Mes newsletters sont souvent longues, je vous invite Ă cliquer sur le bandeau pour lire l'intĂ©gralitĂ© directement sur Internet. De plus, merci de liker ou partager, cela va permettre de dĂ©velopper encore plus Cash Conseils. Petit sondage Ă la fin... N'oublie pas aussi de liker, ça m'aide Ă dĂ©velopper â€ïžâ€ïžâ€ïžâ€ïžDĂ©jĂ 164 Ă©ditions de cette newsletter envoyĂ©e tous les dimanches
Vous aimez son contenu, je vous invite Ă cliquer sur le â„ïž au-dessus, ça mâaidera Ă©normĂ©ment.
On vous a transfĂ©rĂ© la news et vous voulez vous abonner ? đđđ
Tu peux aussi me poser directement une question sur le sujet que tu veuxâŠ
đïž Ding Ding Ding, lâespace des liens
đ¶ Sponsoriser la newsletter : Pour vous adresser Ă ma communautĂ©
đ§âđ» Les rĂ©seaux : Linkedin, Youtube, Tiktok
đ€ Se retrouver : RDV, Newsletter, Youtube, tous les liens y sont
đ€ Rejoindre la communautĂ© : sur Whatsapp
âïž Un coaching personnel : Prendre RDV
đ Ătude de mon patrimoine gratuite (diffusĂ©eâŠ): Je veux que tu Ă©tudies mon patrimoine
Au sommaire cette semaine
đïž Finance Weekly : les cinq faits marquants de la semaine derniĂšre
đ Le tour du monde des marchĂ©s en 4 mois
đ La grande rotation sectorielle â Adieu la tech, bonjour lâĂ©nergie
✠LâĂ©lĂ©phant dans la piĂšce â La crise Iran-Ormuz
đŻ Ce que disent les plus grands gĂ©rants du monde
đ Et maintenant ? Les leçons pour ton portefeuille
Temps de lecture : 8 Ă 10 minutes selon ta vitesse de lecture

đ Vous, mes abonnĂ©s : Nous sommes Ă 14 177 abonnĂ©s. Les abonnements remontent, si vous pouvez partager la newsletter autour de vous, ce serait top.
⥠Linkedin : Suivez mes publications quotidiennes sur Linkedin. Des actualités fortes, du décryptage de tendances, tout y est. Voici pour me suivre
On me demande un peu de perso Ă chaque fois, de life style. Je peux vous dire plusieurs choses :
Plan P sâest terminĂ© il y a deux semaines, pas mal de fatigue mais hate de lancer le prochain event
Bien que je sois le fondateur dâun cabinet en gestion de patrimoine, il est important de souligner que Cash Conseils đž opĂšre indĂ©pendamment de cette entitĂ©. Cette newsletter s'inscrit dans une dĂ©marche entiĂšrement dĂ©diĂ©e Ă la pĂ©dagogie financiĂšre, visant Ă Ă©duquer et Ă inspirer un large public sur les fondamentaux de la gestion financiĂšre personnelle. Cash Conseils đž est conçu pour ĂȘtre une ressource Ă©ducative ouverte Ă tous, sans liens directs avec les services ou les orientations spĂ©cifiques du cabinet. L'objectif est de fournir une plateforme neutre et informative, oĂč chacun peut apprendre Ă naviguer dans l'univers des finances personnelles, en toute indĂ©pendance et sans conflit d'intĂ©rĂȘts.

Solidarité internationale : un recul silencieux
Tu lâas peut-ĂȘtre vu passer dans lâactu : la France rĂ©duit progressivement son aide publique au dĂ©veloppement. On est aujourdâhui autour de 0,48 % du revenu national brut, loin de lâobjectif international de 0,7 %.
DerriĂšre ces pourcentages, ce sont des centaines de millions dâenfants et leurs familles qui voient leur accĂšs Ă lâĂ©ducation, Ă la santĂ© et Ă la nutrition fragilisĂ©. Et le sujet reste, Ă©trangement, peu prĂ©sent dans le dĂ©bat public.
Dans ce contexte, les dons des particuliers deviennent un pilier stratĂ©gique. Ils permettent de compenser une partie du recul des financements publics et dâassurer la continuitĂ© des projets sur le terrain.
Câest exactement le combat de Un Enfant par la Main, qui agit depuis plus de 35 ans pour garantir les droits fondamentaux des enfants dans les zones rurales les plus vulnĂ©rables : Ă©ducation, santĂ©, nutrition, protection.
Soutenir une ONG aujourdâhui, ce nâest plus un « geste en plus ». Câest devenu une vraie composante de lâengagement citoyen.
đ Je soutiens Un Enfant par la Main

Ta trĂ©sorerie mĂ©rite mieux quâun compte Ă terme
Notre banque nous a vendu ce dilemme pendant des annĂ©es : liquiditĂ© ou rendement. Comme sâil fallait forcĂ©ment choisir.
Spiko, fintech française agréée ACPR, vient de franchir le milliard dâeuros dâencours. Sa promesse : faire travailler ta trĂ©sorerie au jour le jour, avec 2,20 % net/an, des retraits instantanĂ©s jusquâĂ 100 000 ⏠(24h/24, 7j/7). Le tout sĂ©curisĂ© par CACEIS Bank (CrĂ©dit Agricole) et BNP Paribas.
IdĂ©al pour ton excĂ©dent de cash, ta trĂ©sorerie dâentreprise ou ton fonds de roulement.
Webinaire exclusif Cash Conseils x Spiko Mardi 12 mai à 18h00 On décortique ensemble les différentes solutions pour placer ta trésorerie, dans quel cas chacune est la plus adaptée et tu pourras nous poser toutes tes questions en direct.


đ Armes US : Washington prĂ©vient lâEurope de âlongs retardsâ de livraison, stocks Ă©puisĂ©s par lâIran : Le Pentagone avertit le Royaume-Uni, la Pologne, les pays baltes et potentiellement lâAsie de retards importants sur les systĂšmes Himars, Nasam et missiles Patriot â la guerre contre lâIran ayant Ă©puisĂ© les stocks amĂ©ricains. LâUkraine est dĂ©jĂ touchĂ©e : Zelensky signale des lanceurs Patriot âvidesâ lors de tirs russes. Lâamiral Paparo estime quâil faudra âjusquâĂ deux ansâ pour reconstituer la production. âLâEurope doit reconstruire son industrie de dĂ©fense Ă une vitesse fulguranteâ, alerte un ex-conseiller Biden. Le Japon et la CorĂ©e du Sud, Ă©galement dĂ©pendants, pourraient se tourner vers des solutions non-amĂ©ricaines.
đŠ Trading T1 : Wall Street engrange 3 fois plus que les banques europĂ©ennes : Les cinq grandes banques de Wall Street (JPMorgan, Goldman, Morgan Stanley, Citi, BofA) affichent +17 % de revenus de trading Ă 43 Mds $, contre seulement +6 % pour leurs rivales europĂ©ennes (UBS, Deutsche, BNP, SocGen, Barclays) Ă 13,5 Mds âŹ. La faute Ă lâabsence des EuropĂ©ens dans le nĂ©goce de matiĂšres premiĂšres â abandonnĂ© aprĂšs 2008 â et Ă la faiblesse du dollar. La SociĂ©tĂ© GĂ©nĂ©rale dĂ©croche (-4 %), plombĂ©e par ses activitĂ©s taux ; seule UBS brille (+31 %, trimestre record). La dĂ©rĂ©glementation bancaire amĂ©ricaine creuse encore lâĂ©cart concurrentiel.
đ° Ares Management lĂšve prĂšs de 20 Mds $ malgrĂ© les turbulences du crĂ©dit privĂ© : Le gĂ©ant du crĂ©dit privĂ© annonce 29,5 Mds $ de capitaux levĂ©s au T1 (dont 19,7 Mds de fonds propres), portant ses actifs sous gestion Ă 644 Mds $. Lâimmobilier (+5 Mds) et les infrastructures (+1,2 Md) compensent le ralentissement des fonds de prĂȘts US, touchĂ©s par les inquiĂ©tudes liĂ©es Ă lâIA et aux sociĂ©tĂ©s de logiciels. MalgrĂ© les demandes de rachat massives des particuliers fortunĂ©s, le CEO Michael Arougheti reste confiant : âLâinvestisseur institutionnel nâest pas inquiet â il voit une opportunitĂ© de tirer profit dâune situation exceptionnellement dĂ©favorable.â
đŽ Japon : Tokyo prĂȘt Ă intervenir sur le yen pendant la âGolden Weekâ : AprĂšs une intervention estimĂ©e Ă +30 Mds $ jeudi (le yen passant de 160,7 Ă 155,5 „/$), le ministĂšre des Finances japonais maintient la pression : âGardez votre smartphone Ă portĂ©e de mainâ, prĂ©vient la ministre Katayama avant la semaine de congĂ©s. La faible liquiditĂ© de la Golden Week amplifie lâefficacitĂ© des interventions. Le Japon craint quâun yen faible nâaggrave le choc Ă©nergĂ©tique liĂ© Ă la guerre en Iran â le pays Ă©tant massivement importateur. La BoJ avertit que lâinflation pourrait âsâĂ©carter considĂ©rablementâ de ses prĂ©visions.
