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Bien que je sois le fondateur dâun cabinet en gestion de patrimoine, il est important de souligner que Cash Conseils đž opĂšre indĂ©pendamment de cette entitĂ©. Cette newsletter s'inscrit dans une dĂ©marche entiĂšrement dĂ©diĂ©e Ă la pĂ©dagogie financiĂšre, visant Ă Ă©duquer et Ă inspirer un large public sur les fondamentaux de la gestion financiĂšre personnelle. Cash Conseils đž est conçu pour ĂȘtre une ressource Ă©ducative ouverte Ă tous, sans liens directs avec les services ou les orientations spĂ©cifiques du cabinet. L'objectif est de fournir une plateforme neutre et informative, oĂč chacun peut apprendre Ă naviguer dans l'univers des finances personnelles, en toute indĂ©pendance et sans conflit d'intĂ©rĂȘts.


đ„ Hong Kong : lâor russe inonde le territoire, prĂšs de 100 tonnes en 7 mois : Les importations dâor russe Ă Hong Kong atteignent un record : prĂšs de 100 tonnes de janvier Ă juillet, soit 3x le niveau de 2025. Depuis les sanctions occidentales de 2022, Moscou rĂ©oriente ses exportations vers lâAsie. La majeure partie finit en Chine continentale. Depuis dĂ©but 2022, Hong Kong a achetĂ© pour 35 Mds $ dâor russe. Les perturbations logistiques Ă DubaĂŻ (guerre au Moyen-Orient) renforcent encore le rĂŽle de la ville.
đ Sondage FT : taux dâapprobation de Trump au plus bas historique (33 %) : Seulement 33 % des Ă©lecteurs inscrits approuvent le bilan de Trump, le chiffre le plus bas depuis le lancement du sondage FT en mai. Chez les rĂ©publicains : 72 % (Ă©galement un plus bas). Le diesel a atteint un record Ă 5,85 $/gallon. 57 % des Ă©lecteurs estiment que leur situation sâest dĂ©gradĂ©e (+4 pts). Les dĂ©mocrates devancent les rĂ©publicains de 7,5 pts avant les midterms de novembre.
LVMH : la capitalisation divisĂ©e par 2, retour Ă janvier 2020 : Le groupe a perdu plus de la moitiĂ© de sa valorisation depuis le pic de 2023 (500 Mds $), retombant Ă 213 Mds âŹ, soit son niveau dâavant-Covid. Bain estime que 60 millions de consommateurs âambitieuxâ (15 % de la clientĂšle) ont cessĂ© dâacheter du luxe. La Chine reste faible. En revanche, HermĂšs, Richemont et la joaillerie rĂ©sistent. âLe client prĂ©fĂšre un bijou Ă 10 000 ⏠plutĂŽt quâun sac Ă 7 000 âŹâ, observe un dirigeant du secteur.
đłđŽ Fonds souverain norvĂ©gien : proposition de rĂ©duire les Treasuries de 80 Mds $
: NBIM recommande au ministĂšre des Finances de rĂ©duire la part des obligations dâĂtat dans son portefeuille de 70 % Ă 50 %, soit une baisse dâenviron 106 Mds $ dâexposition souveraine mondiale (dont ~80 Mds $ de Treasuries). Le fonds de 2 300 Mds $ se tournerait vers des titres plus rĂ©munĂ©rateurs comme les MBS (titres adossĂ©s Ă des crĂ©ances hypothĂ©caires). DĂ©cision finale attendue au printemps 2027.
đ CAC 40 : stable Ă 8 279 pts, lâemploi US accĂ©lĂšre, le Brent reste Ă 95 $ : Lâindice parisien termine quasi inchangĂ© (-0,09 %). Lâemploi amĂ©ricain sâest nettement accĂ©lĂ©rĂ© en aoĂ»t, ravivant les craintes dâune hausse de taux de la Fed en septembre (âgood news is bad newsâ). Le Brent reste au-dessus de 95 $, la situation Iran-USA semblant bloquĂ©e. Hausses : GTT +4 %, Soitec +3,9 %, Legrand +3 % (Deutsche Bank passe Ă lâachat), Alstom +2 % (contrat VIA Rail de 3 Mds âŹ). Baisses : Vivendi -6,7 %, Ipsos -6,9 %, TotalEnergies -2,5 %.

10 euros. Câest ce que 0,10 point de taux en plus ajoute Ă ta mensualitĂ© pour 200 000 euros empruntĂ©s sur vingt ans. Dix euros par mois. Moins quâun abonnement de streaming, moins que deux cafĂ©s par semaine. Tu comprends que beaucoup de gens haussent les Ă©paules : les taux ont pris 0,10 point Ă la rentrĂ©e, et alors, jâattendrai quelques mois que ça redescende.
Retiens ce chiffre, parce quâil est un piĂšge. Ces 10 euros ne se paient pas une fois, ils se paient 240 fois, et une longue sĂ©rie de petites diffĂ©rences finit toujours par faire une grosse somme. Sur la durĂ©e du prĂȘt, ces 0,10 point reprĂ©sentent environ 2 460 euros dâintĂ©rĂȘts en plus, hors assurance. Et surtout, le taux ne fait pas que gonfler ta facture : il rabote le montant que la banque accepte de te prĂȘter. Le mĂȘme petit pourcentage qui semble dĂ©risoire chaque mois peut te retirer plusieurs milliers dâeuros de budget dâachat.
Voici la thĂšse que je veux te faire comprendre, et elle tient en une phrase. Le taux nâest pas le seul Ă©lĂ©ment qui compte dans une dĂ©cision immobiliĂšre, loin de lĂ , mais tant que tu ne sais pas traduire un petit pourcentage en euros, tu ne peux pas dĂ©cider, tu peux seulement ressentir. Et le ressenti, en immobilier, coĂ»te cher. La vraie question nâest pas « le taux a-t-il montĂ© ? », câest « quâest-ce que ça change, chiffrĂ©, pour mon projet Ă moi, aujourdâhui ? ».
