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Le PTZ Ă©largi : Une solution pour tous⊠ou presque ? đ â ïž
ExonĂ©ration des droits de succession dans le neuf : Un avantage lointain ? đĄâł
LMNP et prise en compte de l'amortissement : Impact minime ou coup dur ? đđŒ
Vers un vĂ©ritable choc de l'offre : OĂč sont les vraies solutions ? đȘđ§
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đźđčđž Exil fiscal : lâItalie, nouvelle tentation des fortunĂ©s : Face Ă la hausse des impĂŽts pour les mĂ©nages aisĂ©s, lâexil fiscal devient une option sĂ©rieuse pour certains Français fortunĂ©s. LâItalie, avec ses rĂ©gimes fiscaux attractifs, notamment en matiĂšre de donations et successions, attire de plus en plus dâexpatriĂ©s. Le pays propose des avantages fiscaux, comme la âflat taxâ pour les riches rĂ©sidents et le rĂ©gime pour les impatriĂ©s. Cependant, un dĂ©mĂ©nagement fiscal en Italie nĂ©cessite de couper vĂ©ritablement les ponts avec la France pour Ă©viter tout problĂšme avec le fisc.
đ Qui est CD & R, le futur propriĂ©taire de Doliprane ? : Le fonds dâinvestissement amĂ©ricain Clayton, Dubilier & Rice (CD & R) est sur le point de prendre le contrĂŽle des marques sans ordonnance de Sanofi, dont Doliprane, pour plus de 15 milliards dâeuros. FondĂ© en 1978, CD & R est reconnu pour sa stratĂ©gie de dĂ©veloppement plutĂŽt que de rĂ©duction des coĂ»ts. Bien quâil soit plus discret que des gĂ©ants comme KKR ou Blackstone, le fonds sâentoure de grands dirigeants internationaux et a su Ă©tablir des alliances avec des groupes industriels majeurs. En France, CD & R a dĂ©jĂ investi dans des entreprises comme Rexel et Spie.
đž ImpĂŽt minimal : une taxe qui touche moins de riches que prĂ©vu : Le projet de budget 2025 introduit un impĂŽt « minimal » de 20 % pour les foyers aux trĂšs hauts revenus, mais il concernera seulement 24.300 contribuables, loin des 65.000 annoncĂ©s. Cette « contribution diffĂ©rentielle sur les hauts revenus » vise les foyers gagnant plus de 500.000 euros annuels pour un couple, mais des dĂ©cotes et exceptions rĂ©duiront son impact. Bien que cette mesure soit censĂ©e rapporter 2 milliards dâeuros, son efficacitĂ© est mise en doute, notamment en raison des stratĂ©gies dâoptimisation fiscale des plus riches, qui pourraient amoindrir son rendement.
đĄïž Gouvernance validĂ©e : AG2R La Mondiale crĂ©e son rĂ©assureur interne : Le conseil dâadministration dâAG2R La Mondiale a approuvĂ© la crĂ©ation dâune filiale de rĂ©assurance interne pour renforcer la soliditĂ© financiĂšre du groupe. Ce projet, longtemps source de tensions, a Ă©tĂ© validĂ© grĂące Ă un compromis entre syndicats et patronat. La nouvelle entitĂ©, prĂ©vue pour 2026, verra La Mondiale apporter la majoritĂ© du capital, mais la gouvernance restera Ă©quilibrĂ©e, avec des garde-fous pour protĂ©ger lâinfluence paritaire. Cette rĂ©organisation doit encore ĂȘtre validĂ©e par dâautres instances du groupe en fin dâannĂ©e.
đ CAC 40 : HermĂšs, Nvidia et Orange en ligne de mire ! : Le CAC 40 a affichĂ© une semaine stable avec un gain modeste de 0,5%. Lâinflation amĂ©ricaine plus Ă©levĂ©e que prĂ©vu pourrait ralentir les baisses de taux de la Fed, tandis que lâEurope pourrait voir la BCE abaisser ses taux face Ă la baisse rapide de lâinflation. En Chine, des mesures de relance budgĂ©taire sont attendues, impactant des entreprises du CAC 40 comme LVMH et HermĂšs. La sĂ©lection dâactions de Momentum a rĂ©alisĂ© de belles performances, avec des gains notables pour Danone, BiomĂ©rieux et Solvay, malgrĂ© une lĂ©gĂšre baisse du CAC 40 ces derniers mois.

Parlons franchement. Chaque annĂ©e, le Projet de Loi de Finances est attendu avec impatience, surtout pour les mesures qui concernent lâimmobilier. En tant que passionnĂ© de ce secteur, je garde toujours un Ćil attentif sur ces dĂ©cisions qui impactent les propriĂ©taires, les investisseurs, et bien sĂ»r, le marchĂ© dans son ensemble. Cette annĂ©e, avec le PLF 2025, jâai bien analysĂ© les annonces, et pour ĂȘtre honnĂȘte, elles me laissent plutĂŽt sceptique.
PourquoiâŻ? Eh bien, aprĂšs avoir dĂ©cortiquĂ© les trois mesures phares Ă©voquĂ©es par le gouvernement, il me semble quâelles sont loin de rĂ©pondre aux enjeux actuels. On nous parle dâĂ©largir le PrĂȘt Ă Taux ZĂ©ro (PTZ) Ă tout le territoire, dâinstaurer une exonĂ©ration de droits de succession pour lâachat de logements neufs, et de rĂ©intĂ©grer lâamortissement dans le calcul de la plus-value pour les Loueurs en MeublĂ© Non Professionnels (LMNP). Sur le papier, ces propositions paraissent intĂ©ressantes, mais si on creuse un peu, on sâaperçoit vite que leur portĂ©e risque dâĂȘtre limitĂ©e, voire dĂ©cevante.

Prenons par exemple lâĂ©largissement du PTZ. A priori, câest une bonne nouvelleâŻ: aider plus de primo-accĂ©dants Ă acheter, surtout en cette pĂ©riode de hausse des taux, câest louable. Mais attention, les maisons individuelles, qui reprĂ©sentent une part Ă©norme du marchĂ© (plus de 135 000 unitĂ©s construites en 2019), sont largement exclues du dispositif. Comment parler dâun vrai soutien au marchĂ© immobilier sans prendre en compte cette part si importante des constructionsâŻ? La mesure semble donc bien moins ambitieuse quâannoncĂ©.