đ CAC 40 : rebond de +0,53 % Ă 8 115 pts avant la pause du 1er mai, BCE et Fed en statu quo : Lâindice parisien Ă©vite une 5e sĂ©ance de baisse, le Brent refluant sous 115 $ aprĂšs avoir touchĂ© 120 $ dans la matinĂ©e. La BCE prĂ©pare un resserrement monĂ©taire cet Ă©tĂ© face Ă une inflation Ă 3 % en zone euro ; la Fed maintient ses taux Ă 3,50-3,75 %. Casino bondit de +18 % (comptes amĂ©liorĂ©s), Soitec +12 % (rachats de shorts), Engie +5 % (dividende + cession nuclĂ©aire belge). En baisse : Stellantis -6 % (retour aux bĂ©nĂ©fices mais prudence), SocGen -3,5 % (trading dĂ©cevant), Technip stable aprĂšs un avertissement liĂ© au Moyen-Orient.

đŻ RĂ©sumĂ© pour les plus pressĂ©s
Le S&P 500 a fait les montagnes russes : -4% en mars, puis +10,5% en avril â et finalement +4,5% YTD. Le CAC 40 a suivi le mĂȘme schĂ©ma avec un record historique Ă 8 642 points, une chute de 13%, et une remontĂ©e Ă 8 115 points.
La grande rotation sectorielle est en cours : lâĂ©nergie explose (+20% YTD), les matĂ©riaux et industriels suivent, pendant que la tech souffre (-4% YTD) et les Magnificent Seven perdent prĂšs de 9%.
La crise Iran-Ormuz a tout chamboulĂ© : le pĂ©trole a flambĂ© au-delĂ de 110/baril,lâČoraatteintdesrecordsĂ 4600/oz, et les banques centrales ont mis leurs baisses de taux en pause.
Les grands gĂ©rants restent constructifs : BlackRock, JPMorgan et Amundi voient encore 10 Ă 25% de hausse potentielle sur les actions, mais recommandent tous la mĂȘme chose â diversification, diversification, diversification.
Les leçons Ă retenir : ne pas timer le marchĂ©, Ă©largir son exposition au-delĂ de la tech US, et surtout â garder son sang-froid quand les gros titres font peur.
Si tu investis en bourse, les quatre premiers mois de 2026 tâont probablement donnĂ© des cheveux blancs. Ou alors, si tu appliques la philosophie lazy investing quâon a vue la semaine derniĂšre, tu nâas mĂȘme pas regardĂ© ton portefeuille â et câest peut-ĂȘtre la meilleure stratĂ©gie quâon puisse adopter dans ce genre de pĂ©riode. Parce que ce dĂ©but dâannĂ©e, câest un condensĂ© de tout ce qui peut arriver sur les marchĂ©s : des records historiques, un conflit gĂ©opolitique majeur, une flambĂ©e du pĂ©trole, une rotation sectorielle brutale, et finalement⊠un retour aux plus hauts. Tout ça en 120 jours.
Je vais te faire une confidence : mĂȘme moi, qui prĂŽne le lazy investing et le ânây touche pasâ, jâai eu un moment de doute dĂ©but mars. Quand tu vois le CAC 40 perdre 13% en quelques sĂ©ances, que les gros titres parlent de guerre, que le pĂ©trole explose, ton cerveau primitif te hurle de vendre. De sauver ce qui peut lâĂȘtre. De te mettre Ă lâabri. Jâai rĂ©sistĂ© â parce que jâai une stratĂ©gie Ă©crite qui me dit de ne rien faire â mais jâai senti lâadrĂ©naline. Et si tu lâas sentie aussi, sache que câest normal. Câest humain. Le tout, câest de ne pas agir dessus.
Quand je regarde le fil dâactualitĂ© financiĂšre des derniĂšres semaines, jâai lâimpression de lire un scĂ©nario de film catastrophe. Le dĂ©troit dâOrmuz bloquĂ©. Le pĂ©trole qui dĂ©passe 110$ le baril. Les indices qui chutent de 10% en quelques sĂ©ances. Lâor qui explose Ă des niveaux jamais vus. Et puis, comme si de rien nâĂ©tait, les marchĂ©s qui repartent Ă la hausse et atteignent de nouveaux sommets. Si tu avais paniquĂ© et vendu dĂ©but mars, tu aurais ratĂ© lâun des plus beaux rallyes de la dĂ©cennie. Si tu avais gardĂ© ton sang-froid, tu es probablement en positif sur lâannĂ©e.
Ce qui me frappe, câest la vitesse Ă laquelle tout sâest passĂ©. Le 26 fĂ©vrier, le CAC 40 atteignait un record historique Ă 8 642 points. Trois semaines plus tard, il avait perdu 13%, tombant sous les 7 500 points. Et un mois aprĂšs, le voilĂ de retour au-dessus de 8 000 points. Câest vertigineux. Câest anxiogĂšne. Et câest exactement pour ça quâil faut avoir une stratĂ©gie claire et sây tenir.
Cette newsletter va dĂ©cortiquer tout ce qui sâest passĂ©. Pas pour faire de la prĂ©diction â personne ne sait ce qui va se passer demain â mais pour comprendre. Comprendre les mĂ©canismes Ă lâĆuvre. Comprendre pourquoi certains secteurs explosent pendant que dâautres sâeffondrent. Comprendre ce que disent les plus grands gestionnaires de fonds du monde. Et surtout, comprendre ce que ça veut dire pour toi, pour ton PEA, pour ton assurance-vie, pour ta stratĂ©gie dâinvestissement Ă long terme.
On va faire le tour du monde : les Ătats-Unis, lâEurope, la France, les marchĂ©s Ă©mergents, le Japon. On va regarder les chiffres, citer les sources (tu trouveras toutes les rĂ©fĂ©rences Ă la fin), et te donner les clĂ©s pour naviguer dans cet environnement. Parce que si 2026 nous apprend une chose, câest que les certitudes nâexistent pas en bourse â mais que les principes fondamentaux, eux, fonctionnent toujours.
Attache ta ceinture, câest parti pour le bilan.
đ Le tour du monde des marchĂ©s en 4 mois
đșđž Ătats-Unis : le grand huit Ă©motionnel
Le S&P 500, lâindice phare amĂ©ricain, rĂ©sume parfaitement lâambiance de ce dĂ©but dâannĂ©e. Au 1er avril, il affichait une performance de -4% depuis le 1er janvier. Quatre mois de baisse, aprĂšs une annĂ©e 2025 qui avait dĂ©jĂ dĂ©livrĂ© +18% de rendement total. Les investisseurs commençaient Ă sâinquiĂ©ter. Les gros titres parlaient de correction, de fin de cycle, de bulle tech qui Ă©clate.
Et puis, retournement spectaculaire. En avril, le S&P 500 a signĂ© une performance de +10,5% sur le seul mois, selon JPMorgan Asset Management. Au 30 avril, lâindice clĂŽturait Ă 7 209 points selon la Fed de Saint-Louis, en hausse dâenviron 4,5% sur lâannĂ©e. Comme si la correction de mars nâavait jamais existĂ©. Les analystes de S&P Global rapportent que 84% des entreprises du S&P 500 qui ont publiĂ© leurs rĂ©sultats au T1 2026 ont battu les attentes â bien au-dessus de la moyenne historique de 73%. La croissance des bĂ©nĂ©fices par action est estimĂ©e Ă +13,2% sur un an, ce qui marquerait le sixiĂšme trimestre consĂ©cutif de croissance Ă deux chiffres.
Le Nasdaq, lâindice technologique, affiche une performance YTD dâenviron +5,5% malgrĂ© les difficultĂ©s du secteur tech. Le Dow Jones, plus dĂ©fensif, progresse de +3,4%. Et le Russell 2000, lâindice des petites capitalisations amĂ©ricaines, fait encore mieux avec +12,3% â un signe que la hausse se dĂ©mocratise au-delĂ des mega-caps.
đȘđș Europe : le rĂ©veil de la Belle au Bois Dormant
LâEurope, souvent considĂ©rĂ©e comme le parent pauvre des marchĂ©s actions, a plutĂŽt bien rĂ©sistĂ©. LâEuro Stoxx 50, lâindice des 50 plus grandes entreprises de la zone euro, affiche une progression dâenviron +5,5% Ă +6% sur les quatre premiers mois, selon Trading Economics et Goldman Sachs Asset Management. Le STOXX Europe 600, plus large, progresse de +7,7% YTD.
Ce qui est remarquable, câest la rĂ©silience europĂ©enne face au choc pĂ©trolier. Certes, lâinflation en zone euro a remontĂ© Ă 2,5% en mars puis 3% en avril â son plus haut niveau depuis prĂšs de deux ans â sous lâeffet de la hausse des prix de lâĂ©nergie, selon Amundi. Mais les entreprises europĂ©ennes ont montrĂ© une capacitĂ© dâadaptation impressionnante. Comme le souligne un analyste citĂ© par CafĂ© de la Bourse, âles fondamentaux Ă©conomiques finissent toujours par lâemporter sur les craintes passagĂšres.â
LâEurope bĂ©nĂ©ficie aussi de valorisations plus attractives que les Ătats-Unis. Selon JPMorgan Asset Management, le marchĂ© europĂ©en se traite avec une dĂ©cote significative par rapport aux actions amĂ©ricaines, ce qui offre une marge de progression apprĂ©ciable. AXA Investment Managers note dâailleurs que les actions europĂ©ennes ont dĂ©livrĂ© environ 25% de rendement en 2025 en dollars, surperformant les principaux indices mondiaux.