Une prĂ©cision de mĂ©thode avant de plonger. Cette Ă©dition est bourrĂ©e de calculs, tous exĂ©cutĂ©s par un script que jâai fait tourner, hypothĂšses posĂ©es et publiĂ©es en fin de mail. Les taux que je cite sont ceux des courtiers en septembre 2026 : ce sont des repĂšres, pas des taux universels, ils dĂ©pendent de la durĂ©e, du dossier, de lâapport, de la banque et de la rĂ©gion. Prends-les comme des ordres de grandeur, pas comme une promesse.
⥠Lâessentiel en cinq phrases
Une hausse de 0,10 point paraĂźt minuscule sur ta mensualitĂ©, une dizaine dâeuros, mais rĂ©pĂ©tĂ©e sur 240 ou 300 mois elle reprĂ©sente plusieurs milliers dâeuros, et elle rĂ©duit surtout ta capacitĂ© dâemprunt Ă mensualitĂ© constante. Les taux remontent parce que lâOAT française a franchi 4 %, ce qui renchĂ©rit le refinancement des banques, sans que le crĂ©dit suive mĂ©caniquement le taux souverain. Attendre une baisse des taux nâest pas une stratĂ©gie sĂ»re, câest un pari Ă deux variables : si les taux baissent un peu mais que le prix du bien monte, mĂȘme modestement, le gain sâĂ©vapore, et une hausse de prix dâĂ peine 1,6 % suffit Ă annuler une baisse de taux de 0,20 point. Les leviers vraiment puissants sont souvent ailleurs que dans le taux affichĂ© : le prix nĂ©gociĂ©, lâassurance emprunteur, la durĂ©e et lâapport pĂšsent plus lourd que 0,10 point. La bonne dĂ©cision ne dĂ©pend pas dâune prĂ©diction sur les taux, mais de la soliditĂ© de ton projet quand la vie ne se dĂ©roule pas comme prĂ©vu.
đ Pourquoi les taux remontent, et ce que disent les barĂšmes de septembre
Commençons par lâorigine, sans transformer cette lettre en bulletin macro. Une banque ne prĂȘte pas au taux directeur de la Banque centrale europĂ©enne. Elle doit financer son bilan, rĂ©munĂ©rer ses ressources, couvrir son risque et prĂ©server sa marge, et pour Ă©valuer le coĂ»t de lâargent Ă long terme, elle regarde les taux obligataires de marchĂ©. Or, comme on lâa vu dimanche dernier, lâOAT française Ă dix ans a franchi 4,10 % en aoĂ»t 2026, un plus haut depuis 2008, et elle sây est installĂ©e. Le refinancement bancaire est donc devenu plus coĂ»teux, et cela se rĂ©percute progressivement sur les barĂšmes immobiliers de la rentrĂ©e. Attention Ă la nuance, elle est capitale : une OAT Ă 4,10 % ne veut pas dire que les crĂ©dits vont passer Ă 4,10 %. Elle veut dire que lâenvironnement dans lequel les banques se financent sâest renchĂ©ri, et que la pression sur les taux du crĂ©dit est orientĂ©e Ă la hausse.
ConcrĂštement, les courtiers affichent en septembre 2026 des taux moyens qui remontent dâenviron 0,11 point sur un mois. Chez Pretto, on relĂšve de lâordre de 3,43 % sur quinze ans, 3,54 % sur vingt ans et 3,61 % sur vingt-cinq ans. Chez Meilleurtaux, les moyennes sont un peu plus basses, autour de 3,28 %, 3,40 % et 3,50 %, et CAFPI se situe dans des eaux voisines. LâĂ©cart entre ces sources nâest pas une contradiction, câest le rappel quâil nâexiste pas un taux immobilier, mais un taux pour une durĂ©e, un dossier, un apport, une banque et un moment donnĂ©s. Certains observateurs Ă©voquent mĂȘme le risque de voir le seuil des 4 % touchĂ© sur le crĂ©dit dâici la fin de lâannĂ©e si lâOAT reste tendue. Rien nâest certain, les banques continuent dâafficher des offres prĂ©fĂ©rentielles pour les bons profils, mais le cycle a clairement changĂ© de sens.
đ 3,5 %, câest cher, ou pas ? Un coup dâĆil dans le rĂ©troviseur
Avant de parler de flambĂ©e, remettons le curseur Ă lâendroit, parce que la mĂ©moire des taux est courte et quâelle fausse le jugement. En 2008, on empruntait Ă dix ou vingt ans autour de 5,4 %. Au dĂ©but des annĂ©es 2000, les taux sur vingt ans tournaient entre 5 et 5,5 %. Puis vint une chute rapide et continue, jusquâĂ un record absolu Ă lâĂ©tĂ© 2021, oĂč la moyenne est tombĂ©e autour de 1,05 %, et oĂč les meilleurs dossiers signaient sous 1 % sur quinze ans. Le 3,5 % de septembre 2026 nâest donc ni un sommet historique ni une anomalie : câest un retour vers la moyenne longue du crĂ©dit immobilier français.
Cette perspective change tout le raisonnement de celui qui attend. Emprunter Ă 1 %, ce nâĂ©tait pas la norme retrouvĂ©e aprĂšs une parenthĂšse, câĂ©tait la parenthĂšse elle-mĂȘme, un moment exceptionnel produit par une dĂ©cennie de taux zĂ©ro qui ne reviendra pas de sitĂŽt. Attendre le retour du 1 %, câest attendre le retour dâune exception, pas dâun droit acquis. Ceux qui ont empruntĂ© pendant cette fenĂȘtre ont eu une chance historique ; en faire la rĂ©fĂ©rence de ce quâun crĂ©dit « devrait » coĂ»ter, câest se condamner Ă trouver tout trop cher et Ă ne jamais acheter. Le bon repĂšre nâest pas le plancher de 2021, câest la moyenne de vingt ans, et par rapport Ă elle, 3,5 % reste raisonnable.