Et que dire de lâexonĂ©ration des droits de succession pour les biens neufsâŻ? Certes, une exonĂ©ration jusquâĂ 150 000 ⏠par donataire paraĂźt allĂ©chante. Mais si le propriĂ©taire doit conserver le bien jusquâĂ son dĂ©cĂšs pour en bĂ©nĂ©ficier, cela devient un dispositif qui, au final, concernera trĂšs peu de personnes. En France, la durĂ©e moyenne de dĂ©tention dâun bien est dâenviron neuf ans. Autant dire que cette mesure pourrait nâavoir un impact que dans des dizaines dâannĂ©es, si elle en a un. Par contre, si elle sâappliquait aussi aux donations, lĂ , elle deviendrait plus intĂ©ressante.

Enfin, concernant la prise en compte de lâamortissement dans le calcul de la plus-value pour les LMNP, les chiffres montrent que lâimpact restera mineur, surtout sur le long terme. La diffĂ©rence dâimposition entre la prise en compte ou non de lâamortissement est de quelques milliers dâeuros, et dans beaucoup de cas, elle sera largement compensĂ©e par dâautres rĂ©ductions dâimpĂŽts.
Tu lâauras compris, je suis trĂšs critique sur ces propositions qui, selon moi, manquent de vision et de profondeur. Nous avons besoin dâun vĂ©ritable choc de lâoffre, et ce que nous avons ici, ce sont des mesurettes. Passons en revue ces trois propositions pour voir pourquoi elles risquent de passer Ă cĂŽtĂ© des vrais enjeux du marchĂ© immobilier.
Le PTZ Ă©largi : Une solution pour tous⊠ou presque ? đ â ïž
Le PrĂȘt Ă Taux ZĂ©ro (PTZ) est une mesure phare dans la politique dâaccession Ă la propriĂ©tĂ© en France. Il vise Ă faciliter lâachat dâun premier logement en offrant un prĂȘt sans intĂ©rĂȘt, destinĂ© Ă financer une partie de lâacquisition. Avec le Projet de Loi de Finances (PLF) 2025, le gouvernement annonce un Ă©largissement du PTZ Ă tout le territoire. Cette nouvelle a Ă©tĂ© bien accueillie, en particulier par les primo-accĂ©dants et les professionnels du secteur immobilier, qui voient lĂ une occasion de soutenir un marchĂ© en difficultĂ©.
Cependant, malgrĂ© cette bonne nouvelle apparente, il est nĂ©cessaire de se pencher sur les dĂ©tails pour comprendre lâimpact rĂ©el de cette extension. En effet, si le PTZ Ă©largi semble, au premier abord, ĂȘtre une solution miracle pour aider les mĂ©nages modestes Ă devenir propriĂ©taires, certaines conditions et exclusions viennent sĂ©rieusement en limiter la portĂ©e. Voyons donc de plus prĂšs ce que cet Ă©largissement implique rĂ©ellement et pourquoi il pourrait ne pas rĂ©pondre entiĂšrement aux attentes.
1. Le PTZ : Un coup de pouce bienvenu pour les primo-accédants
Le PTZ a toujours eu pour objectif dâaider les primo-accĂ©dants Ă accĂ©der Ă la propriĂ©tĂ© en rĂ©duisant leur besoin de financement par un prĂȘt sans intĂ©rĂȘt. Cela permet aux mĂ©nages qui ont souvent du mal Ă rĂ©unir un apport suffisant ou Ă obtenir un crĂ©dit immobilier complet de se lancer plus facilement dans lâachat de leur premier bien. Le PTZ, en prenant en charge une partie du coĂ»t de lâacquisition, peut financer jusquâĂ 50 % du prix dâachat, selon les ressources des bĂ©nĂ©ficiaires et la zone gĂ©ographique oĂč se situe le bien.
Cet outil est donc dâune importance capitale dans un contexte oĂč lâaccĂšs Ă la propriĂ©tĂ© devient de plus en plus difficile, notamment avec la hausse des taux dâintĂ©rĂȘt et la rarĂ©faction de lâoffre de logements. LâidĂ©e dâĂ©largir ce dispositif Ă tout le territoire est donc un signal positif envoyĂ© par le gouvernement : il sâagit de toucher un plus grand nombre de personnes et de relancer un marchĂ© en berne.
2. LâĂ©largissement Ă tout le territoire : Une vraie solution ?
JusquâĂ prĂ©sent, le PTZ Ă©tait principalement rĂ©servĂ© aux zones tendues, câest-Ă -dire les zones gĂ©ographiques oĂč la demande de logements excĂšde largement lâoffre. En revanche, les zones dites « dĂ©tendues » (zones oĂč lâoffre de logements est suffisante par rapport Ă la demande) nâĂ©taient pas Ă©ligibles ou lâĂ©taient de maniĂšre trĂšs limitĂ©e. Cela excluait de facto une grande partie du territoire français et, par consĂ©quent, de nombreux primo-accĂ©dants potentiels.
Avec lâĂ©largissement prĂ©vu pour 2025, cette barriĂšre gĂ©ographique tombe, ouvrant thĂ©oriquement le PTZ Ă lâensemble du pays. Cela pourrait avoir un impact particuliĂšrement significatif dans les zones rurales ou les villes moyennes, oĂč les prix de lâimmobilier sont gĂ©nĂ©ralement plus accessibles, mais oĂč les mĂ©nages disposent souvent de moins de ressources. Cette extension est donc prĂ©sentĂ©e comme un moyen de dĂ©mocratiser lâaccĂšs Ă la propriĂ©tĂ© sur tout le territoire.
3. Lâexclusion des maisons individuelles : Une limitation de taille
Si lâidĂ©e dâun PTZ Ă©largi Ă tout le territoire paraĂźt sĂ©duisante, elle est toutefois loin dâĂȘtre sans faille. Lâun des points les plus critiquĂ©s concerne lâexclusion des maisons individuelles du dispositif, sauf si elles se trouvent en copropriĂ©tĂ©. Câest un choix qui suscite des interrogations, car il vient rĂ©duire lâimpact potentiel du PTZ, notamment dans les zones rurales et pĂ©riurbaines oĂč la maison individuelle est souvent la norme.