đ«đ· France : du record historique Ă la douche froide, puis au rebond
Le CAC 40 a vĂ©cu une annĂ©e particuliĂšrement mouvementĂ©e. Le 26 fĂ©vrier 2026, lâindice parisien a inscrit un nouveau record historique Ă 8 642 points, selon CafĂ© de la Bourse. Entre le 21 janvier et le 26 fĂ©vrier, le CAC 40 avait progressĂ© de +7,7%, portĂ© par un contexte favorable.
Et puis, le conflit Iran-Ormuz a tout changĂ©. En quelques sĂ©ances, lâindice a chutĂ© de 13%, tombant sous les 7 500 points. Câest le genre de correction qui fait mal â surtout quand on regarde son PEA tous les jours (ce quâil ne faut pas faire, rappelons-le). Le 1er avril, le CAC 40 repassait au-dessus des 8 000 points pour la premiĂšre fois depuis le 18 mars, avec 38 valeurs sur 40 en territoire positif.
Au 30 avril, lâindice clĂŽturait Ă 8 115 points, en hausse de +0,53% sur la sĂ©ance et dâenviron +3,8% sur le mois dâavril selon Investing.com. Sur lâannĂ©e, la performance YTD tourne autour de +3,5% Ă +4%. Câest moins bien que lâEurope dans son ensemble, mais câest positif â et surtout, câest un retour spectaculaire aprĂšs la correction de mars.
Les secteurs qui ont tirĂ© le CAC 40 vers le haut ? Le luxe (LVMH +0,7%, HermĂšs +1%), les industriels (Safran et Thales +1,6%), et lâĂ©nergie (TotalEnergies +1,3%). En revanche, Stellantis a chutĂ© de 6,4% aprĂšs des revenus dĂ©cevants, et les bancaires ont souffert (CrĂ©dit Agricole -5%, BNP Paribas -2,6%, SociĂ©tĂ© GĂ©nĂ©rale -4%).
đ MarchĂ©s Ă©mergents : les grands gagnants de 2026
Surprise de ce dĂ©but dâannĂ©e : les marchĂ©s Ă©mergents sont les champions incontestĂ©s. Selon JPMorgan Asset Management, le MSCI Emerging Markets affiche une performance de +14,7% en avril, et le MSCI Asia ex-Japan fait encore mieux avec +16,3%. Sur lâannĂ©e, les Ă©mergents progressent dâenviron +14% YTD selon Goldman Sachs Asset Management.
Les gains sont concentrĂ©s sur Taiwan et la CorĂ©e du Sud, oĂč se trouve la chaĂźne dâapprovisionnement des semi-conducteurs pour lâIA. Pour les investisseurs qui avaient rĂ©duit leur exposition Ă ces marchĂ©s pendant les turbulences gĂ©opolitiques de fĂ©vrier-mars, avril a reprĂ©sentĂ© un retournement brutal â lâindice MSCI EM Asia a rĂ©cupĂ©rĂ© toutes ses pertes liĂ©es Ă la guerre, et mĂȘme davantage.
BlackRock note dans son commentaire dâavril 2026 que âles actions des marchĂ©s Ă©mergents ont surperformĂ© les marchĂ©s dĂ©veloppĂ©s depuis le dĂ©but de lâannĂ©e.â Le gestionnaire recommande une approche sĂ©lective, en privilĂ©giant les exportateurs de matiĂšres premiĂšres et les bĂ©nĂ©ficiaires de la rĂ©volution IA.
Pourquoi cette surperformance des Ă©mergents ? Plusieurs facteurs se combinent. Dâabord, la faiblesse relative du dollar depuis le dĂ©but de lâannĂ©e a allĂ©gĂ© la pression sur les devises Ă©mergentes et rĂ©duit le coĂ»t du service de la dette en dollars. Ensuite, les perspectives de croissance restent supĂ©rieures Ă celles des marchĂ©s dĂ©veloppĂ©s â lâInde notamment affiche une croissance du PIB proche de 7%, la Chine montre des signes de reprise de la consommation. Enfin, les valorisations des marchĂ©s Ă©mergents restent significativement infĂ©rieures Ă celles des marchĂ©s dĂ©veloppĂ©s, avec un PER moyen autour de 12 contre 21 pour le S&P 500.
LâInde mĂ©rite une mention particuliĂšre. MalgrĂ© une correction de lâindice Nifty 50 de -6,6% sur un an selon certaines sources, le marchĂ© indien reste lâun des favoris des gĂ©rants pour 2026. BlackRock identifie lâInde comme âune surpondĂ©ration stratĂ©giqueâ grĂące Ă ses opportunitĂ©s de croissance structurelle au-delĂ des thĂšmes comme lâIA. La dĂ©mographie favorable, la digitalisation rapide et les rĂ©formes Ă©conomiques en font un marchĂ© Ă surveiller de prĂšs.
đŻđ” Japon : le comeback qui se confirme
Le Nikkei 225 a connu des montagnes russes encore plus prononcĂ©es que les marchĂ©s occidentaux. Selon Trading Economics, lâindice japonais affiche une performance YTD dâenviron +7,5% malgrĂ© une volatilitĂ© extrĂȘme. Le 4 mars, le Kospi corĂ©en a chutĂ© de 12% en une seule sĂ©ance â sa pire performance historique â et le Nikkei a perdu plus de 11% sur le mois, les investisseurs craignant une rĂ©action de la Banque du Japon.
Mais le Japon reste un marchĂ© attractif pour plusieurs raisons. Dâabord, la rĂ©forme de la gouvernance dâentreprise initiĂ©e il y a quelques annĂ©es commence Ă porter ses fruits â les entreprises japonaises augmentent leurs dividendes et leurs rachats dâactions. Ensuite, le yen faible booste les bĂ©nĂ©fices des exportateurs. Enfin, le Japon est relativement isolĂ© des tensions Iran-Ormuz par rapport Ă lâEurope, ce qui en fait une alternative intĂ©ressante pour diversifier son exposition aux marchĂ©s dĂ©veloppĂ©s.
JPMorgan Asset Management note que la Banque du Japon devrait continuer à relever ses taux dans un environnement de croissance mondiale stable, ce qui pourrait stabiliser le yen et réduire la volatilité du marché japonais.
đ La grande rotation sectorielle â Adieu la tech, bonjour lâĂ©nergie
Le renversement historique
Si tu avais investi uniquement dans la tech ces trois derniĂšres annĂ©es, tu as probablement trĂšs bien vĂ©cu. Mais 2026 marque un tournant. Selon Morningstar, lâĂ©nergie est le secteur le plus performant depuis le dĂ©but de lâannĂ©e avec +19,9% YTD, tandis que la technologie est le secteur le moins performant avec -4,4% YTD. LâĂ©cart entre les deux atteint dĂ©jĂ 24,3 points de pourcentage â un niveau de dispersion inhabituel aussi tĂŽt dans lâannĂ©e.
The Motley Fool rapporte des chiffres encore plus impressionnants mi-fĂ©vrier : lâETF Energy Select Sector SPDR affichait +21,5% YTD, lâETF Materials Select Sector SPDR +17,6%, et lâETF Industrial Select Sector SPDR +12,3%. Pendant ce temps, lâETF Technology Select Sector SPDR perdait 3%.
Et les fameux Magnificent Seven â Apple, Microsoft, Alphabet, Amazon, Nvidia, Meta, Tesla â ces stars de la bourse qui ont tirĂ© les indices vers le haut pendant des annĂ©es ? Ils affichent une performance collective de -8,8% YTD selon le Roundhill Magnificent Seven ETF.
Pour mettre les choses en perspective, rappelons que ces sept valeurs reprĂ©sentent environ 35% de la capitalisation du S&P 500 selon S&P Global. Quand elles baissent, elles tirent lâindice vers le bas de maniĂšre disproportionnĂ©e. Câest exactement ce qui sâest passĂ© au T1 2026 : selon Morningstar, sur les 4,2% de baisse du marchĂ© amĂ©ricain au premier trimestre, 70% provenaient du seul secteur technologique. Microsoft, Ă lui seul, a contribuĂ© Ă 30% de la baisse de lâindice â plus que le double de Nvidia.
Pourquoi cette rotation ?
Plusieurs facteurs expliquent ce retournement spectaculaire. Dâabord, la fatigue de lâIA. AprĂšs des annĂ©es Ă investir massivement dans les hyperscalers et les valeurs liĂ©es Ă lâintelligence artificielle, les investisseurs semblent avoir pris du recul. Comme le note Morningstar, âil y a une prise de conscience que le rallye unidirectionnel de lâIA ne peut pas continuer indĂ©finiment.â
Cette fatigue sâexplique aussi par des questions lĂ©gitimes sur le retour sur investissement de lâIA. Les dĂ©penses dâinvestissement (capex) des hyperscalers explosent â BlackRock rapporte une hausse de 25% des estimations de capex depuis octobre dernier â mais les revenus gĂ©nĂ©rĂ©s par lâIA restent incertains. Comme le note BlackRock dans ses perspectives 2026 : âLe dĂ©fi pour les investisseurs est de rĂ©concilier les plans massifs de dĂ©penses dâinvestissement avec les revenus potentiels de lâIA. Leurs ordres de grandeur vont-ils correspondre ?â
Ensuite, la crise gĂ©opolitique a propulsĂ© les valeurs Ă©nergĂ©tiques. Depuis le blocage du dĂ©troit dâOrmuz, le pĂ©trole a flambĂ© â dĂ©passant les 110/barilenavril,avecdespicsĂ 126 selon certaines sources. Les majors pĂ©troliĂšres comme ExxonMobil et Chevron ont vu leurs cours sâenvoler de plus de 40% au T1 selon Morningstar. TotalEnergies, le champion français de lâĂ©nergie, a Ă©galement bien performĂ© malgrĂ© la volatilitĂ©.