𧟠Combien coûte vraiment 0,10 point
Passons Ă la calculette, parce que câest lĂ que le sujet devient concret. Prenons un emprunt de 200 000 euros sur vingt ans, hors assurance et frais annexes pour isoler lâeffet du taux. Ă 3,40 %, la mensualitĂ© est de 1 150 euros. Ă 3,50 %, elle passe Ă 1 160 euros. Dix euros de plus par mois, on lâa dit. Mais sur les 240 mensualitĂ©s, le surcoĂ»t dâintĂ©rĂȘts atteint environ 2 460 euros. Le crĂ©dit transforme une petite diffĂ©rence de taux en une longue sĂ©rie de petites diffĂ©rences, et une longue sĂ©rie finit toujours par compter.
Change les paramĂštres, lâeffet se cumule. Sur ces mĂȘmes 200 000 euros mais sur vingt-cinq ans, les 0,10 point coĂ»tent environ 3 210 euros, parce que la durĂ©e fait travailler lâĂ©cart plus longtemps. Monte le capital Ă 300 000 euros sur vingt ans, et le surcoĂ»t grimpe Ă environ 3 690 euros, soit 15 euros par mois. Sur 300 000 euros et vingt-cinq ans, on approche 4 810 euros. La rĂšgle est simple : plus le montant est Ă©levĂ© et plus la durĂ©e est longue, plus le petit pourcentage se transforme en grosse somme. La formule qui produit ces chiffres relie la mensualitĂ© au capital, au taux mensuel et au nombre de mois ; nul besoin dâen faire un cours, lâidĂ©e Ă retenir est que ces trois Ă©lĂ©ments se combinent, et quâon ne peut jamais juger un taux sans le dĂ©ployer sur toute la durĂ©e.
Un avertissement, pourtant, et il est important. Ce surcoĂ»t de 0,10 point ne doit jamais ĂȘtre regardĂ© isolĂ©ment, parce quâĂ cĂŽtĂ© de lui vivent des postes souvent bien plus lourds : lâassurance emprunteur, les frais de garantie, les frais de dossier, les Ă©ventuels travaux et la fiscalitĂ©. Câest pour cela que le taux nominal ne suffit jamais Ă comparer deux offres, et quâil faut regarder le TAEG, le taux annuel effectif global, qui intĂšgre les intĂ©rĂȘts, lâassurance obligatoire, les frais de dossier et de garantie. On y revient plus bas, parce que câest souvent lĂ , et non dans le taux affichĂ©, que se cache le vrai coĂ»t.
đȘ Le taux ne change pas que ton coĂ»t, il change ta capacitĂ© dâemprunt
Voici lâeffet le plus sous-estimĂ©, et pourtant le plus dĂ©cisif. Une banque te prĂȘte en fonction dâune mensualitĂ© que tes revenus peuvent supporter, encadrĂ©e par le taux dâeffort. Si cette mensualitĂ© maximale est fixe, alors une hausse du taux ne rend pas ton achat un peu plus cher, elle rĂ©duit directement le capital que tu peux emprunter. Autrement dit, Ă revenu identique, tu achĂštes moins de mĂštres carrĂ©s quand le taux monte, mĂȘme si ta mensualitĂ© ne bouge pas dâun euro.
Chiffrons-le. Avec une mensualitĂ© cible de 1 200 euros sur vingt ans, hors assurance, tu peux emprunter environ 208 800 euros Ă 3,40 %, mais seulement 206 900 euros Ă 3,50 %. Les 0,10 point tâont retirĂ© prĂšs de 1 900 euros de budget dâachat. Câest encore modeste, mais regarde ce qui se passe si le mouvement se poursuit : si le taux atteignait 4,00 %, la menace agitĂ©e pour la fin dâannĂ©e, ta capacitĂ© dâemprunt tomberait autour de 198 000 euros, soit prĂšs de 9 000 euros de budget en moins pour la mĂȘme mensualitĂ©, par rapport Ă 3,50 %. Le taux ne te retire pas seulement quelques euros par mois. Il peut aussi te retirer plusieurs milliers dâeuros de pouvoir dâachat immobilier, et cela ne se voit pas sur la fiche de mensualitĂ©, seulement sur ce que tu peux te permettre dâacheter.
Câest pour ça que le bon raisonnement ne se rĂ©sume jamais à « la mensualitĂ© augmente ». Il faut regarder simultanĂ©ment le prix du bien, le montant de lâapport, le taux, la durĂ©e, lâassurance, les travaux, les frais dâacquisition et la mensualitĂ© maximale que tu peux tenir sans tâasphyxier. Le taux nâest quâune variable dans une Ă©quation qui en compte huit.
đŠ Ce que la banque calcule avant toi : la rĂšgle des 35 %
Cette histoire de capacitĂ© dâemprunt nâest pas une abstraction, elle est encadrĂ©e par une rĂšgle prĂ©cise, celle du Haut Conseil de stabilitĂ© financiĂšre, maintenue telle quelle en 2026. Ta mensualitĂ© totale, assurance comprise, ne doit pas dĂ©passer 35 % de tes revenus, et la durĂ©e du prĂȘt est plafonnĂ©e Ă 25 ans, ou 27 ans quand des travaux reprĂ©sentent au moins 10 % de lâopĂ©ration. Les banques disposent dâune marge de souplesse, elles peuvent dĂ©roger Ă ces limites sur une petite part de leurs dossiers, environ un sur cinq, mais câest lâexception, pas la rĂšgle.