En effet, la maison individuelle reprĂ©sente une part importante des nouvelles constructions en France. En 2019, plus de 135 000 maisons individuelles ont Ă©tĂ© construites, ce qui reprĂ©sente plus de 30 % des nouvelles constructions rĂ©sidentielles. Le fait que ces maisons soient largement exclues du PTZ dans sa version Ă©largie pose donc un sĂ©rieux problĂšme. Comment prĂ©tendre faciliter lâaccĂšs Ă la propriĂ©tĂ© pour tous en laissant de cĂŽtĂ© un type de logement si prisĂ©âŻ?
Dâautant plus que dans de nombreuses zones, notamment rurales, la maison individuelle est souvent la seule option viable pour accĂ©der Ă la propriĂ©tĂ©, en raison du manque dâappartements neufs. En excluant ces maisons, le gouvernement se prive dâun levier important pour stimuler lâaccession Ă la propriĂ©tĂ© dans ces rĂ©gions. Cela crĂ©e une sorte de distorsion dans lâaccĂšs au PTZ, oĂč les mĂ©nages des grandes agglomĂ©rations auront plus de facilitĂ© Ă en bĂ©nĂ©ficier que ceux des zones moins denses, oĂč lâoffre dâappartements est souvent trĂšs limitĂ©e.
4. Pourquoi cette exclusion des maisons individuelles ?
Lâexclusion des maisons individuelles du PTZ Ă©largi sâinscrit dans la volontĂ© du gouvernement de limiter lâartificialisation des sols, en accord avec les objectifs environnementaux de la ZAN (ZĂ©ro Artificialisation Nette). La lutte contre lâĂ©talement urbain, qui consiste Ă freiner la construction de maisons individuelles sur des terrains vierges, est un enjeu majeur dans les politiques publiques actuelles.
Cependant, cette vision purement Ă©cologique pourrait entrer en conflit avec les rĂ©alitĂ©s sociales et Ă©conomiques du marchĂ© immobilier. Les Français restent attachĂ©s Ă la maison individuelle, notamment dans les zones oĂč les terrains constructibles sont encore accessibles et oĂč ce type de logement est souvent plus adaptĂ© aux besoins des familles. En privant ces mĂ©nages du bĂ©nĂ©fice du PTZ, le gouvernement pourrait rater sa cible en matiĂšre de soutien Ă lâaccession Ă la propriĂ©tĂ©.
5. Quid des autres conditions dâĂ©ligibilitĂ© ?
Lâautre question qui se pose concerne les modalitĂ©s prĂ©cises de cet Ă©largissement. Outre lâexclusion des maisons individuelles, dâautres critĂšres pourraient Ă©galement venir limiter la portĂ©e du PTZ. On sait, par exemple, que les plafonds de ressources restent en vigueur, avec des seuils qui varient en fonction des zones gĂ©ographiques. Cela signifie que les mĂ©nages les plus aisĂ©s ne seront pas Ă©ligibles au dispositif, ce qui est comprĂ©hensible. Toutefois, ces plafonds sont-ils adaptĂ©s Ă la rĂ©alitĂ© du marchĂ© immobilier dans chaque rĂ©gionâŻ?
Par ailleurs, le montant maximum du PTZ, qui peut atteindre jusquâĂ 180 000 euros pour les mĂ©nages les plus modestes, pourrait ne pas ĂȘtre suffisant dans certaines rĂ©gions, notamment dans les grandes agglomĂ©rations oĂč les prix de lâimmobilier sont particuliĂšrement Ă©levĂ©s. Le PTZ ne couvre quâune partie du coĂ»t total de lâacquisition, et il faut donc que les bĂ©nĂ©ficiaires puissent obtenir un crĂ©dit pour financer le reste. Or, avec la montĂ©e des taux dâintĂ©rĂȘt, de nombreux mĂ©nages risquent de voir leur capacitĂ© dâemprunt rĂ©duite, limitant ainsi leur accĂšs au PTZ.
6. Un impact limité sur le marché immobilier ?
MalgrĂ© tout, lâĂ©largissement du PTZ pourrait avoir un impact positif sur le marchĂ© immobilier, notamment en relançant la construction de logements neufs dans les zones moins denses. En effet, en facilitant lâaccĂšs Ă la propriĂ©tĂ© dans ces rĂ©gions, le PTZ pourrait inciter les promoteurs Ă lancer de nouveaux projets, contribuant ainsi Ă une meilleure rĂ©partition gĂ©ographique de lâoffre immobiliĂšre.
Cependant, cet impact risque dâĂȘtre limitĂ© par lâexclusion des maisons individuelles. Si le dispositif reste centrĂ© sur les appartements, la demande en maisons individuelles pourrait ne pas ĂȘtre suffisamment stimulĂ©e, et le dĂ©sĂ©quilibre entre lâoffre et la demande dans ce segment du marchĂ© pourrait persister. Il est donc crucial que le gouvernement revoie sa copie et envisage de rĂ©intĂ©grer les maisons individuelles dans le PTZ pour maximiser lâefficacitĂ© de cette mesure.
En dĂ©finitive, lâĂ©largissement du PTZ Ă tout le territoire est une bonne nouvelle en soi, mais il est Ă©vident que ses limitations risquent de freiner son efficacitĂ©. Lâexclusion des maisons individuelles, en particulier, apparaĂźt comme un choix discutable dans un pays oĂč ce type de logement reprĂ©sente une part importante des constructions et oĂč il est souvent le seul choix viable pour de nombreux mĂ©nages.
Ce PTZ élargi pourrait donc manquer sa cible, en ne répondant pas pleinement aux besoins des primo-accédants dans les zones rurales et périurbaines. Pour que cette mesure soit vraiment efficace, il est impératif que le gouvernement revoie certains de ses critÚres, notamment en réintégrant les maisons individuelles dans le dispositif et en adaptant les plafonds de ressources aux réalités régionales. Sans cela, le PTZ élargi risque de rester une solution incomplÚte, qui ne parviendra pas à redonner au marché immobilier le coup de fouet dont il a cruellement besoin.
