupération. Retour aux niveaux de fin 2021 attendu pour 2027.
Dans ce contexte, les livrets offrent une protection contre lâinflation lĂ©gĂšrement positive, mais pas de crĂ©ation de richesse. Pour faire vraiment travailler ton argent, il faut aller chercher les rendements sur les marchĂ©s â avec prudence et mĂ©thode.

đŻ Devenir investisseur, câest pas un big bang. Câest un pas de cĂŽtĂ©.
Depuis des annĂ©es, on nous vend lâinvestissement comme une discipline dâĂ©lite. Il faudrait tout savoir sur les marchĂ©s, comprendre les graphiques, suivre les dĂ©cisions de la Fed comme on suit la mĂ©tĂ©o, ĂȘtre « courageux » et avoir « le goĂ»t du risque ».
Mais la vérité est bien plus simple.
Devenir investisseur aujourdâhui, ce nâest pas sauter dans le vide. Câest faire un pas de cĂŽtĂ© : passer de lâĂ©pargne 100 % sĂ©curisĂ©e (et donc 100 % peu rentable) Ă une stratĂ©gie plus Ă©quilibrĂ©e, plus intelligente, plus adaptĂ©e Ă notre Ă©poque.
Tu nâas pas besoin de tout rĂ©volutionner. Pas besoin de parier sur des cryptos ou dâacheter des actions Tesla Ă 600 âŹ. Pas besoin de devenir trader la nuit. Il te suffit de repenser lâusage de ton argent.
Ton Livret A ? Il garde son utilitĂ©. Il te protĂšge, il te rassure, il finance mĂȘme des projets publics utiles. Mais au-delĂ de 2 Ă 6 mois de dĂ©penses de cĂŽtĂ©, tu perds du pouvoir dâachat. Chaque annĂ©e. Sans tâen rendre compte.
Et si, en 2026, tu décidais que ton argent pouvait bosser un peu plus pour toi ?
Avec 50, 100, 200 ⏠par mois investis intelligemment, tu te constitues un capital. Tu participes Ă lâĂ©conomie rĂ©elle. Tu profites des rendements que seuls les actifs dynamiques peuvent offrir sur le long terme. Tu crĂ©es un filet de sĂ©curitĂ© et dâopportunitĂ© pour ton futur.
Et tu le fais à ton rythme : en gardant ton cash de sécurité, en automatisant un petit investissement mensuel, en choisissant des supports simples et diversifiés, en acceptant que ton plan puisse évoluer.
Tu ne cherches pas Ă battre le marchĂ©. Tu cherches Ă ne pas te faire battre par lâinflation et lâinertie.
Alors, Ă toi de jouer.
Ce nâest pas une grande rĂ©volution. Câest un glissement, une bascule. Une dĂ©cision simple, mais puissante.
Et dans 5, 10, 20 ans, tu seras heureux de lâavoir prise en 2026.
đ RĂ©capitulatif : les chiffres clĂ©s Ă retenir
â
Ta checklist pour passer Ă lâaction
Calcule ton épargne de précaution nécessaire (2-6 mois de dépenses)
Identifie le surplus disponible pour investir
Ouvre un PEA chez un courtier en ligne à frais réduits
Choisis un ETF Monde diversifié à faibles frais
Programme un virement automatique mensuel (mĂȘme 50 âŹ)
Définis ton horizon et ton profil de risque
Prévois une révision annuelle de ta stratégie
Ne regarde pas ton portefeuille tous les jours !
à la semaine prochaine pour une nouvelle édition !
Et nâoublie pas : ton argent ne dort pas, il rouille. Fais-le bosser.
Vous voulez aller plus loin ?Â
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Disclaimer : Ceci nâest pas un conseil en investissement, en tant que CIF, je ne peux donner de conseils avant dâavoir pu comprendre qui vous ĂȘtes, vos objectifs de vie, vos contraintes et capacitĂ©s financiĂšres. Tout conseil Ă©tant personnalisĂ©, et cette newsletter Ă©tant gĂ©nĂ©raliste, soyez vigilant sur vos investissements, peu importe la forme quâils prendraient.