Or ce plafond de 35 % change tout dans la lecture de la hausse des taux. Puisque ta mensualitĂ© maximale est fixĂ©e par tes revenus et non par ta bonne volontĂ©, chaque dixiĂšme de point qui grignote cette mensualitĂ© rĂ©duit dâautant le capital que la banque peut tâaccorder. Et comme lâassurance emprunteur est incluse dans le calcul, une assurance chĂšre mange une part de ta capacitĂ© au mĂȘme titre que le taux. Comprendre cette rĂšgle, câest comprendre pourquoi deux personnes aux revenus identiques nâempruntent pas la mĂȘme somme selon le mois oĂč elles dĂ©posent leur dossier, et pourquoi optimiser son taux dâendettement, en soldant un petit crĂ©dit Ă la consommation par exemple, peut faire plus pour ton projet que courir aprĂšs 0,10 point.
Ă ce plafond de revenus sâajoute un second plafond, lĂ©gal celui-lĂ , le taux dâusure : le taux maximum, TAEG tout compris, au-delĂ duquel une banque nâa pas le droit de prĂȘter. Il sâĂ©tablit Ă 5,29 % sur les prĂȘts de vingt ans et plus depuis le 1er juillet 2026, et il est rĂ©visĂ© chaque trimestre par la Banque de France. Avec des taux de marchĂ© autour de 3,5 %, la marge est confortable aujourdâhui, personne nâest bloquĂ© par lâusure. Mais garde ce mĂ©canisme en tĂȘte, car câest le TAEG, assurance comprise, qui doit rester sous ce plafond : un emprunteur plus ĂągĂ© ou avec un problĂšme de santĂ©, dont lâassurance est chĂšre, peut voir son dossier buter sur lâusure alors mĂȘme que son taux nominal semblait acceptable. Câest une raison de plus de soigner lâassurance, on y revient.
âł Attendre une baisse : le pari Ă deux variables que personne ne calcule
Jâarrive au cĆur de ce que je voulais te transmettre cette semaine, et Ă la question que tu te poses peut-ĂȘtre : et si jâattendais que les taux redescendent avant dâacheter ? Câest tentant, et câest un pari beaucoup plus risquĂ© quâil nây paraĂźt, parce quâen repoussant ton achat tu ne paries pas sur une seule variable, le taux, mais sur deux au moins, le taux et le prix. Or ces deux-lĂ ne bougent pas dans le mĂȘme sens ni au mĂȘme rythme, et le prix peut trĂšs bien manger tout le gain que le taux tâaurait offert.
Je lâai chiffrĂ©, et le rĂ©sultat est frappant. Imagine un projet Ă 250 000 euros, avec 25 000 euros dâapport, donc 225 000 euros Ă emprunter sur vingt ans. En achetant maintenant Ă 3,54 %, ta mensualitĂ© est de 1 310 euros. Suppose maintenant que tu attendes douze mois et que ton pari rĂ©ussisse cĂŽtĂ© taux : ils baissent de 0,20 point, Ă 3,34 %. Belle nouvelle, sauf que cette baisse ne te fait gagner quâenviron 24 euros de mensualitĂ©, parce quâune baisse de taux modeste sur un capital donnĂ© pĂšse peu. Et pendant ces douze mois, deux choses ont jouĂ© contre toi. Dâabord, tu as continuĂ© Ă te loger, disons 1 000 euros de loyer par mois, soit 12 000 euros payĂ©s Ă fonds perdu. Ensuite, le prix du bien a peut-ĂȘtre bougĂ©.
Et câest lĂ que le pari se retourne. Il suffit que le prix du bien que tu vises monte dâenviron 1,6 % en un an pour annuler entiĂšrement, sur ta mensualitĂ©, la baisse de taux de 0,20 point que tu avais patiemment attendue. Un an et demi de patience effacĂ© par une hausse de prix infĂ©rieure Ă 2 %. Et si lâon ajoute les 12 000 euros de loyers versĂ©s pendant lâattente, lâopĂ©ration devient perdante dĂšs le premier euro de hausse de prix, et mĂȘme Ă prix strictement stable. Sur mon exemple, attendre un an coĂ»te plus cher que dâacheter tout de suite dans presque tous les scĂ©narios rĂ©alistes.
Or, justement, que font les prix ? Ils ne baissent plus. AprĂšs un recul de 6 Ă 9 % depuis le pic, le marchĂ© sâest stabilisĂ©, et les projections pour 2026 penchent vers une hausse modĂ©rĂ©e, de lâordre de 0,4 Ă 0,7 % au niveau national selon les sources prudentes, davantage dans certaines mĂ©tropoles, Paris, Bordeaux, Toulouse ou Lille pouvant afficher des progressions de 0,5 Ă plus de 1 %. Ce ne sont que des projections, Ă manier avec prudence, mais elles disent une chose : parier sur une baisse des taux tout en misant sur des prix qui tâattendraient sagement, câest parier que deux choses aillent dans ton sens en mĂȘme temps, alors quâune seule suffit Ă faire Ă©chouer le calcul.
Voici donc la vraie grille, bien meilleure que « jâattends que les taux baissent ». Le coĂ»t de lâattente, câest Ă peu prĂšs : les loyers que tu paies pendant ce temps, plus lâĂ©ventuelle hausse du prix du bien, moins lâĂ©ventuelle amĂ©lioration du taux, moins lâĂ©pargne supplĂ©mentaire que tu constitues. Sois honnĂȘte dans les deux sens, cela dit : le loyer nâest pas totalement de lâargent perdu, puisque le propriĂ©taire, lui, paie la taxe fonciĂšre, les charges et lâentretien que le locataire Ă©vite, et ton apport continue de rapporter des intĂ©rĂȘts tant quâil nâest pas immobilisĂ©, ce qui, avec des placements sans risque autour de 3 %, nâest plus anecdotique. Ces Ă©lĂ©ments rĂ©duisent un peu le coĂ»t de lâattente sans le renverser. LâĂ©quation nâest pas parfaite, mais elle a le mĂ©rite de mettre tous les termes sur la table, au lieu de nâen regarder quâun. Et souvent, une fois quâils y sont tous, lâattente nâa plus rien dâĂ©vident.