ExonĂ©ration des droits de succession dans le neuf : Un avantage lointain ? đĄâł
Lâune des mesures annoncĂ©es dans le Projet de Loi de Finances (PLF) 2025 vise Ă inciter les mĂ©nages Ă investir dans lâimmobilier neuf en proposant une exonĂ©ration des droits de succession. Cette mesure permettrait aux propriĂ©taires de biens neufs de bĂ©nĂ©ficier dâune exonĂ©ration pouvant atteindre 150 000 euros par donataire, en plus de lâabattement habituel de 100 000 euros. Sur le papier, cette annonce semble allĂ©chante : elle offrirait aux acheteurs la possibilitĂ© de transmettre leur patrimoine sans lourdes charges fiscales, tout en relançant lâimmobilier neuf, un secteur en difficultĂ© depuis plusieurs annĂ©es. Cependant, comme souvent avec les mesures fiscales, le diable se cache dans les dĂ©tails.
En rĂ©alitĂ©, cette exonĂ©ration pose plusieurs questions. Ă qui sâadresse-t-elle rĂ©ellement ? Quels seront les impacts sur le marchĂ© immobilier et les finances des mĂ©nagesâŻ? Et surtout, est-ce une solution vraiment efficace pour rĂ©soudre les problĂšmes actuels de lâimmobilier neuf en FranceâŻ? Dans cette partie, nous allons examiner de plus prĂšs cette mesure, ses potentielles implications et pourquoi, malgrĂ© son apparente attractivitĂ©, elle pourrait finalement nâavoir quâun impact limitĂ©.
1. Une exonération destinée aux propriétaires à long terme
La mesure dâexonĂ©ration des droits de succession dans le neuf semble tout dâabord conçue pour encourager les mĂ©nages Ă investir dans lâimmobilier neuf en leur permettant de transmettre ce bien Ă leurs hĂ©ritiers sans subir les taxes habituellement associĂ©es Ă une succession. Ainsi, les propriĂ©taires de biens neufs pourraient transmettre jusquâĂ 150 000 euros par donataire, en plus de lâabattement standard de 100 000 euros, soit une Ă©conomie potentielle de 250 000 euros par hĂ©ritier.
Toutefois, cette exonĂ©ration nâest applicable que si le bien est toujours dĂ©tenu par le propriĂ©taire au moment de son dĂ©cĂšs. Cela implique donc que lâinvestisseur doit conserver son bien immobilier pendant toute sa vie, ou tout du moins jusquâĂ la transmission Ă ses hĂ©ritiers. En France, la durĂ©e moyenne de dĂ©tention dâun bien neuf est dâenviron 9 ans. La grande majoritĂ© des propriĂ©taires revend donc leur bien avant cette Ă©chĂ©ance, ce qui rend la mesure dâexonĂ©ration inapplicable dans la plupart des cas.
De fait, cette exonĂ©ration, en lâĂ©tat, ne concernerait quâun nombre limitĂ© de personnes. Les investisseurs immobiliers ou les acheteurs qui revendent leur bien avant leur dĂ©cĂšs ne pourront pas en bĂ©nĂ©ficier. Cela pose un premier problĂšme : la promesse dâun avantage fiscal nâaura dâimpact concret que dans plusieurs dĂ©cennies, lors de la transmission des biens Ă la gĂ©nĂ©ration suivante, ce qui limite immĂ©diatement son effet de levier sur le marchĂ© actuel.
2. Une incitation limitée au marché du neuf
Lâun des objectifs principaux de cette exonĂ©ration est de relancer lâimmobilier neuf, un secteur qui souffre dâun sĂ©rieux ralentissement depuis plusieurs annĂ©es. La baisse de la construction, la hausse des coĂ»ts de matĂ©riaux et la diminution de la demande ont conduit Ă une situation oĂč moins de 250 000 unitĂ©s neuves devraient ĂȘtre construites en 2024, bien en dessous des besoins du pays. En exonĂ©rant les droits de succession, le gouvernement espĂšre attirer des investisseurs vers le neuf et ainsi stimuler ce marchĂ© en difficultĂ©.

Cependant, lâefficacitĂ© de cette incitation reste douteuse. La promesse dâun avantage fiscal Ă la transmission dâun bien dans plusieurs dizaines dâannĂ©es nâest pas une motivation immĂ©diate pour lâachat dâun logement neuf. Les investisseurs immobiliers cherchent gĂ©nĂ©ralement des avantages fiscaux plus tangibles Ă court ou moyen terme, comme des rĂ©ductions dâimpĂŽt sur le revenu ou sur la plus-value en cas de revente. La perspective dâĂ©conomiser sur les droits de succession pourrait sĂ©duire une partie des acheteurs, mais cela ne suffira probablement pas Ă dĂ©clencher une vague dâachats massifs dans lâimmobilier neuf.
De plus, le marchĂ© du neuf fait face Ă des dĂ©fis structurels qui ne peuvent pas ĂȘtre rĂ©solus uniquement par une incitation fiscale de long terme. La hausse des prix des terrains, les difficultĂ©s administratives liĂ©es Ă lâobtention de permis de construire, ainsi que la rĂ©ticence des banques Ă accorder des prĂȘts immobiliers dans un contexte de hausse des taux dâintĂ©rĂȘt sont autant de facteurs qui freinent la construction de logements neufs. LâexonĂ©ration des droits de succession, bien quâintĂ©ressante pour certains, nâapporte pas de rĂ©ponse directe Ă ces problĂšmes immĂ©diats.
3. Une mesure qui pourrait fonctionner pour les donations
Si lâexonĂ©ration des droits de succession semble avoir des limites importantes en termes dâimpact immĂ©diat sur le marchĂ© immobilier, il existe toutefois un scĂ©nario oĂč cette mesure pourrait devenir plus attractive : lâapplication de cette exonĂ©ration aux donations de biens immobiliers neufs. En effet, si les parents peuvent donner un bien immobilier neuf Ă leurs enfants tout en bĂ©nĂ©ficiant de lâexonĂ©ration de 150 000 euros par donataire, cette mesure pourrait vĂ©ritablement encourager lâinvestissement dans le neuf.