Enfin, les matĂ©riaux et industriels bĂ©nĂ©ficient de la demande liĂ©e Ă lâinfrastructure IA. Comme le rĂ©sume The Motley Fool, âpeu importe qui gagne la course Ă lâIA, ils auront besoin de lâĂ©quipement â et en particulier de lâinfrastructure Ă©nergĂ©tique â que ces entreprises industrielles fabriquent.â Les data centers consomment des quantitĂ©s colossales dâĂ©lectricitĂ©, ce qui profite aux utilities et aux Ă©quipementiers. Caterpillar et Deere, les gĂ©ants des Ă©quipements de construction et agricoles, ont vu leurs cours grimper de plus de 10% depuis le dĂ©but de lâannĂ©e.
Les gagnants et les perdants en détail
Secteurs gagnants : - Ănergie : +20% YTD (ExxonMobil, Chevron, ConocoPhillips, TotalEnergies). Le blocage dâOrmuz a fait exploser les cours du pĂ©trole, et mĂȘme si une rĂ©solution du conflit ferait baisser les prix, les majors pĂ©troliĂšres ont profitĂ© de la situation pour gĂ©nĂ©rer des cash-flows records. Chevron a annoncĂ© une 39Ăšme annĂ©e consĂ©cutive de hausse de son dividende en 2026. - MatĂ©riaux : +17% YTD (mĂ©taux, mines, matĂ©riaux de construction). La demande de cuivre, dâaluminium et dâautres mĂ©taux industriels reste soutenue par lâĂ©lectrification et la construction de data centers. Les sociĂ©tĂ©s miniĂšres comme Freeport-McMoRan et Rio Tinto bĂ©nĂ©ficient de cette tendance. - Industriels : +12% YTD (Caterpillar, Deere, Ă©quipements dâinfrastructure). Les dĂ©penses dâinfrastructure aux Ătats-Unis (Inflation Reduction Act, CHIPS Act) et en Europe (rĂ©armement, autonomie stratĂ©gique) soutiennent la demande. Airbus a progressĂ© de 5% le 29 avril malgrĂ© des rĂ©sultats T1 dĂ©cevants, rassurĂ© par le maintien des objectifs annuels. - Utilities : profil dĂ©fensif recherchĂ© en pĂ©riode dâincertitude. Les utilities bĂ©nĂ©ficient aussi de la demande dâĂ©lectricitĂ© des data centers â un thĂšme de long terme.
Secteurs perdants : - Technologie : -4% YTD. Microsoft a chutĂ© de 23% au T1 â son pire trimestre depuis 2022. Les inquiĂ©tudes portent sur la disruption potentielle des logiciels traditionnels par lâIA (le âDiSaaSterâ comme lâappellent certains analystes), et sur le retour sur investissement incertain des dĂ©penses IA massives. - Services de communication : Alphabet et Meta en baisse de 8-13%. Ces gĂ©ants de la publicitĂ© sont vulnĂ©rables en pĂ©riode de ralentissement Ă©conomique, et leurs investissements colossaux dans lâIA suscitent des interrogations. - Consommation cyclique : Amazon -10%, Tesla -17%. La consommation discrĂ©tionnaire souffre de lâincertitude Ă©conomique et de lâinflation Ă©nergĂ©tique qui pĂšse sur le pouvoir dâachat. - Services financiers : Visa -14%, JPMorgan -8%. Les banques sont exposĂ©es au risque de rĂ©cession et Ă la hausse des taux qui pĂšse sur la demande de crĂ©dit.
Selon Morningstar, sur les 4,2% de baisse du marchĂ© amĂ©ricain au T1, 70% provenaient du seul secteur technologique. Microsoft, avec sa capitalisation de 2 700 milliards de dollars, a contribuĂ© Ă lui seul Ă 30% de la baisse de lâindice.
Les small caps font leur retour
Un autre signe de rotation : la surperformance des petites capitalisations. Selon Morningstar, les small caps amĂ©ricaines ont gagnĂ© +5,57% depuis le dĂ©but de lâannĂ©e, contre seulement +0,56% pour les large caps. Lâindice Morningstar US Mid Value a progressĂ© de +5,2% au T1, tirĂ© par les valeurs Ă©nergĂ©tiques comme Valero Energy et EOG Resources.
Michael Arone, stratĂ©giste en chef chez State Street, confirme : âNous voyons dĂ©finitivement une rotation, et elle a pris de lâĂ©lan depuis la fin de lâannĂ©e derniĂšre. LâĂ©cart entre la croissance des bĂ©nĂ©fices de la tech et le reste du marchĂ© se resserre. Et Ă mesure quâil se resserre, ce rallye sâĂ©largit â ce qui est un signe sain selon moi.â
Cette rotation vers les small caps et la value est un signal important. Historiquement, les phases de domination des mega-caps growth finissent par sâinverser, et les valorisations excessives finissent par se normaliser. Sommes-nous au dĂ©but dâun nouveau cycle ? Personne ne peut le dire avec certitude, mais les signes sont lĂ .
đ° Et les obligations dans tout ça ?
On parle beaucoup des actions, mais les obligations ont aussi vĂ©cu un trimestre mouvementĂ©. Selon Amundi, âen mars, les marchĂ©s obligataires ont connu de fortes turbulences, marquĂ©es par une pression vendeuse de forte ampleur sur les obligations souveraines et dâentreprises, inĂ©dite depuis 2022.â
Le choc sur les taux
Le blocage du dĂ©troit dâOrmuz et la flambĂ©e du pĂ©trole ont profondĂ©ment modifiĂ© les anticipations de taux. Avant le conflit, les investisseurs anticipaient au moins deux baisses de taux de la Fed en 2026. AprĂšs ? Un maintien des Fed Funds et deux Ă trois hausses potentielles de la BCE selon Amundi.
Cette rĂ©vision sâest reflĂ©tĂ©e dans les taux courts : le Bund allemand Ă 2 ans a progressĂ© de 62 points de base pour atteindre 2,62%, et les Treasury Bills amĂ©ricains Ă 2 ans ont gagnĂ© 42 points de base pour atteindre 3,79%. Les taux longs ont moins bougĂ©, reflĂ©tant Ă la fois la hausse de lâinflation et la possibilitĂ© dâune rĂ©cession.
ConcrĂštement, si tu dĂ©tiens des obligations en direct ou des fonds obligataires, tu as probablement vu leur valeur baisser en mars â les prix des obligations Ă©voluent en sens inverse des taux. Câest lâun des inconvĂ©nients des obligations en pĂ©riode de hausse des taux.
Les obligations ne sont plus le refuge quâelles Ă©taient
BlackRock fait une observation importante dans ses perspectives Q2 2026 : âLes obligations offrent peu de refuge post-pandĂ©mie.â La corrĂ©lation entre actions et obligations a augmentĂ© depuis la pandĂ©mie, ce qui rĂ©duit les bĂ©nĂ©fices de diversification traditionnels.
Autrement dit, dans les Ă©pisodes de stress comme celui de mars 2026, les actions et les obligations ont tendance Ă baisser ensemble â alors quâhistoriquement, les obligations montaient quand les actions baissaient, jouant leur rĂŽle de âcoussinâ. Cette Ă©volution structurelle remet en question lâallocation traditionnelle 60/40 (60% actions, 40% obligations).
JPMorgan Asset Management prĂ©voit nĂ©anmoins un rendement annuel de 6,4% pour un portefeuille 60/40 sur les 10-15 prochaines annĂ©es â un niveau jugĂ© âattractifâ malgrĂ© les dĂ©fis. Pour ceux qui ajoutent des alternatives (private equity, infrastructure, crĂ©dit privĂ©), le rendement projetĂ© monte Ă 6,9%.
Que faire de ses obligations ?
Les gĂ©rants convergent sur quelques recommandations : - RĂ©duire la duration : privilĂ©gier les obligations courtes moins sensibles aux variations de taux - Favoriser le crĂ©dit investment grade : les obligations dâentreprises de bonne qualitĂ© offrent un surcroĂźt de rendement - Explorer le crĂ©dit europĂ©en : selon Amundi, moins sensible Ă lâIA que le crĂ©dit amĂ©ricain - IntĂ©grer des obligations indexĂ©es sur lâinflation (OATi en France, TIPS aux Ătats-Unis) : protection contre lâinflation Ă©nergĂ©tique
Pour un investisseur particulier, cela peut se traduire par une allocation vers des fonds monétaires (rendement autour de 3-4% avec peu de risque) et des fonds obligataires courts ou datés, plutÎt que des fonds obligataires long terme.
✠LâĂ©lĂ©phant dans la piĂšce â La crise Iran-Ormuz
Ce qui sâest passĂ©
Impossible de comprendre les marchĂ©s de 2026 sans parler du conflit au Moyen-Orient. Le dĂ©troit dâOrmuz, par lequel transitent environ 20% du pĂ©trole mondial et une part significative du GNL, a Ă©tĂ© sĂ©vĂšrement perturbĂ© par les tensions entre les Ătats-Unis et lâIran. Câest ce que BlackRock qualifie de âplus grande perturbation de lâapprovisionnement pĂ©trolier de lâhistoire.â
Le pĂ©trole Brent a flambĂ© au-delĂ de 110/baril**enavril,avecdespicsĂ 126 selon certains rapports. Au 1er avril, il se nĂ©gociait autour de 102,90$ selon BDOR. Lâor** a atteint des records Ă 4 600$/oz â les investisseurs se sont ruĂ©s vers les valeurs refuges. Le dollar sâest renforcĂ©, pĂ©nalisant les marchĂ©s Ă©mergents qui ont une dette importante en dollars.