Une derniĂšre illusion Ă dĂ©samorcer, celle du « jâachĂšte maintenant et je renĂ©gocierai plus tard ». Câest parfois possible, mais jamais automatique, et il faut connaĂźtre les conditions rĂ©elles avant dâen faire un plan. Les courtiers retiennent trois critĂšres pour quâun rachat de crĂ©dit par une autre banque soit rentable : un Ă©cart dâau moins 0,7 point, idĂ©alement un point entier, entre ton taux et le nouveau ; te trouver encore dans le premier tiers de ton remboursement, lĂ oĂč la part dâintĂ©rĂȘts dans la mensualitĂ© est la plus forte ; et un capital restant dĂ» supĂ©rieur Ă 70 000 euros, faute de quoi les frais mangent lâĂ©conomie. En dessous de ces seuils, lâopĂ©ration ne vaut souvent pas la peine, parce quâil faut absorber les indemnitĂ©s de remboursement anticipĂ©, les frais de dossier et de garantie. Et si tu passes par une simple renĂ©gociation avec ta banque actuelle plutĂŽt que par un rachat, lâeffort de ta banque dĂ©passe rarement 0,2 Ă 0,3 point. Bref, acheter aujourdâhui en espĂ©rant renĂ©gocier demain peut ĂȘtre une stratĂ©gie ; acheter aujourdâhui en tenant la renĂ©gociation pour acquise, câest une hypothĂšse dĂ©guisĂ©e en certitude.
âïž La nuance honnĂȘte : quand attendre se justifie vraiment
Je ne veux pas te vendre lâidĂ©e quâil faut toujours acheter tout de suite, ce serait aussi malhonnĂȘte que le « jâattends que ça baisse ». Attendre est parfois la bonne dĂ©cision, et il faut savoir dire dans quels cas. Le premier, câest quand tu ne paies pas de loyer pendant lâattente, logĂ© chez tes parents ou dans un bien de fonction : le terme le plus lourd du coĂ»t de lâattente disparaĂźt, et patienter pour amĂ©liorer ton dossier devient rationnel. Le deuxiĂšme, câest quand ton apport ou tes revenus vont clairement progresser Ă court terme, un hĂ©ritage attendu, une prime, la fin dâun crĂ©dit Ă la consommation qui va libĂ©rer du taux dâendettement : dans ces cas, quelques mois te font franchir un palier de dossier, et le gain dĂ©passe le coĂ»t de lâattente. Le troisiĂšme, câest quand ton marchĂ© local, prĂ©cisĂ©ment, baisse encore, ce qui existe dans certaines villes moyennes ou sur des biens Ă dĂ©fauts, pas dans les mĂ©tropoles qui se sont dĂ©jĂ stabilisĂ©es.
Le point commun de ces trois cas, câest quâils reposent sur une raison chiffrable et propre Ă ta situation, pas sur une prĂ©diction de marchĂ©. Attendre parce que ton apport va bondir de 20 000 euros dans six mois, câest un calcul. Attendre parce que « les taux vont bien finir par baisser », câest une espĂ©rance. La diffĂ©rence entre les deux, câest exactement ce que cette Ă©dition essaie de te donner : le rĂ©flexe de poser le calcul avant de dĂ©cider.
đ ïž Les leviers souvent plus puissants que 0,10 point
Bonne nouvelle pour finir sur du concret : le taux affichĂ© est loin dâĂȘtre ton levier le plus fort. Il y en a quatre autres, souvent plus rentables que de courir aprĂšs 0,10 point.
Le premier, câest le prix du bien. On lâa vu, 0,10 point coĂ»te quelques milliers dâeuros sur la durĂ©e. Une nĂ©gociation de 5 000 euros sur le prix dâachat a souvent un effet plus important sur le coĂ»t global que de traquer le dernier centiĂšme de taux, et elle rĂ©duit en prime les frais dâacquisition qui se calculent sur le prix. Dans un marchĂ© qui sâest retournĂ© en faveur des acheteurs sur beaucoup de biens, cette marge de nĂ©gociation existe de nouveau, alors quâelle avait disparu pendant la fiĂšvre des annĂ©es de taux bas. Et nâoublie jamais les frais dâacquisition, ces fameux frais de notaire : ils reprĂ©sentent environ 7 Ă 8 % du prix dans lâancien, mais seulement 2 Ă 3 % dans le neuf, et ils se paient le plus souvent comptant, en dehors du crĂ©dit. Ils entament donc directement ton apport, ce qui les rend dĂ©cisifs dans lâĂ©quation : nĂ©gocier 5 000 euros sur le prix dâun bien ancien, câest aussi Ă©conomiser un peu de frais au passage, quand courir aprĂšs 0,10 point ne touche ni lâun ni lâautre.
Le deuxiĂšme, câest lâassurance emprunteur, et je vais le chiffrer parce que lâordre de grandeur surprend toujours. Sur un prĂȘt de 250 000 euros sur vingt ans, une assurance de groupe de la banque autour de 0,34 % du capital coĂ»te environ 850 euros par an, soit 17 000 euros sur la durĂ©e. Une dĂ©lĂ©gation, câest-Ă -dire une assurance externe, pour un emprunteur jeune et en bonne santĂ© autour de 0,10 %, revient Ă environ 250 euros par an, soit 5 000 euros au total. LâĂ©cart, de lâordre de 12 000 euros, Ă©crase littĂ©ralement les 2 460 euros que coĂ»tait le fameux 0,10 point de taux. Ces taux dâassurance sont des ordres de grandeur qui dĂ©pendent fortement de ton profil, mais le message tient : comparer deux crĂ©dits sur le seul taux nominal nâa aucun sens, il faut regarder le TAEG, qui remet lâassurance et les frais dans lâĂ©quation. La dĂ©lĂ©gation dâassurance, ton droit de ne pas prendre celle de la banque prĂȘteuse, est souvent le gisement dâĂ©conomies le plus rapide et le plus indolore dâun dossier.