Dans ce cas, le bien pourrait ĂȘtre transmis de façon anticipĂ©e, bien avant le dĂ©cĂšs du propriĂ©taire, et permettre Ă des mĂ©nages plus jeunes dâaccĂ©der Ă la propriĂ©tĂ© sans subir les lourdes taxes de donation. Cela offrirait une vĂ©ritable incitation fiscale immĂ©diate et pourrait effectivement contribuer Ă redynamiser le marchĂ© du neuf. Les parents, par exemple, pourraient acheter un logement neuf pour leurs enfants ou petits-enfants, tout en bĂ©nĂ©ficiant de cette exonĂ©ration. Cela crĂ©erait un effet dâentraĂźnement en stimulant non seulement lâachat, mais aussi la transmission anticipĂ©e du patrimoine immobilier.
Cette perspective reste cependant incertaine, car les modalitĂ©s exactes de lâexonĂ©ration nâont pas encore Ă©tĂ© clarifiĂ©es. Si lâexonĂ©ration est limitĂ©e aux successions, son impact restera faible. En revanche, si elle sâĂ©tend aux donations, alors elle pourrait devenir un levier fiscal intĂ©ressant pour les familles souhaitant transmettre leur patrimoine tout en bĂ©nĂ©ficiant des avantages dâun marchĂ© immobilier neuf.
4. Un impact financier diffĂ©rĂ© pour lâĂtat
Du point de vue de lâĂtat, lâexonĂ©ration des droits de succession dans le neuf pourrait avoir un impact diffĂ©rĂ© sur les finances publiques. En effet, les droits de succession reprĂ©sentent une source importante de revenus pour lâĂtat. En les supprimant pour les biens neufs, le gouvernement espĂšre compenser ce manque Ă gagner par dâautres leviers fiscaux, notamment la TVA Ă 20 % appliquĂ©e Ă lâachat dâun bien immobilier neuf.
De plus, lâimpact immĂ©diat de cette exonĂ©ration ne se fera sentir que sur le long terme, Ă mesure que les biens seront transmis aux hĂ©ritiers. Pour lâĂtat, il sâagit donc dâun investissement Ă long terme, dans lâespoir de relancer lâĂ©conomie de la construction et de gĂ©nĂ©rer des recettes fiscales supplĂ©mentaires Ă travers la TVA et dâautres taxes liĂ©es Ă lâimmobilier neuf. Cependant, il est important de souligner que les recettes fiscales issues des droits de succession sont perçues immĂ©diatement lors de la transmission, alors que les avantages Ă©conomiques liĂ©s Ă la relance du marchĂ© du neuf mettront des annĂ©es Ă se concrĂ©tiser.
En conclusion, lâexonĂ©ration des droits de succession pour lâachat dâun bien immobilier neuf est une mesure intĂ©ressante sur le papier, mais son impact rĂ©el risque de rester limitĂ©. Si elle peut offrir un avantage fiscal certain aux familles souhaitant transmettre leur patrimoine Ă long terme, son effet immĂ©diat sur le marchĂ© immobilier est plus incertain. Lâexclusion des biens revendus avant le dĂ©cĂšs rĂ©duit considĂ©rablement son champ dâapplication, et la mesure pourrait finalement ne concerner quâun petit nombre de mĂ©nages.
Pour que cette mesure ait un vĂ©ritable impact sur lâimmobilier neuf, il est impĂ©ratif que le gouvernement clarifie ses modalitĂ©s et envisage dâĂ©tendre lâexonĂ©ration aux donations, ce qui pourrait rendre la mesure beaucoup plus attractive Ă court terme. En lâĂ©tat, cette exonĂ©ration ressemble davantage Ă une promesse lointaine quâĂ une solution immĂ©diate aux dĂ©fis actuels du marchĂ© immobilier.
LMNP et prise en compte de l'amortissement : Impact minime ou coup dur ? đđŒ
La mesure proposĂ©e dans le Projet de Loi de Finances (PLF) 2025 concernant les loueurs en meublĂ© non professionnels (LMNP) a fait lâeffet dâune petite bombe dans le secteur immobilier. Elle prĂ©voit de rĂ©intĂ©grer les amortissements dĂ©duits dans le calcul de la plus-value lors de la revente dâun bien immobilier. Actuellement, ces amortissements â qui permettent de diminuer le revenu imposable des propriĂ©taires en dĂ©duisant une partie de la valeur du bien ou des travaux â sont exclus du calcul de la plus-value. Cette exception fiscale a longtemps rendu le statut de LMNP particuliĂšrement attractif pour les investisseurs. Mais ce nouvel amendement changerait la donne.
Pourtant, malgrĂ© lâinquiĂ©tude de certains, cette modification ne devrait pas bouleverser le marchĂ© autant quâon pourrait le penser. Les impacts concrets de cette rĂ©intĂ©gration restent en effet limitĂ©s, et le statut de LMNP conservera plusieurs avantages fiscaux qui devraient permettre aux investisseurs de continuer Ă en profiter. Alors, cette mesure est-elle un vĂ©ritable coup dur ou simplement un ajustement fiscalâŻ? Nous allons examiner en dĂ©tail ce que cela signifie pour les propriĂ©taires et les investisseurs.
1. Comprendre lâamortissement en LMNP : un avantage en question
Pour bien saisir lâimpact de cette mesure, il est essentiel de comprendre ce quâest lâamortissement et comment il fonctionne dans le cadre du statut de loueur en meublĂ© non professionnel (LMNP). Lorsque vous louez un bien en meublĂ©, vous avez la possibilitĂ© de dĂ©duire chaque annĂ©e une partie de la valeur de votre bien, des travaux entrepris ou encore des meubles installĂ©s. Ces dĂ©ductions rĂ©duisent votre revenu imposable et peuvent parfois effacer entiĂšrement les bĂ©nĂ©fices locatifs, rĂ©duisant ainsi considĂ©rablement la charge fiscale du propriĂ©taire.