Les consĂ©quences ont Ă©tĂ© immĂ©diates et multiformes. Lâinflation en zone euro est remontĂ©e Ă 2,5% en mars puis 3% en avril â son plus haut niveau depuis prĂšs de deux ans. Lâinflation au Royaume-Uni a grimpĂ© Ă 3,3%, poussant la Bank of England Ă envisager de nouvelles hausses de taux. Aux Ătats-Unis, lâindice PCE (la mesure dâinflation prĂ©fĂ©rĂ©e de la Fed) reste au-dessus de lâobjectif de 2%.
Les anticipations de baisses de taux de la Fed se sont Ă©vaporĂ©es â on est passĂ© dâau moins deux baisses prĂ©vues en 2026 Ă un maintien des taux voire des hausses potentielles pour la BCE. BlackRock illustre ce revirement dans son Investment Outlook : avant le conflit, les marchĂ©s âpricaientâ au moins deux baisses de 25 points de base de la Fed en 2026. AprĂšs ? ZĂ©ro.
Lâimpact diffĂ©renciĂ© selon les rĂ©gions
Tous les pays ne sont pas Ă©gaux face au choc pĂ©trolier. BlackRock a analysĂ© lâexposition des diffĂ©rentes Ă©conomies au dĂ©troit dâOrmuz, en croisant la part des importations de pĂ©trole et de GNL qui transitent par le dĂ©troit avec la dĂ©pendance Ă©nergĂ©tique globale.
Les pays les plus exposĂ©s ? Le Japon, la CorĂ©e du Sud et lâInde â trĂšs dĂ©pendants des importations dâhydrocarbures via Ormuz. LâEurope est Ă©galement vulnĂ©rable, notamment pour le GNL. Les Ătats-Unis, en revanche, sont largement autosuffisants en Ă©nergie grĂące au boom du schiste â ce qui explique en partie la rĂ©silience relative de lâĂ©conomie amĂ©ricaine.
Cette diffĂ©rence dâexposition explique pourquoi les marchĂ©s asiatiques ont Ă©tĂ© âparticuliĂšrement touchĂ©sâ selon Amundi : lâindice Kospi corĂ©en a enregistrĂ© une chute record de 12% en une seule journĂ©e le 4 mars, et a perdu prĂšs de 20% depuis le dĂ©but de la guerre avant de rebondir. Le Nikkei japonais a chutĂ© de plus de 11% sur le mois.
La résilience surprenante des marchés
Mais voici le paradoxe : malgrĂ© tout ce chaos, les marchĂ©s ont tenu. Mieux, ils ont rebondi. Comme le note JPMorgan Asset Management dans sa revue dâavril 2026, âavril a Ă©tĂ© un mois qui a dĂ©fiĂ© les gros titres. Le stress gĂ©opolitique est restĂ© aigu, le dĂ©troit dâOrmuz est restĂ© sĂ©vĂšrement restreint, et le pĂ©trole a dĂ©passĂ© 110$ le baril. Pourtant, un optimisme renouvelĂ© autour dâune rĂ©solution potentielle du conflit, combinĂ© Ă un contexte de rĂ©sultats globalement positif, a propulsĂ© les marchĂ©s vers de nouveaux sommets.â
Pourquoi cette résilience ? Plusieurs explications convergent.
Dâabord, les entreprises amĂ©ricaines restent trĂšs rentables. La croissance des bĂ©nĂ©fices Ă deux chiffres (+13% au T1) rassure les investisseurs. Les marges restent Ă©levĂ©es malgrĂ© lâinflation, grĂące au pouvoir de fixation des prix des grandes entreprises et aux gains de productivitĂ© liĂ©s Ă lâIA.
Ensuite, lâĂ©conomie amĂ©ricaine montre une soliditĂ© remarquable malgrĂ© les chocs externes. LâISM Manufacturier reste en zone dâexpansion (52,7 en mars), lâISM Services progresse (56,1 en fĂ©vrier), et la consommation tient bon. LâOCDE anticipe une croissance de 2% aux Ătats-Unis en 2026, un ralentissement par rapport Ă 2025 mais pas une rĂ©cession.
Enfin, les investisseurs ont appris Ă vivre avec lâincertitude gĂ©opolitique. Depuis 2022 (guerre en Ukraine) et mĂȘme avant (tensions commerciales US-Chine, pandĂ©mie), les marchĂ©s ont montrĂ© une capacitĂ© Ă regarder au-delĂ des gros titres anxiogĂšnes pour se concentrer sur les fondamentaux.
BlackRock rĂ©sume bien la situation dans son Investment Directions de printemps 2026 : âCe nâest pas parce que le temps sâamĂ©liore que le monde est moins compliquĂ©. Le dĂ©but de cette annĂ©e a vu la plus grande perturbation de lâapprovisionnement pĂ©trolier de lâhistoire. Mais nous voyons aussi des opportunitĂ©s : dans la rĂ©silience de lâĂ©conomie amĂ©ricaine, la force continue des bĂ©nĂ©fices des entreprises, et la croissance implacable de lâIA.â
Et si le conflit sâaggrave ? Ou se rĂ©sout ?
Câest la question Ă plusieurs milliards de dollars. Les scĂ©narios sont diamĂ©tralement opposĂ©s.
ScĂ©nario optimiste : Le conflit se rĂ©sout rapidement, le dĂ©troit dâOrmuz rouvre, le pĂ©trole retombe vers 70-80$ le baril. Dans ce cas, lâinflation reflue, les banques centrales peuvent reprendre leurs baisses de taux, et les marchĂ©s continuent leur hausse. Les valeurs Ă©nergĂ©tiques corrigeraient, mais les autres secteurs en profiteraient.
ScĂ©nario pessimiste : Le conflit sâenlise ou sâaggrave, le dĂ©troit reste fermĂ© des mois voire des annĂ©es. Le pĂ©trole sâinstalle durablement au-dessus de 100$ voire 150$. Lâinflation sâenracine, les banques centrales durcissent leur politique, et une rĂ©cession devient probable. Les marchĂ©s actions corrigeraient significativement.
Le scĂ©nario central (celui des gĂ©rants) : le conflit reste contenu, avec des pics de tensions et des accalmies. Le pĂ©trole reste Ă©levĂ© mais pas catastrophique. LâĂ©conomie ralentit sans entrer en rĂ©cession. Les marchĂ©s restent volatils mais globalement orientĂ©s Ă la hausse grĂące aux bĂ©nĂ©fices des entreprises.
Dans tous les cas, JPMorgan Asset Management conclut : âlâargumentaire pour un portefeuille bien diversifiĂ© avec une exposition Ă travers les classes dâactifs, les gĂ©ographies et les thĂšmes reste aussi vital que jamais.â
đŻ Ce que disent les plus grands gĂ©rants du monde
BlackRock : âRestez pro-risque, mais soyez tactiquesâ
BlackRock, le plus grand gestionnaire dâactifs au monde (plus de 10 000 milliards de dollars sous gestion), maintient une position constructive sur les actions dans ses perspectives Q2 2026. Le message clĂ© : rester exposĂ© au risque, mais de maniĂšre ciblĂ©e.
Jean Boivin, directeur du BlackRock Investment Institute, explique que lâIA reste âla force structurelle dominanteâ qui influence la croissance, les bĂ©nĂ©fices et lâallocation de capital sur les marchĂ©s. Les dĂ©penses dâinvestissement des hyperscalers (Amazon, Google, Meta, Microsoft, etc.) ont augmentĂ© de 25% par rapport aux estimations dâoctobre dernier â un signe que le thĂšme IA continue dâaccĂ©lĂ©rer malgrĂ© les turbulences.
Recommandations clĂ©s de BlackRock : - SurpondĂ©rer les actions amĂ©ricaines, portĂ©es par le leadership technologique et les marges rĂ©silientes - Favoriser les bĂ©nĂ©ficiaires de lâIA â tout en gardant une approche tactique - Sous-pondĂ©rer les obligations dâĂtat Ă long terme (Treasuries amĂ©ricaines) - Explorer les marchĂ©s privĂ©s (crĂ©dit privĂ©, infrastructure, private equity) - Rester sĂ©lectif sur les marchĂ©s Ă©mergents, en privilĂ©giant les exportateurs de commoditĂ©s et les acteurs de la chaĂźne IA
BlackRock met aussi en garde contre le âmirage de la diversificationâ : dans un marchĂ© dominĂ© par quelques mĂ©ga-forces, certaines stratĂ©gies qui semblent diversifiĂ©es sont en rĂ©alitĂ© des paris concentrĂ©s. âLes investisseurs devraient se concentrer moins sur la dispersion indiscriminĂ©e du risque et davantage sur sa possession dĂ©libĂ©rĂ©e.â
Amundi : âLa diversification reste la dĂ©fense la plus efficaceâ
Amundi, le plus grand gestionnaire dâactifs europĂ©en (plus de 2 000 milliards dâeuros sous gestion), adopte une position âlĂ©gĂšrement pro-risqueâ pour 2026 tout en appelant Ă la prudence.