Le troisiĂšme, câest la durĂ©e. La raccourcir augmente la mensualitĂ© mais rĂ©duit fortement le coĂ»t total des intĂ©rĂȘts ; lâallonger facilite lâachat mais gonfle le prix total de la dette et te maintient endettĂ© plus longtemps. Il nây a pas de bonne rĂ©ponse universelle, seulement un arbitrage entre ta capacitĂ© mensuelle et le coĂ»t total que tu acceptes. Le quatriĂšme, câest lâapport, Ă manier avec prudence. Un apport plus Ă©levĂ© rassure la banque, rĂ©duit le capital empruntĂ© et amĂ©liore souvent les conditions. Mais vider toute son Ă©pargne pour gagner quelques dixiĂšmes de point est dangereux : il faut garder une rĂ©serve pour les travaux, les imprĂ©vus, un dĂ©mĂ©nagement, une baisse temporaire de revenus. Le meilleur apport nâest pas celui qui met ton compte Ă zĂ©ro, câest celui qui amĂ©liore ton financement tout en te laissant une marge de sĂ©curitĂ©.
đ§° Le PTZ, le levier que beaucoup oublient de chiffrer
Si tu achĂštes ta premiĂšre rĂ©sidence principale, un dispositif peut amortir une bonne partie de la hausse des taux, et il a Ă©tĂ© nettement Ă©largi : le prĂȘt Ă taux zĂ©ro. Depuis le 1er avril 2025, les maisons individuelles neuves sont de nouveau Ă©ligibles sur tout le territoire, et la mesure court jusquâau 31 dĂ©cembre 2027 ; les plafonds de ressources ont mĂȘme Ă©tĂ© revalorisĂ©s de 8 Ă 13 % selon les zones en 2026. ConcrĂštement, le PTZ finance une fraction de ton achat Ă 0 % dâintĂ©rĂȘt, avec des quotitĂ©s allant de 20 Ă 50 % pour un appartement et de 10 Ă 30 % pour une maison neuve selon ta tranche de revenus et ta zone.
LâintĂ©rĂȘt, câest quâune part de ton financement Ă 0 % fait baisser le taux moyen de ton montage global. Si un tiers de ton achat passe en PTZ, lâeffet sur ton coĂ»t total dĂ©passe de loin les 0,10 point que tu cherchais Ă grappiller sur le reste du prĂȘt. Pour un primo-accĂ©dant Ă©ligible, vĂ©rifier son droit au PTZ est donc un levier bien plus puissant que de traquer le dernier centiĂšme de taux. Attention toutefois, câest sous conditions de ressources, orientĂ© surtout vers le neuf, et cela ne dispense jamais de faire le calcul complet : un PTZ ne rend pas un projet fragile solide, il rend un projet solide un peu plus accessible.
đïž Lâinvestissement locatif : le levier qui sâĂ©vapore
Pour lâinvestisseur locatif, la hausse des taux ne change pas seulement un coĂ»t, elle change la nature mĂȘme de lâopĂ©ration, et le calcul le montre brutalement. Prends un bien locatif de 200 000 euros financĂ© intĂ©gralement Ă crĂ©dit sur vingt ans, avec un loyer offrant un rendement brut de 4 %, soit environ 667 euros par mois. Ă 1,2 %, le taux de 2021, la mensualitĂ© Ă©tait de 938 euros, si bien que ton effort dâĂ©pargne mensuel, la diffĂ©rence entre la mensualitĂ© et le loyer encaissĂ©, nâĂ©tait que de 271 euros : lâopĂ©ration Ă©tait presque autofinancĂ©e. Ă 3,54 %, la mensualitĂ© grimpe Ă 1 164 euros, et cet effort passe Ă 497 euros par mois. Rien que le taux, Ă loyer et Ă prix inchangĂ©s, tâoblige Ă sortir 226 euros de plus de ta poche chaque mois, tous les mois pendant vingt ans.
Vu autrement, pour que le loyer couvre Ă nouveau entiĂšrement la mensualitĂ© Ă 3,54 %, il faudrait dĂ©sormais un rendement brut de lâordre de 7 %, contre 4 % suffisants Ă lâĂ©poque des taux bas. VoilĂ pourquoi tant de projets locatifs qui tenaient sur le papier il y a trois ans ne tiennent plus aujourdâhui : lâeffet de levier du crĂ©dit, qui Ă©tait le moteur de lâopĂ©ration, sâest en partie retournĂ©. Cela ne condamne pas lâinvestissement locatif, mais cela impose une exigence nouvelle, viser des rendements plus Ă©levĂ©s, nĂ©gocier plus dur le prix, ou accepter un effort dâĂ©pargne mensuel quâil faut pouvoir tenir dans la durĂ©e, sans oublier que la fiscalitĂ© des revenus fonciers viendra encore rogner le rĂ©sultat net. Une nuance en sens inverse, pour ĂȘtre juste : au rĂ©gime rĂ©el, la hausse des intĂ©rĂȘts dâemprunt est en partie dĂ©ductible de tes loyers imposables, ce qui amortit une fraction du choc pour le bailleur imposĂ©, sans lâannuler. Un rendement locatif affichĂ© de 4 % financĂ© Ă 4 % nâa quand mĂȘme plus rien Ă voir avec le mĂȘme 4 % financĂ© Ă 1,2 %.