Prenons un exemple simple. Un propriĂ©taire achĂšte un appartement meublĂ© pour 300 000 euros et lâamortit sur une pĂ©riode de 25 ans, en dĂ©duisant environ 10 200 euros par an. AprĂšs 10 ans, il aura donc amorti 102 000 euros. Au moment de la revente du bien, ces amortissements dĂ©duits ne sont pas pris en compte dans le calcul de la plus-value imposable. Ainsi, sâil revend son bien pour 500 000 euros, la plus-value imposable serait de 200 000 euros, sans tenir compte des amortissements.
Avec la rĂ©forme proposĂ©e dans le PLF 2025, les amortissements seraient rĂ©intĂ©grĂ©s dans le calcul de la plus-value. Cela signifie que, dans notre exemple, la plus-value imposable ne serait plus de 200 000 euros, mais de 302 000 euros, puisque les 102 000 euros dâamortissements seraient ajoutĂ©s au prix dâachat initial. La consĂ©quence directe serait une augmentation de lâimpĂŽt sur la plus-value, et donc un alourdissement de la facture fiscale pour les propriĂ©taires au moment de la revente.
2. Un impact qui reste limité à certains cas de figure
Ă premiĂšre vue, cette modification semble pĂ©nalisante pour les investisseurs en LMNP. Toutefois, il est important de relativiser lâimpact rĂ©el de cette mesure, car elle ne concernera pas lâensemble des propriĂ©taires, loin de lĂ . En effet, plusieurs Ă©lĂ©ments viennent limiter la portĂ©e de cette rĂ©forme.
Dâabord, la mesure ne sâappliquera quâen cas de revente du bien. Or, beaucoup de propriĂ©taires LMNP ne vendent pas leur bien, mais le conservent Ă long terme. Selon les donnĂ©es du secteur, la durĂ©e moyenne de dĂ©tention dâun bien louĂ© en meublĂ© est dâenviron 22 ans. PassĂ©e cette pĂ©riode, les propriĂ©taires sont totalement exonĂ©rĂ©s dâimpĂŽt sur la plus-value. Ainsi, pour les investisseurs qui conservent leur bien sur une longue pĂ©riode, lâimpact de cette rĂ©forme sera nul.
Ensuite, il faut rappeler que des abattements pour durĂ©e de dĂ©tention sâappliquent dĂ©jĂ sur la plus-value immobiliĂšre. AprĂšs 22 ans de dĂ©tention, les propriĂ©taires bĂ©nĂ©ficient dâune exonĂ©ration totale de lâimpĂŽt sur la plus-value, et aprĂšs 30 ans, ils sont Ă©galement exonĂ©rĂ©s des prĂ©lĂšvements sociaux. Par consĂ©quent, seuls les propriĂ©taires revendant leur bien avant ces seuils seront rĂ©ellement touchĂ©s par cette rĂ©forme.
Prenons un exemple plus concret pour illustrer cette idĂ©e. Un propriĂ©taire revend son bien aprĂšs 10 ans de dĂ©tention, avec une plus-value de 200 000 euros et des amortissements cumulĂ©s de 60 000 euros. Si lâon intĂšgre les amortissements dans le calcul, la plus-value imposable serait augmentĂ©e de ces 60 000 euros, soit une base imposable de 260 000 euros. En appliquant un taux dâimposition de 19 % pour lâimpĂŽt sur la plus-value et 17,2 % pour les prĂ©lĂšvements sociaux, la diffĂ©rence dâimposition serait de 17 448 euros. Cependant, cette somme est largement compensĂ©e par les Ă©conomies rĂ©alisĂ©es chaque annĂ©e grĂące aux dĂ©ductions fiscales liĂ©es Ă lâamortissement. Ă noter, avec une rentabilitĂ© initiale de 5 % , les impĂŽts Ă©conomisĂ©s sur 10 ans sont supĂ©rieurs Ă 58 000 ⏠en Ă©tant en LMNP.
Entendons-nous bien, faire 200 000 euros de plus value en seulement 10 ans sur un bien de 300 000 euros ce serait quand mĂȘme une super opportunitĂ©, malgrĂ© tous les impĂŽts du monde !3. Des solutions pour rĂ©duire lâimpact fiscal
Il est Ă©galement important de noter que les investisseurs LMNP disposent de plusieurs stratĂ©gies pour attĂ©nuer lâimpact de cette mesure sur leur fiscalitĂ©. Par exemple, lâune des astuces consiste Ă intĂ©grer la valeur du mobilier dans le calcul de la plus-value. En effet, lorsque vous revendez un bien meublĂ©, vous pouvez dĂ©duire la valeur des meubles de la base imposable de la plus-value, ce qui permet de rĂ©duire lâassiette sur laquelle est calculĂ© lâimpĂŽt.
Cette mĂ©thode est particuliĂšrement avantageuse pour les propriĂ©taires qui renouvellent rĂ©guliĂšrement le mobilier de leur bien louĂ©. En réévaluant la valeur des meubles, il est possible de diminuer considĂ©rablement la base imposable, et donc de compenser partiellement, voire totalement, lâimpact de la rĂ©intĂ©gration des amortissements.
De plus, il est important de garder Ă lâesprit que la fiscalitĂ© des LMNP reste globalement avantageuse malgrĂ© cette rĂ©forme. Le statut de LMNP offre toujours la possibilitĂ© de dĂ©duire une large partie des charges liĂ©es au bien (travaux, frais de gestion, intĂ©rĂȘts dâemprunt, etc.), ce qui permet de rĂ©duire significativement le revenu imposable. Pour beaucoup dâinvestisseurs, les Ă©conomies rĂ©alisĂ©es grĂące Ă ces dĂ©ductions resteront supĂ©rieures aux Ă©ventuels surcoĂ»ts fiscaux liĂ©s Ă la revente du bien.
4. Une réforme qui ne touche pas tout le monde
Il est possible que des amendements ou ajustements soient apportĂ©s au texte au cours des dĂ©bats parlementaires. Le SĂ©nat et lâAssemblĂ©e nationale pourraient encore modifier la portĂ©e de cette mesure, comme cela a dĂ©jĂ Ă©tĂ© le cas lors de prĂ©cĂ©dents projets de loi touchant Ă la fiscalitĂ© des LMNP. Lâabsence de consensus autour de cette question pourrait conduire Ă un assouplissement de la rĂ©forme, voire Ă son abandon.