Vincent Mortier, directeur des gestions du groupe Amundi, dĂ©clare : âLa diversification reste la dĂ©fense la plus efficace dans un monde caractĂ©risĂ© par la concentration des marchĂ©s actions et des valorisations Ă©levĂ©es. Afin dâattĂ©nuer les risques et de saisir les opportunitĂ©s qui se prĂ©sentent, notamment sur les marchĂ©s Ă©mergents et les actifs europĂ©ens, un rééquilibrage des portefeuilles est nĂ©cessaire.â
Dans ses perspectives dâavril 2026, Amundi note que âle conflit au Moyen-Orient entre dans son deuxiĂšme mois, les prix Ă©levĂ©s de lâĂ©nergie se rĂ©percutent sur les marchĂ©s mondiaux. La durĂ©e pendant laquelle ces prix resteront Ă©levĂ©s dĂ©terminera lâampleur des effets de second tour de lâinflation.â
Recommandations clĂ©s dâAmundi : - Adopter une approche dynamique sur le marchĂ© obligataire - Penser global pour les investissements en actions â ne pas se concentrer sur un seul marchĂ© - PrivilĂ©gier le crĂ©dit europĂ©en, moins sensible Ă lâIA que le crĂ©dit amĂ©ricain - Renforcer lâexposition aux obligations indexĂ©es Ă lâinflation - Explorer les marchĂ©s privĂ©s (crĂ©dit privĂ©, infrastructures) pour les investisseurs qualifiĂ©s - Utiliser des couvertures variĂ©es : or, yen japonais, euro
Amundi identifie les principaux moteurs des marchĂ©s en 2026 : les dĂ©penses dâinvestissement liĂ©es Ă lâIA, la rĂ©orientation politique vers la dĂ©fense et les infrastructures (autonomie stratĂ©gique europĂ©enne), et la dynamique de liquiditĂ©s. Les risques Ă surveiller : lâinflation, la politique monĂ©taire, la liquiditĂ© et la trajectoire du dollar.
JPMorgan Asset Management : â10 Ă 25% de hausse potentielle sur les actionsâ
JPMorgan Asset Management, lâun des plus grands gestionnaires mondiaux, affiche une vision constructive pour 2026. Mislav Matejka, leur analyste senior, dĂ©clare : âNous voyons des perspectives constructives sur la plupart des marchĂ©s, avec les actions dĂ©veloppĂ©es et Ă©mergentes qui devraient battre les autres actifs, en particulier le cash et les obligations, avec un potentiel de hausse de 10 Ă 25%.â
Dans sa revue dâavril 2026, JPMorgan note que âles marchĂ©s actions mondiaux ont organisĂ© un puissant rallye risk-on, portĂ© par une rotation dĂ©cisive vers les actions liĂ©es Ă lâintelligence artificielle.â MalgrĂ© les tensions gĂ©opolitiques, lâoptimisme autour dâune rĂ©solution potentielle du conflit et les bons rĂ©sultats des entreprises ont propulsĂ© les marchĂ©s vers de nouveaux sommets.
Recommandations clĂ©s de JPMorgan AM : - Favoriser les actions sur les obligations et le cash - Diversification et gĂ©nĂ©ration de revenus comme principes fondamentaux - Surveiller la concentration : les rendements dĂ©pendent de plus en plus dâun petit nombre dâactions liĂ©es Ă lâIA - LâEurope offre une exposition plus diversifiĂ©e que les Ătats-Unis, avec moins de dĂ©pendance aux mega-caps tech - Discipline dans la construction de portefeuille â âla discipline sera le diffĂ©renciateur clĂ© en 2026â
Dr. David Kelly, Chief Global Strategist de JPMorgan AM, tempĂšre : âPour les investisseurs, tout cela peut sembler ennuyeux et familier : croissance modĂ©rĂ©e, inflation en baisse, chĂŽmage stable et gains de profits solides. Sauf chocs, cela pourrait soutenir le rallye de 2025 jusquâen 2026 et au-delĂ .â
Le consensus des gérants : trois messages clés
En synthétisant les vues de BlackRock, Amundi et JPMorgan, trois messages émergent :
1. Restez investis, mais soyez sĂ©lectifs. Les trois gĂ©rants maintiennent une position pro-risque sur les actions, mais tous insistent sur la sĂ©lectivitĂ©. LâĂšre de lâachat aveugle dâETF S&P 500 touche peut-ĂȘtre Ă ses limites â la concentration sur quelques mĂ©ga-caps tech crĂ©e des risques.
2. Diversifiez gĂ©ographiquement. LâEurope et les marchĂ©s Ă©mergents offrent des valorisations plus attractives et un potentiel de rattrapage. Ne mettez pas tous vos Ćufs dans le panier amĂ©ricain.
3. PrĂ©parez-vous Ă la volatilitĂ©. Le conflit Iran-Ormuz peut sâaggraver ou se rĂ©soudre â personne ne sait. Les gĂ©rants recommandent des couvertures (or, devises refuges) et une approche tactique capable de sâadapter rapidement.
đ Et maintenant ? Les leçons pour ton portefeuille
Les quatre premiers mois de 2026 ont Ă©tĂ© riches en enseignements. Voici les leçons concrĂštes que tu peux en tirer pour ta propre stratĂ©gie dâinvestissement.
Leçon #1 : Ne time pas le marché (jamais, jamais, jamais)
Si les quatre premiers mois de 2026 nous enseignent quelque chose, câest lâimpossibilitĂ© de timer le marchĂ©. Ceux qui ont vendu dĂ©but mars, paniquĂ©s par la chute de 13% du CAC 40 et les gros titres sur la guerre, ont ratĂ© le rallye dâavril (+10% sur le S&P 500). Ceux qui ont attendu âun meilleur point dâentrĂ©eâ ont vu les marchĂ©s remonter sans eux.
LâĂ©tude de Bank of America citĂ©e dans notre newsletter sur le lazy investing reste dâactualitĂ© : sur une pĂ©riode de 5 000 jours de bourse, rater les 30 meilleures sĂ©ances suffit Ă transformer un gain de 10% annuel en perte. Et ces meilleures sĂ©ances arrivent souvent juste aprĂšs les pires â quand tout le monde a peur, quand les gros titres annoncent la catastrophe.
Regarde ce qui sâest passĂ© entre mars et avril 2026 : ceux qui ont gardĂ© leur sang-froid et maintenu leurs positions ont Ă©tĂ© rĂ©compensĂ©s. Ceux qui ont paniquĂ© et vendu ont cristallisĂ© leurs pertes et ratĂ© le rebond. Câest toujours comme ça. Et ça sera encore comme ça lors de la prochaine crise.
LâĂ©tude Dalbar que nous avons mentionnĂ©e dans la newsletter sur le lazy investing montre que lâinvestisseur moyen obtient 3,6% par an sur 30 ans, contre 10,7% pour le S&P 500. Pourquoi ? Parce quâil achĂšte quand les marchĂ©s montent (euphorie) et vend quand ils baissent (panique). Câest lâexact opposĂ© de ce quâil faudrait faire.
Action concrĂšte : Continue ton DCA (Dollar Cost Averaging). Investis rĂ©guliĂšrement, peu importe les conditions de marchĂ©. Câest ennuyeux, mais ça marche. Si tu investis 300⏠par mois dans un ETF MSCI World, continue Ă le faire â en mars quand ça baisse, en avril quand ça monte, et les mois suivants quoi quâil arrive.
Leçon #2 : Ălargis ton horizon au-delĂ de la tech US
Les Magnificent Seven ont perdu prĂšs de 9% depuis le dĂ©but de lâannĂ©e. Microsoft, le gĂ©ant supposĂ© inĂ©branlable, a chutĂ© de 23% au T1 â son pire trimestre depuis 2022. Pendant ce temps, lâĂ©nergie explose, les matĂ©riaux progressent, et lâEurope surperforme.
Si ton portefeuille est composĂ© Ă 80% de tech amĂ©ricaine (ce qui est le cas de beaucoup dâinvestisseurs qui ont suivi la mode ces derniĂšres annĂ©es), tu as pris le choc de plein fouet. La concentration sectorielle et gĂ©ographique, câest bien quand ça monte â mais ça fait trĂšs mal quand ça se retourne.
Le problĂšme, câest que beaucoup dâinvestisseurs ne rĂ©alisent pas Ă quel point ils sont concentrĂ©s. Un ETF S&P 500 contient environ 35% de tech et 70% de ses rendements ces derniĂšres annĂ©es viennent des Magnificent Seven. Un ETF MSCI World contient 70% dâactions amĂ©ricaines et une forte exposition tech. MĂȘme en pensant ĂȘtre diversifiĂ©, on peut ĂȘtre trĂšs concentrĂ©.
Action concrĂšte : VĂ©rifie la rĂ©partition de ton portefeuille. Utilise un outil comme Portfolio Visualizer ou simplement un tableur pour calculer ton exposition sectorielle et gĂ©ographique rĂ©elle. Si tu es Ă plus de 50% sur la tech US, envisage de rééquilibrer vers lâEurope, les Ă©mergents, ou des secteurs comme les matĂ©riaux, lâĂ©nergie ou les industriels.
Leçon #3 : Les valorisations comptent, éventuellement
LâEurope se traite avec une dĂ©cote de 30 Ă 40% par rapport aux Ătats-Unis en termes de PER (Price-to-Earnings Ratio). Les marchĂ©s Ă©mergents sont encore moins chers, avec un PER moyen autour de 12 contre 21 pour le S&P 500. Pendant des annĂ©es, cette dĂ©cote a semblĂ© justifiĂ©e par la croissance supĂ©rieure des profits amĂ©ricains et la domination technologique.