đ Les clauses qui comptent le jour oĂč ta vie change
Une derniĂšre chose que le taux affichĂ© ne dira jamais, et qui pĂšse parfois plus lourd que lui sur toute une vie de crĂ©dit : les clauses du contrat. Deux offres au mĂȘme taux peuvent diverger profondĂ©ment sur des points quâon nĂ©glige au moment de signer, parce quâon est concentrĂ© sur le pourcentage. La modularitĂ© des Ă©chĂ©ances, dâabord, la possibilitĂ© dâaugmenter ou de baisser ta mensualitĂ© selon lâĂ©volution de tes revenus. La facultĂ© de reporter ou de suspendre des Ă©chĂ©ances en cas de coup dur. Les conditions de remboursement anticipĂ© et le montant des indemnitĂ©s, qui dĂ©cident si tu pourras solder ou racheter ton prĂȘt sans ĂȘtre pĂ©nalisĂ©. La transfĂ©rabilitĂ©, câest-Ă -dire la possibilitĂ© de garder ton crĂ©dit avantageux pour un futur bien. Et le type de garantie, hypothĂšque ou caution, qui change les frais et la souplesse Ă la revente.
Ces clauses paraissent secondaires tant que tout va bien, et elles deviennent dĂ©cisives le jour oĂč la vie dĂ©vie du plan, une mutation, une naissance, un divorce, une revente rapide, une baisse de revenus. Câest exactement lĂ que se joue la vraie qualitĂ© dâun crĂ©dit.
đŻ Le meilleur crĂ©dit nâest pas toujours celui qui affiche le taux nominal le plus bas. Câest celui qui reste supportable si ta vie ne se dĂ©roule pas exactement comme tu lâavais prĂ©vu.
đŁïž Objections vues venir
« Jâattends que les taux baissent, câest du bon sens. » Câest du bon sens apparent, et un pari cachĂ©. Tu paries Ă la fois sur une baisse des taux, sur des prix qui ne montent pas, sur ton apport, sur ton futur revenu et sur le bien que tu trouveras dans quelques mois. On lâa chiffrĂ© : une hausse de prix de 1,6 % annule une baisse de taux de 0,20 point, et les prix, aujourdâhui, remontent doucement plutĂŽt quâils ne baissent. Attendre peut ĂȘtre un bon choix, mais seulement aprĂšs avoir posĂ© le coĂ»t de lâattente, pas Ă sa place.
« Le taux le plus bas, câest forcĂ©ment la meilleure offre. » Faux, et câest lâerreur la plus coĂ»teuse. Deux offres au mĂȘme taux nominal peuvent diverger fortement sur lâassurance, les frais de dossier, la garantie, la possibilitĂ© de moduler ou de suspendre les Ă©chĂ©ances, les conditions de remboursement anticipĂ© et la transfĂ©rabilitĂ© du prĂȘt. Le TAEG rattrape une partie de lâĂ©cart, mais la souplesse du contrat, elle, ne se lit sur aucun taux. Un crĂ©dit un peu plus cher mais modulable peut valoir bien plus quâun crĂ©dit au rabais et rigide, le jour oĂč ta vie change.
« Avec des taux plus hauts, il faut emprunter le maximum tant que je peux. » Câest le rĂ©flexe hĂ©ritĂ© de la dĂ©cennie des taux bas, et il est devenu dangereux. Quand lâargent ne coĂ»tait presque rien, sâendetter au maximum se dĂ©fendait. Ă 3,5 % ou 4 %, le coĂ»t de la dette redevient visible, et un projet qui absorbe toute ta capacitĂ© dâĂ©pargne te fragilise au lieu de tâenrichir. La rĂšgle patrimoniale nâa pas changĂ©, mais les taux lâont rendue de nouveau vraie : la mensualitĂ© soutenable, ce nâest pas le maximum que la banque tâaccorde, câest le maximum que tu peux tenir mĂȘme si un imprĂ©vu survient.

đŻ Conclusion et ton dĂ©fi pour ce week-end
0,10 point, ce nâest ni rien ni tout. Ce nâest pas rien, parce que cette petite diffĂ©rence se rĂ©pĂšte pendant 240 ou 300 mois et finit en milliers dâeuros, et parce quâelle rabote ta capacitĂ© dâemprunt. Ce nâest pas tout, parce quâune dĂ©cision immobiliĂšre dĂ©pend du prix, de lâusage du bien, de ton horizon, de tes revenus, de ton apport et de ta capacitĂ© Ă encaisser les imprĂ©vus. Acheter ou attendre ne devrait donc jamais dĂ©pendre dâune prĂ©diction sur les taux, que personne ne sait faire, mais de la soliditĂ© de ton projet dans plusieurs scĂ©narios.
Voici ton dĂ©fi, trois calculs et une rĂ©ponse, une petite heure ce week-end. Premier calcul, combien lâattente te coĂ»terait vraiment : additionne les loyers que tu paierais en patientant un an et lâeffet dâune hausse de prix mĂȘme modeste sur ton bien cible, puis retranche le gain de taux que tu espĂšres. Tu verras souvent que lâĂ©quation penche moins que prĂ©vu du cĂŽtĂ© de lâattente. DeuxiĂšme calcul, combien ton crĂ©dit te coĂ»te rĂ©ellement, assurance et frais compris, en TAEG et pas en taux nominal, pour comparer ce qui est comparable. TroisiĂšme calcul, ta capacitĂ© dâemprunt Ă ta mensualitĂ© maximale supportable, Ă taux actuel, pour savoir ce que tu peux rĂ©ellement viser aujourdâhui. QuatriĂšme Ă©tape, rĂ©ponds-moi. Dis-moi ton coĂ»t de lâattente estimĂ©, lâĂ©cart que tu trouves entre taux nominal et TAEG sur une offre rĂ©elle, et si, aprĂšs ces calculs, tu attends encore par stratĂ©gie ou par peur. Je lis chaque message, et vos rĂ©ponses nourriront une Ă©dition de suivi.
Le fil rouge se tient de semaine en semaine : aprĂšs la liquiditĂ© en #178 et le prix de la dette de lâĂtat en #179, voici en #180 ce mĂȘme prix de lâargent qui arrive sur ta table de cuisine, sous la forme dâune mensualitĂ©, Ă chaque fois une grille de lecture pour te rendre plus autonome et plus lucide face Ă ton patrimoine.