En conclusion, la rĂ©intĂ©gration des amortissements dans le calcul de la plus-value des LMNP, telle que proposĂ©e dans le PLF 2025, est certes un changement fiscal important, mais son impact global devrait rester limitĂ©. La mesure ne concerne que les propriĂ©taires qui revendent leur bien avant les pĂ©riodes dâexonĂ©ration, et son effet peut ĂȘtre attĂ©nuĂ© par des stratĂ©gies fiscales adaptĂ©es, comme la prise en compte du mobilier.
Par ailleurs, le statut de LMNP demeure fiscalement avantageux, mĂȘme avec cette modification. Les dĂ©ductions dâamortissements et les Ă©conomies rĂ©alisĂ©es pendant la pĂ©riode de dĂ©tention continueront Ă compenser largement les surcoĂ»ts liĂ©s Ă la plus-value. Enfin, il est probable que la mesure soit encore amendĂ©e avant son adoption dĂ©finitive, ce qui laisse la porte ouverte Ă de nouveaux ajustements.
Ainsi, pour les investisseurs, cette rĂ©forme reprĂ©sente un ajustement fiscal, mais elle nâest pas un bouleversement majeur du marchĂ© de la location meublĂ©e. Il reste donc judicieux de continuer Ă envisager lâimmobilier en LMNP comme une option intĂ©ressante, malgrĂ© ce changement Ă venir.
Vers un vĂ©ritable choc de l'offre : OĂč sont les vraies solutions ? đȘđ§
La crise du logement en France continue de sâaggraver, avec une pĂ©nurie de logements qui affecte lâensemble du pays, tant dans les zones tendues que dans les zones rurales. Le gouvernement, face Ă cette situation critique, a proposĂ© plusieurs mesures dans le Projet de Loi de Finances (PLF) 2025 afin dâessayer de soutenir lâimmobilier, notamment Ă travers lâextension du PrĂȘt Ă Taux ZĂ©ro (PTZ) et quelques ajustements fiscaux. Cependant, pour de nombreux observateurs, ces propositions ne sâattaquent pas aux racines du problĂšme et ne reprĂ©sentent que des «âŻmesurettesâŻÂ» face Ă un dĂ©fi structurel bien plus profond. La question se pose donc : OĂč sont les vraies solutions pour provoquer un vĂ©ritable choc de lâoffre dans le secteur immobilierâŻ?
1. Un dĂ©ficit chronique de lâoffre de logements en France
Le marchĂ© immobilier en France est en souffrance depuis des annĂ©es, avec un dĂ©sĂ©quilibre croissant entre lâoffre et la demande. Ce dĂ©sĂ©quilibre se manifeste par une flambĂ©e des prix dans les grandes mĂ©tropoles, une diminution des transactions immobiliĂšres, et surtout un accĂšs de plus en plus difficile Ă la propriĂ©tĂ© pour les mĂ©nages modestes et les jeunes actifs.
DâaprĂšs les chiffres du secteur, la construction de logements neufs stagne Ă des niveaux historiquement bas. En 2024, moins de 250 000 unitĂ©s ont Ă©tĂ© construites, bien en dessous du seuil nĂ©cessaire pour rĂ©pondre Ă la demande estimĂ©e. Ce retard dans la production de logements sâaccompagne dâune baisse des permis de construire, consĂ©quence directe de lâaugmentation des coĂ»ts de construction, des rĂ©glementations environnementales plus strictes, et de la rĂ©ticence croissante des collectivitĂ©s locales Ă dĂ©livrer des permis en raison de la pression sur les infrastructures locales et lâenvironnement.
En parallĂšle, la demande continue de croĂźtre, notamment dans les grandes agglomĂ©rations, oĂč de nombreux jeunes travailleurs, Ă©tudiants, et familles peinent Ă trouver un logement adaptĂ© Ă leur budget. Cette tension persistante nourrit la spĂ©culation et maintient les prix Ă des niveaux insoutenables pour une grande partie de la population. MalgrĂ© cette rĂ©alitĂ©, les propositions gouvernementales restent Ă la marge et ne traitent pas rĂ©ellement de la nĂ©cessitĂ© dâun choc de lâoffre.
2. Lâextension du PTZ : une solution insuffisante ?
Lâune des principales mesures avancĂ©es dans le PLF 2025 pour relancer lâaccession Ă la propriĂ©tĂ© est lâextension du PrĂȘt Ă Taux ZĂ©ro (PTZ) Ă tout le territoire. Cette extension, qui vise Ă faciliter lâachat de la rĂ©sidence principale pour les primo-accĂ©dants, est sans doute positive pour une partie de la population. Cependant, son impact sur lâoffre de logements neufs est limitĂ©, voire inexistant.
En effet, le PTZ reste une mesure de demande plutĂŽt quâune mesure dâoffre. Il permet Ă certains mĂ©nages dâaccĂ©der plus facilement au crĂ©dit pour financer lâachat dâun logement, mais il ne favorise en rien la construction de nouveaux logements. Or, tant que le nombre de logements disponibles reste insuffisant, une augmentation de la demande, mĂȘme soutenue par des aides publiques, ne fera quâaccentuer la pression sur les prix et rendre encore plus difficile lâaccĂšs Ă la propriĂ©tĂ© pour ceux qui nâentrent pas dans les critĂšres dâĂ©ligibilitĂ© du PTZ.
De plus, la mesure reste conditionnĂ©e Ă certains critĂšres restrictifs, notamment en ce qui concerne lâĂ©ligibilitĂ© des maisons individuelles. Si le PTZ est effectivement Ă©largi Ă lâensemble du territoire, les maisons individuelles en zones dĂ©tendues en sont toujours largement exclues, ce qui rĂ©duit encore son impact. En 2019, plus de 135 000 maisons individuelles ont Ă©tĂ© construites, reprĂ©sentant plus de 30 % des constructions neuves. Exclure cette partie du marchĂ© immobilier limite donc fortement la portĂ©e de la mesure et rĂ©duit son effet potentiel sur le redĂ©marrage de la construction.