Mais en 2026, lâĂ©cart de croissance des bĂ©nĂ©fices se resserre â et les valorisations attractives de lâEurope et des Ă©mergents commencent Ă payer. Comme le note JPMorgan, âla concentration du risque est devenue un enjeu plus pertinent pour les investisseurs en actions, avec des rendements de plus en plus dĂ©pendants dâun petit nombre de valeurs technologiques.â
Warren Buffett a une formule cĂ©lĂšbre : âLe prix est ce que tu paies, la valeur est ce que tu obtiens.â Quand tu paies 25 fois les bĂ©nĂ©fices pour une action amĂ©ricaine et 12 fois pour une action Ă©mergente Ă©quivalente, tu prends un risque de valorisation significatif sur la premiĂšre.
Action concrĂšte : Si tu dois renforcer ton exposition actions, regarde les marchĂ©s moins chers : Europe, Japon, Ămergents. Les ETF existent et sont accessibles via PEA (pour lâEurope) ou CTO (pour le reste). Un ETF MSCI Europe ou un ETF MSCI Emerging Markets peut complĂ©ter utilement un portefeuille trop concentrĂ© sur les Ătats-Unis.
Leçon #4 : Lâor et les matiĂšres premiĂšres ont leur place
Lâor a atteint des records Ă 4 600$/oz. Le pĂ©trole a flambĂ©. Les matĂ©riaux ont surperformĂ©. Dans un monde de tensions gĂ©opolitiques et dâinflation persistante, les actifs rĂ©els offrent une protection que les obligations ne fournissent plus aussi bien.
BlackRock note que âles obligations offrent peu de refuge post-pandĂ©mieâ â la corrĂ©lation entre actions et obligations a augmentĂ©, rĂ©duisant les bĂ©nĂ©fices de diversification traditionnels. En mars 2026, les actions ET les obligations ont baissĂ© ensemble â exactement ce quâon ne veut pas voir dans un portefeuille 60/40.
Lâor, en revanche, a jouĂ© son rĂŽle de valeur refuge. Quand les tensions gĂ©opolitiques montent et que lâinflation sâinstalle, lâor tend Ă performer. Ce nâest pas un actif de croissance â il ne gĂ©nĂšre ni dividendes ni bĂ©nĂ©fices â mais câest une assurance contre les chocs.
Action concrĂšte : Envisage une petite allocation (5-10%) en or ou en matiĂšres premiĂšres diversifiĂ©es. Tu peux utiliser un ETF or (comme le GBS ou le SGLD) ou un certificat 100% or. Ce nâest pas un moteur de performance, câest une assurance. Et comme toute assurance, on espĂšre ne pas en avoir besoin â mais on est content de lâavoir quand le sinistre arrive.
Leçon #5 : Garde ton sang-froid (câest le plus dur)
Câest peut-ĂȘtre la leçon la plus importante, et paradoxalement la plus difficile Ă appliquer. En mars, les gros titres annonçaient la catastrophe : âGuerre au Moyen-Orientâ, âPĂ©trole vers 150$â, âKrach boursier imminentâ. En avril, ils cĂ©lĂ©braient les nouveaux records : âLes marchĂ©s au plus hautâ, âLâĂ©conomie rĂ©sisteâ, âLâIA continue de tirer la croissanceâ. Les Ă©motions sont ton pire ennemi en investissement.
Comme le disait Benjamin Graham, le mentor de Warren Buffett : âLe principal problĂšme de lâinvestisseur â et mĂȘme son pire ennemi â est probablement lui-mĂȘme.â Les biais cognitifs que nous avons Ă©voquĂ©s dans dâautres newsletters â aversion aux pertes, effet de disposition, biais de confirmation â sont Ă lâĆuvre en permanence. Ils te poussent Ă vendre quand il faudrait tenir, et Ă acheter quand il faudrait ĂȘtre prudent.
La solution ? Avoir une stratĂ©gie Ă©crite, dĂ©finie Ă lâavance, et sây tenir quoi quâil arrive. Pas une stratĂ©gie compliquĂ©e â juste quelques rĂšgles simples. âJâinvestis X euros par mois dans tel ETF, je ne vends pas avant tel horizon, je rééquilibre une fois par an.â Câest tout. Et quand les marchĂ©s paniquent, tu relis ta stratĂ©gie au lieu de regarder ton portefeuille.
Action concrĂšte : DĂ©finis ta stratĂ©gie quand les marchĂ©s sont calmes. Ăcris-la noir sur blanc â sur papier ou dans un document. Inclus les rĂšgles de base : montant investi, frĂ©quence, supports utilisĂ©s, horizon de temps, seuils de rééquilibrage. Et quand les marchĂ©s paniquent (parce quâils paniquent toujours Ă un moment), relis ta stratĂ©gie au lieu de prendre des dĂ©cisions Ă©motionnelles.
Leçon #6 : La diversification nâest pas quâun concept thĂ©orique
Tous les grands gĂ©rants â BlackRock, Amundi, JPMorgan â rĂ©pĂštent le mĂȘme message : diversifiez. Ce nâest pas un conseil vague de professeur de finance â câest une recommandation concrĂšte basĂ©e sur ce qui sâest passĂ© ces derniers mois.
Si tu avais un portefeuille composĂ© uniquement de tech US, tu as perdu de lâargent au T1. Si tu avais un portefeuille diversifiĂ© avec de lâĂ©nergie, des matĂ©riaux, de lâEurope et des Ă©mergents, tu as probablement gagnĂ© de lâargent. La diversification fonctionne â pas tout le temps, pas de maniĂšre spectaculaire, mais elle lisse les rendements et rĂ©duit le risque.
Attention cependant au âmirage de la diversificationâ que dĂ©nonce BlackRock : acheter plusieurs ETF qui se ressemblent nâest pas de la vraie diversification. Si tu as un ETF S&P 500, un ETF Nasdaq et un ETF tech, tu es trois fois exposĂ© Ă la mĂȘme chose. La vraie diversification, câest dĂ©tenir des actifs qui ne bougent pas de la mĂȘme maniĂšre : actions et obligations, US et Europe, tech et Ă©nergie, grandes et petites capitalisations.
Action concrÚte : Fais un audit de ton portefeuille. Calcule ton exposition réelle par zone géographique, par secteur, par taille de capitalisation. Si tu trouves des concentrations excessives (plus de 30% sur un seul secteur, plus de 60% sur une seule zone), envisage de rééquilibrer progressivement.

đ Le marathon continue
Les quatre premiers mois de 2026 ont Ă©tĂ© une masterclass de volatilitĂ©. Records historiques, correction brutale, rebond spectaculaire. Rotation sectorielle massive. Choc gĂ©opolitique majeur. Et au final, des marchĂ©s qui finissent en positif. Si quelquâun tâavait dit en janvier que le dĂ©troit dâOrmuz serait bloquĂ©, que le pĂ©trole dĂ©passerait 110$, et que les marchĂ©s seraient quand mĂȘme en hausse fin avril⊠tu lâaurais probablement pris pour un fou.
Quâest-ce que ça nous dit pour la suite ? HonnĂȘtement, personne ne sait. Les gĂ©rants les plus sophistiquĂ©s du monde â BlackRock avec ses 10 000 milliards sous gestion, Amundi avec ses Ă©quipes dâanalystes, JPMorgan avec ses modĂšles quantitatifs â admettent tous que lâincertitude reste Ă©levĂ©e. Le conflit Iran-Ormuz peut sâaggraver ou se rĂ©soudre. Lâinflation peut repartir ou se calmer. Les bĂ©nĂ©fices des entreprises peuvent surprendre Ă la hausse ou dĂ©cevoir. LâIA peut tenir ses promesses ou dĂ©cevoir.
Mais ce quâon sait, câest que les principes fondamentaux fonctionnent. Diversifier plutĂŽt que concentrer. Investir rĂ©guliĂšrement plutĂŽt que timer. Garder une vision long terme plutĂŽt que rĂ©agir aux gros titres. Ces principes ont fonctionnĂ© en 2008, quand Lehman Brothers a fait faillite et que le systĂšme financier mondial a failli sâeffondrer. Ils ont fonctionnĂ© en 2020, quand le Covid a provoquĂ© le krach le plus rapide de lâhistoire suivi du rebond le plus rapide. Ils ont fonctionnĂ© en mars 2026, quand la guerre Iran-Ormuz a fait chuter les indices de 13%. Et ils fonctionneront lors de la prochaine crise â quelle quâelle soit.
Ce quâil faut surveiller dans les prochains mois
Si tu veux quand mĂȘme garder un Ćil sur les marchĂ©s (sans pour autant changer ta stratĂ©gie tous les mois), voici les Ă©lĂ©ments Ă suivre :
Le conflit Iran-Ormuz : Câest le facteur numĂ©ro un dâincertitude. Une rĂ©solution ferait baisser le pĂ©trole et lâinflation, et permettrait aux banques centrales de reprendre leurs baisses de taux. Une escalade aurait lâeffet inverse. Les dĂ©clarations de Trump et les nĂ©gociations diplomatiques sont Ă surveiller.
Les rĂ©sultats des entreprises : La saison des rĂ©sultats du T1 2026 est en cours, et elle dĂ©terminera si les valorisations actuelles sont justifiĂ©es. Pour lâinstant, 84% des entreprises battent les attentes â mais ce chiffre peut Ă©voluer.
Les banques centrales : La Fed et la BCE se sont mises en pause face Ă lâinflation Ă©nergĂ©tique. Quand reprendront-elles les baisses de taux ? Cela dĂ©pendra de lâĂ©volution du pĂ©trole et de lâinflation.