Ă dimanche prochain pour la #181. Bon week-end Ă toi, et si tu as un projet immobilier en tĂȘte, prends une heure pour faire ces trois calculs avant de dĂ©cider quoi que ce soit. Une dĂ©cision chiffrĂ©e, mĂȘme imparfaite, vaut mille intuitions rassurantes.
Nicolas
P.S. Si cette Ă©dition tâa aidĂ© Ă voir clair, transfĂšre-la Ă un proche qui hĂ©site Ă acheter en ce moment, ou qui rĂ©pĂšte quâil attend que les taux baissent sans avoir jamais posĂ© le calcul du coĂ»t de lâattente. Câest le genre de service qui Ă©vite une dĂ©cision Ă plusieurs milliers dâeuros prise Ă lâintuition.
P.P.S. Pour suivre les barĂšmes, sans que je touche un centime Ă te les indiquer : les baromĂštres mensuels des courtiers, Pretto, Meilleurtaux et CAFPI, qui publient les taux moyens par durĂ©e avec la date et le profil ; et, pour la mĂ©canique qui relie lâOAT au coĂ»t du crĂ©dit, lâĂ©dition #179 de cette newsletter. Rappelle-toi que ces taux de courtiers sont des repĂšres datĂ©s, pas des taux universels, et surtout pas une prĂ©vision.
P.P.P.S. Un mot de contexte, bref. Tant que lâOAT Ă dix ans reste au-dessus de 4 %, la pression sur les barĂšmes immobiliers restera orientĂ©e Ă la hausse, et le seuil des 4 % sur le crĂ©dit est citĂ© comme un risque pour la fin dâannĂ©e. [Ă VĂRIFIER avant envoi : actualiser dâun mot le niveau de lâOAT Ă dix ans et les derniers barĂšmes courtiers publiĂ©s la semaine de lâenvoi.] Rien nâoblige Ă dĂ©cider dans la prĂ©cipitation, mais tout invite Ă dĂ©cider avec une calculette plutĂŽt quâavec une espĂ©rance.
Tu veux aller plus loin sur ce sujet ? Je suis joignable directement sur WhatsApp au 06 13 01 82 11. Tu peux aussi me retrouver tous les jours sur LinkedIn oĂč je publie des analyses sur la finance personnelle, lâentrepreneuriat et lâIA appliquĂ©e Ă la gestion de patrimoine.
*Cash Conseils est une newsletter dâĂ©ducation financiĂšre. Les informations qui y sont publiĂ©es ne constituent en aucun cas un conseil personnalisĂ© en investissement, en assurance, en crĂ©dit ou en gestion de patrimoine. Chaque situation est unique et mĂ©rite une analyse spĂ©cifique. Un crĂ©dit tâengage et doit ĂȘtre remboursĂ© ; vĂ©rifie ta capacitĂ© de remboursement avant de tâengager. Pour toute dĂ©cision structurante, je tâinvite vivement Ă consulter un conseiller en investissements financiers (CIF) rĂ©guliĂšrement immatriculĂ© Ă lâORIAS, ou un courtier en crĂ©dit.
đ Sources mobilisĂ©es
BarĂšmes de taux, septembre 2026. BaromĂštres des courtiers Pretto (environ 3,43 % sur quinze ans, 3,54 % sur vingt ans, 3,61 % sur vingt-cinq ans, hausse moyenne dâenviron 0,11 point sur un mois), Meilleurtaux (environ 3,28 %, 3,40 %, 3,50 %) et CAFPI (niveaux voisins). Hausse gĂ©nĂ©rale des taux Ă la rentrĂ©e 2026, risque Ă©voquĂ© dâun seuil de 4 % sur le crĂ©dit dâici la fin de lâannĂ©e.
Lien avec le marché obligataire. OAT française à dix ans au-dessus de 4,10 % en août 2026, plus haut depuis 2008, renchérissant le coût de refinancement des banques et pesant sur les barÚmes immobiliers (voir édition #179 pour le détail).
Prix de lâimmobilier. Projections 2026 convergentes vers une stabilisation puis une hausse modĂ©rĂ©e des prix, de lâordre de 0,4 Ă 0,7 % au niveau national selon les sources prudentes, avec des progressions localisĂ©es plus fortes dans certaines mĂ©tropoles ; recul de 6 Ă 9 % constatĂ© depuis le pic avant stabilisation (notaires et portails spĂ©cialisĂ©s).
Note de transparence sur les chiffres. Les taux de courtiers citĂ©s sont des moyennes datĂ©es de septembre 2026, dĂ©pendant de la durĂ©e, du dossier, de lâapport, de la banque et de la rĂ©gion ; ce ne sont ni des taux garantis ni une prĂ©vision. Tous les exemples chiffrĂ©s, coĂ»t de 0,10 point, capacitĂ© dâemprunt, seuil de rentabilitĂ© de lâattente, sont des calculs exĂ©cutĂ©s par script, hors assurance et frais annexes sauf mention contraire, sur des hypothĂšses explicitement posĂ©es (bien de 250 000 euros, apport de 25 000 euros, loyer dâattente de 1 000 euros par mois, baisse de taux hypothĂ©tique de 0,20 point). Ils illustrent des mĂ©canismes et des ordres de grandeur, ils ne constituent pas une projection personnalisĂ©e. Les hypothĂšses complĂštes et le script sont disponibles sur simple rĂ©ponse Ă ce mail.






TrĂšs bien. Câest exactement ce qui manque souvent dans les sujets financiers : traduire un pourcentage abstrait en euros, puis en consĂ©quences concrĂštes sur une dĂ©cision. DĂšs quâon comprend ce que le chiffre change rĂ©ellement pour son propre dossier, il devient beaucoup moins intimidant.