📊 81% des Français veulent quitter le Livret A : ont-ils raison ?
#150, 🔍 Quand une étude « choc » cache les intérêts de ceux qui la commandent
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Au sommaire cette semaine
🗞️ Finance Weekly : les cinq faits marquants de la semaine dernière
💸 Le chiffre choc : Autopsie d’une étude biaisée
🔢 Ce que disent vraiment les chiffres du Livret A
🧯 Les vraies raisons de la frustration des épargnants
💰 Comment optimiser ton épargne en 2026
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Bien que je sois le fondateur d’un cabinet en gestion de patrimoine, il est important de souligner que Cash Conseils 💸 opère indépendamment de cette entité. Cette newsletter s'inscrit dans une démarche entièrement dédiée à la pédagogie financière, visant à éduquer et à inspirer un large public sur les fondamentaux de la gestion financière personnelle. Cash Conseils 💸 est conçu pour être une ressource éducative ouverte à tous, sans liens directs avec les services ou les orientations spécifiques du cabinet. L'objectif est de fournir une plateforme neutre et informative, où chacun peut apprendre à naviguer dans l'univers des finances personnelles, en toute indépendance et sans conflit d'intérêts.
🛢️ Venezuela : ExxonMobil défie Trump et juge le pays “non investissable” : Lors d’une réunion à la Maison Blanche, Darren Woods, PDG d’ExxonMobil, a publiquement contredit l’appel de Trump à investir “100 milliards de dollars“ au Venezuela, qualifiant le pays d’impossible à investir sans réformes profondes — ses actifs y ayant été saisis deux fois. Si Chevron et Shell se montrent plus ouverts sous conditions, Trump a exclu toute indemnisation des expropriations passées, promettant une “sécurité totale” assurée par... le régime vénézuélien. Un bras de fer naissant entre Washington et Big Oil.
⚖️ First Brands : le scandale à 3,7 milliards qui éclabousse Wall Street : Le fabricant de pièces auto en faillite First Brands poursuit Edward James, frère du fondateur, et son principal créancier Onset Financial pour une fraude présumée colossale. L’accusation : des dizaines d’opérations de cession-bail truquées avec des taux atteignant 200 %, gonflant artificiellement la dette de l’entreprise de 2 milliards de dollars. Edward James aurait secrètement investi 150 millions aux côtés d’Onset, empochant 80 % de profit en un an — pendant que les créanciers de Wall Street perdaient des milliards.
⛏️ Glencore-Rio Tinto : la méga-fusion à 260 milliards qui redessinerait le secteur minier : Les géants Glencore et Rio Tinto ont relancé leurs négociations pour créer le plus grand groupe minier mondial, un an après l’échec des premières discussions. L’enjeu : le cuivre, dont le prix vient d’atteindre un record à 13 300 $/tonne et dont la pénurie pourrait atteindre 10 millions de tonnes d’ici 2040. Reste à trancher les points de friction — valorisation, gouvernance et surtout le sort des mines de charbon de Glencore, que Rio Tinto a quittées depuis 2018.
🤖 MiniMax : l’IA chinoise fait un carton en Bourse avec +100 % dès son premier jour : Le concurrent de DeepSeek a levé 619 millions de dollars à Hong Kong, son action doublant immédiatement pour atteindre une valorisation de 13,5 milliards de dollars. Après Zhipu jeudi (+37 %), c’est la deuxième startup chinoise de LLM à s’introduire en bourse en deux jours — bien avant leurs rivales américaines gavées de fonds privés. MiniMax, soutenue par Alibaba et Tencent, mise sur ses apps grand public comme Talkie (chatbot populaire chez les ados US) et Hailuo AI (génération vidéo) pour conquérir les marchés occidentaux.
📈 CAC 40 : l’indice parisien au sommet, porté par le luxe et les banques : Le CAC 40 franchit les 8.362 points en clôture, un record depuis le 13 novembre, avec une hausse de +1,44 %. L’Oréal (+6 %), BNP Paribas (+5,7 %) et Hermès (+3,7 %) mènent la danse, dopés par des recommandations d’analystes favorables — JP Morgan qualifiant BNP de “banque la moins chère d’Europe“. Les chiffres de l’emploi US rassurants (chômage à 4,4 %) et un euro stable à 1,163 $ ont soutenu l’élan, tandis que la défense reste électrisée par les tensions géopolitiques et le projet Trump de +500 milliards $ pour le budget militaire.