LâIA : Le thĂšme reste dominant, mais les questions sur le retour sur investissement se multiplient. Les rĂ©sultats des hyperscalers (Microsoft, Google, Amazon, Meta) seront scrutĂ©s de prĂšs.
Le mot de la fin
Ton job, en tant quâinvestisseur particulier, nâest pas de battre le marchĂ© ou de prĂ©voir lâavenir. Ce nâest pas de timer les corrections ou de surfer sur les rotations sectorielles. Câest beaucoup plus simple â et beaucoup plus difficile Ă©motionnellement : rester investi, rester diversifiĂ©, et laisser le temps faire son travail.
Les quatre prochains mois seront probablement aussi mouvementĂ©s que les quatre prĂ©cĂ©dents. Il y aura des gros titres anxiogĂšnes, des corrections, des rebonds. Des analystes qui annonceront la fin du monde, et dâautres qui promettront des plus hauts historiques. Mais dans 10, 20, 30 ans, ces soubresauts ne seront plus que des vaguelettes sur un graphique qui monte. Le S&P 500 a fait +277% sur les dix derniĂšres annĂ©es malgrĂ© le Covid, lâinflation, les guerres et les crises. Le lazy investor qui a investi rĂ©guliĂšrement et gardĂ© son sang-froid a capturĂ© ce rendement. Celui qui a paniquĂ© Ă chaque crise a probablement fait beaucoup moins bien.
Comme toujours, la meilleure stratĂ©gie est souvent la plus simple : investir rĂ©guliĂšrement dans des actifs diversifiĂ©s, ne pas regarder son portefeuille tous les jours, et avoir confiance dans le processus. Le reste, câest du bruit. Du bruit intĂ©ressant Ă analyser (câest ce quâon fait dans cette newsletter), mais du bruit quand mĂȘme.
Rendez-vous dans trois mois pour le bilan du premier semestre. Dâici lĂ , garde le cap.
đŹ Avis Cash Conseils
Je vais ĂȘtre transparent avec toi sur ce que cette newsletter est â et ce quâelle nâest pas.
Ce que câest : - Un rĂ©sumĂ© factuel de ce qui sâest passĂ© sur les marchĂ©s, sourcĂ© auprĂšs dâinstitutions reconnues (BlackRock, Amundi, JPMorgan, Morningstar, etc.) - Une synthĂšse des vues des plus grands gĂ©rants du monde â pas mes opinions personnelles sur les marchĂ©s - Des pistes de rĂ©flexion pour ta propre stratĂ©gie dâinvestissement - Un exercice de pĂ©dagogie financiĂšre pour comprendre les mĂ©canismes Ă lâĆuvre
Ce que ce nâest pas : - Un conseil en investissement personnalisĂ© (je ne connais pas ta situation, tes objectifs, ton horizon) - Une prĂ©diction de ce qui va se passer dans les prochains mois (personne ne peut prĂ©dire les marchĂ©s) - Une recommandation dâacheter ou vendre quoi que ce soit - Un signal pour changer ta stratĂ©gie dâinvestissement
Mon avis personnel :
Je reste convaincu que pour la grande majoritĂ© des investisseurs particuliers, la stratĂ©gie lazy investing quâon a dĂ©taillĂ©e la semaine derniĂšre reste la meilleure option. Un ETF Monde, un versement rĂ©gulier, et on nây touche plus. Les rotations sectorielles, les tensions gĂ©opolitiques, les mouvements de marchĂ© Ă court terme â tout ça sâannule sur le long terme. Les donnĂ©es historiques le montrent : lâinvestisseur moyen sous-performe le marchĂ© prĂ©cisĂ©ment parce quâil essaie de le timer.
Mais je comprends aussi que certains dâentre vous veulent aller plus loin, comprendre ce qui se passe, et peut-ĂȘtre ajuster leur allocation. Câest lĂ©gitime. Si câest ton cas, les messages des grands gĂ©rants sont clairs : diversifiez, soyez sĂ©lectifs, et prĂ©parez-vous Ă la volatilitĂ©. Ne mettez pas tous vos Ćufs dans le mĂȘme panier, et ayez une stratĂ©gie claire pour les moments de stress.
Une chose me frappe dans les analyses de BlackRock, Amundi et JPMorgan : ils sont tous constructifs sur les actions malgrĂ© lâenvironnement incertain. Ils voient encore du potentiel de hausse â entre 10% et 25% selon les scĂ©narios. Mais ils insistent tous sur la discipline et la diversification. Ce nâest pas un hasard â les professionnels savent que lâexcĂšs de confiance est lâennemi numĂ©ro un de la performance. Et ils savent que mĂȘme les meilleurs analystes se trompent rĂ©guliĂšrement.
Les limites de cette analyse :
Je dois ĂȘtre honnĂȘte : jâai compilĂ© des donnĂ©es de sources rĂ©putĂ©es, mais je ne suis pas un analyste de BlackRock ou dâAmundi. Je ne gĂšre pas des milliards. Je suis un conseiller en gestion de patrimoine qui essaie de vulgariser lâinformation financiĂšre pour des non-professionnels. Mes conclusions peuvent ĂȘtre erronĂ©es. Les marchĂ©s peuvent Ă©voluer dans une direction que personne nâanticipe.
Câest pour ça que je te recommande toujours de ne pas prendre de dĂ©cision dâinvestissement sur la base dâune seule newsletter â la mienne ou une autre. Lis plusieurs sources. RĂ©flĂ©chis Ă ta propre situation. Et si tu as des doutes, consulte un professionnel qui connaĂźt ton dossier.
Ce que je fais personnellement :
Pour ĂȘtre cohĂ©rent avec ce que je prĂȘche, je continue mon DCA mensuel sur un ETF MSCI World via mon PEA. Je ne change rien en fonction des nouvelles. Jâai une petite exposition Ă lâor dans mon assurance-vie (environ 5%), que je ne touche pas. Et je ne regarde mon portefeuille quâune fois par trimestre â pas plus.
Est-ce optimal ? Probablement pas. Certains gĂ©rants actifs font mieux. Des traders professionnels capturent les rotations sectorielles. Mais câest suffisant pour mes objectifs, et surtout, câest une stratĂ©gie que je peux tenir sur le long terme sans me stresser. Et le stress, en investissement, câest souvent ce qui fait la diffĂ©rence entre les bons et les mauvais rendements.
Les ressources pour aller plus loin :
Si tu veux approfondir les sujets évoqués dans cette newsletter, voici quelques ressources : - BlackRock Investment Institute : leurs perspectives trimestrielles sont disponibles gratuitement sur leur site - Amundi Research : ils publient réguliÚrement des analyses en français - JPMorgan Guide to the Markets : un document PDF mis à jour chaque trimestre avec des graphiques éclairants - Morningstar : des analyses sectorielles et des screeners pour évaluer les valorisations - Café de la Bourse : pour des analyses en français orientées investisseur particulier
đ Sources
DonnĂ©es de marchĂ© : - Federal Reserve Bank of St. Louis (FRED) â S&P 500 Ă 7 209 points au 30/04/2026 - Trading Economics â CAC 40 Ă 8 115 points, Euro Stoxx 50 Ă 5 886 points - Investing.com â DonnĂ©es historiques CAC 40 et Euro Stoxx 50 - Yahoo Finance â DonnĂ©es indices europĂ©ens et amĂ©ricains - Goldman Sachs Asset Management â Market Monitor du 17/04/2026
Analyses de gĂ©rants : - BlackRock Investment Institute â Q2 2026 Investment Outlook, Weekly Market Commentary (avril 2026), 2026 Global Investment Outlook - Amundi â Perspectives 2026, Global Investment Views avril 2026, Point marchĂ©s financiers avril 2026 - JPMorgan Asset Management â Review of Markets over April 2026, 2026 Year-Ahead Investment Outlook, Baseline Forecast for 2026 - JPMorgan Global Research â 2026 Market Outlook
Analyses sectorielles : - Morningstar â âEnergy and Industrial Stocks Are the New Market Leadersâ (19/02/2026), âThese Stocks Drove the Marketâs Losses in Q1 2026â (01/04/2026), âIs a Stock Market Rotation Underway?â (20/01/2026) - The Motley Fool â âThese 3 Sectors Are Crushing Tech in 2026â (20/02/2026), analyses S&P 500 - Charles Schwab â Monthly Stock Sector Outlook 2026
Analyses marchĂ© français : - CafĂ© de la Bourse â âCAC 40 : jusquâoĂč peut aller la Bourse de Paris en 2026?â (23/03/2026) - BDOR â âCAC 40 repasse les 8 000 points le 1er avril 2026â - Minoritaires.com â âCAC 40 : Le record historique atteint en avril 2026â - MoneyVox â Journal de la bourse (29/04/2026)
Vous voulez aller plus loin ?Â
Je peux répondre aux questions que vous vous posez via Wathsapp, je lance ce service sans frais afin que vous ayez accÚs à du conseil en finances personnelles en toute simplicité. Le lien : https://wa.me/33613018211
Disclaimer : Ceci nâest pas un conseil en investissement, en tant que CIF, je ne peux donner de conseils avant dâavoir pu comprendre qui vous ĂȘtes, vos objectifs de vie, vos contraintes et capacitĂ©s financiĂšres. Tout conseil Ă©tant personnalisĂ©, et cette newsletter Ă©tant gĂ©nĂ©raliste, soyez vigilant sur vos investissements, peu importe la forme quâils prendraient.