3. Les freins Ă la construction : un problĂšme structurel
Les causes du manque dâoffre de logements ne se limitent pas Ă lâabsence dâincitations financiĂšres pour les acheteurs. La vĂ©ritable difficultĂ© rĂ©side dans les obstacles structurels Ă la construction de nouveaux logements, obstacles qui nâont toujours pas Ă©tĂ© suffisamment abordĂ©s par les gouvernements successifs.
PremiĂšrement, les rĂšglementations environnementales se sont considĂ©rablement renforcĂ©es ces derniĂšres annĂ©es, notamment avec la loi sur la lutte contre lâartificialisation des sols (ZAN). Bien que ces rĂ©glementations soient nĂ©cessaires pour protĂ©ger lâenvironnement, elles compliquent fortement la construction de nouveaux logements, en particulier dans les zones pĂ©riurbaines, oĂč la demande est forte. Les projets de construction sont souvent retardĂ©s ou annulĂ©s en raison des exigences environnementales ou de lâopposition des riverains.
DeuxiĂšmement, le coĂ»t de construction nâa cessĂ© dâaugmenter, poussĂ© Ă la hausse par la hausse des prix des matĂ©riaux, la pĂ©nurie de main-dâĆuvre qualifiĂ©e dans le secteur du BTP, et les nouvelles normes Ă©nergĂ©tiques et environnementales imposĂ©es aux bĂątiments neufs. Ces coĂ»ts supplĂ©mentaires se rĂ©percutent directement sur les promoteurs immobiliers, qui hĂ©sitent Ă lancer de nouveaux projets dans un contexte de marges rĂ©duites et dâincertitude Ă©conomique.
TroisiĂšmement, les collectivitĂ©s locales jouent un rĂŽle clĂ© dans le dĂ©veloppement immobilier, notamment Ă travers la dĂ©livrance des permis de construire. Or, dans de nombreuses communes, les maires et Ă©lus locaux sont rĂ©ticents Ă autoriser de nouveaux projets de construction, par crainte de voir leur commune se densifier et de faire face Ă des difficultĂ©s en termes dâinfrastructures (Ă©coles, transports, Ă©quipements publics). Cette rĂ©ticence des maires, notamment dans les zones pĂ©riurbaines oĂč la demande de logements est pourtant forte, ralentit considĂ©rablement la production de nouveaux logements.
4. Des propositions qui manquent dâenvergure
Face Ă ces freins structurels, il est clair que les mesures proposĂ©es dans le PLF 2025 ne sont pas Ă la hauteur des enjeux. Lâextension du PTZ, bien quâelle puisse faciliter lâaccĂšs Ă la propriĂ©tĂ© pour certains mĂ©nages, ne sâattaque pas aux racines du problĂšme. Elle ne stimule pas la construction de nouveaux logements, nâallĂšge pas les rĂ©glementations, ni ne rĂ©duit les coĂ»ts de construction.
Quant Ă lâautre mesure phare du PLF 2025, lâexonĂ©ration des droits de succession pour lâachat dâun logement neuf, elle vise davantage Ă encourager les transmissions de patrimoine quâĂ relancer la production de logements. Si cette mesure pourrait inciter certains mĂ©nages Ă investir dans le neuf, son impact rĂ©el sur lâoffre de logements reste incertain, dâautant que lâeffet ne se fera sentir que sur le long terme.
Pour vĂ©ritablement provoquer un choc de lâoffre, il serait nĂ©cessaire de mettre en place des rĂ©formes plus profondes et plus ambitieuses. Cela pourrait passer par une simplification des procĂ©dures administratives pour lâobtention des permis de construire, une rĂ©vision des rĂšgles dâurbanisme pour faciliter la construction dans les zones tendues, ou encore des incitations financiĂšres plus fortes pour les promoteurs immobiliers et les collectivitĂ©s locales.

5. Quelles solutions pour un vĂ©ritable choc de lâoffre ?
Si le gouvernement souhaite vraiment rĂ©soudre la crise du logement, il est nĂ©cessaire de penser Ă des solutions Ă grande Ă©chelle, qui agissent directement sur lâoffre de logements, plutĂŽt que de simplement soutenir la demande. Voici quelques pistes qui pourraient ĂȘtre envisagĂ©es :
âą AllĂ©ger les rĂ©glementations : Sans pour autant renoncer aux objectifs environnementaux, il est possible dâassouplir certaines rĂšgles pour faciliter la construction de nouveaux logements, notamment dans les zones pĂ©riurbaines. Cela pourrait inclure une rĂ©vision des contraintes liĂ©es Ă la loi ZAN, ou encore des dĂ©lais plus courts pour lâinstruction des permis de construire.
⹠Inciter les collectivités locales : Les maires et élus locaux jouent un rÎle déterminant dans la politique de construction. Il serait nécessaire de mettre en place des incitations financiÚres fortes pour les communes qui délivrent des permis de construire, notamment sous la forme de subventions ou de dotations spécifiques.
âą RĂ©duire les coĂ»ts de construction : Des dispositifs fiscaux ou des aides spĂ©cifiques pourraient ĂȘtre mis en place pour compenser la hausse des prix des matĂ©riaux et des coĂ»ts de main-dâĆuvre dans le secteur du bĂątiment. Une rĂ©duction de la TVA sur les logements neufs, par exemple, pourrait allĂ©ger la charge financiĂšre des promoteurs et relancer la production.
âą Favoriser la rĂ©novation : Au-delĂ de la construction de logements neufs, il est Ă©galement essentiel de soutenir la rĂ©novation du parc immobilier existant, notamment dans les zones rurales ou les petites villes oĂč de nombreux logements sont vacants ou en mauvais Ă©tat.
En somme, les mesures actuelles du PLF 2025 sont loin de reprĂ©senter le choc de lâoffre nĂ©cessaire pour redresser le marchĂ© immobilier en France. Un plan plus ambitieux, sâattaquant aux racines structurelles du problĂšme, est indispensable pour garantir un vĂ©ritable redĂ©marrage de la production de logements et rĂ©pondre Ă la demande croissante des mĂ©nages.
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