Le chiffre a fait le tour des rédactions en quelques heures. 81% des Français envisageraient de délaisser leur Livret A pour se tourner vers la Bourse. Huit Français sur dix. Une révolution silencieuse de l’épargne nationale, à en croire les gros titres. Presse-Citron, BuzzArena, MySweetImmo… tous ont relayé cette statistique spectaculaire comme une évidence, comme si le placement préféré des Français était soudainement devenu un repoussoir dont il fallait se débarrasser au plus vite. Mais derrière ce chiffre qui claque se cache une réalité bien plus nuancée, et surtout, des intérêts commerciaux que personne n’a pris la peine de mentionner dans les articles qui ont repris cette information. 🤔
Car cette étude n’est pas tombée du ciel, et elle n’émane pas d’un organisme public neutre comme l’INSEE ou la Banque de France. Elle a été commanditée par Goliaths.io, une plateforme d’investissement en ligne dont le business model repose entièrement sur les frais de courtage prélevés quand ses clients achètent et vendent des actions. Quand une entreprise qui gagne de l’argent à chaque transaction boursière finance une étude démontrant que les Français rêvent secrètement de boursicoter, tu conviendras que le hasard a bon dos. Ce n’est pas de la manipulation au sens strict du terme, c’est du marketing déguisé en information. Et toi, lecteur de médias grand public, tu es la cible de cette opération de communication parfaitement orchestrée. 🎯
Le problème, c’est que ce genre de sondage biaisé peut avoir des conséquences très réelles sur tes décisions financières. Si tu te réveilles un matin en te disant « tout le monde quitte le Livret A, je devrais peut-être faire pareil », tu risques de commettre des erreurs stratégiques que tu regretteras pendant des années. L’épargne, ce n’est pas une mode vestimentaire qu’on suit aveuglément. Ce n’est pas un mouvement de foule dans lequel il faut se jeter sans réfléchir. C’est une stratégie personnelle qui dépend de ta situation familiale, de tes projets de vie, de ton horizon de temps, de ta tolérance au risque. Pas d’un sondage commandé par une fintech en quête de nouveaux clients à qui facturer des frais de courtage. 💡
Le phénomène que nous observons ici a un nom dans le monde du marketing : c’est ce qu’on appelle la « création de besoin ». Une entreprise qui vend des services d’investissement boursier a besoin que les gens pensent qu’investir en Bourse est nécessaire, urgent, et que tout le monde le fait sauf eux. Pour créer ce sentiment, rien de tel qu’une étude montrant que 81% des Français « envisagent » de le faire. Soudain, ne pas investir en Bourse te place dans une minorité de 19% de ringards qui n’ont rien compris à l’économie moderne. C’est une pression sociale artificielle, créée de toutes pièces par une étude aux conclusions prédéterminées. Et cette pression fonctionne : beaucoup de gens, par peur de « rater le train » ou de paraître financièrement illettrés, vont se précipiter vers des produits qu’ils ne comprennent pas et qui ne correspondent pas à leurs besoins réels. 🎯
Dans cette newsletter, je vais décortiquer méthodiquement ce fameux chiffre de 81%. D’où vient-il vraiment ? Quelle méthodologie a été utilisée pour l’obtenir ? Quels sont les biais évidents que personne n’a relevés dans les médias qui ont relayé l’information ? Mais surtout, je vais te donner les clés pour comprendre ce que tu dois réellement faire de ton épargne en 2026. Parce que oui, le Livret A pose de vraies questions légitimes. Son taux va encore baisser en février, possiblement à 1,40%. L’inflation grignote ton pouvoir d’achat même si elle a fortement ralenti. Mais la réponse à ces problèmes n’est certainement pas de tout mettre en Bourse parce qu’un sondage commandité par une plateforme de trading t’y encourage. La réponse, c’est de comprendre comment fonctionne ton épargne dans sa globalité, et de l’optimiser intelligemment selon tes besoins réels. Alors installe-toi confortablement, prends un café ☕, cette newsletter va être longue, dense, et je l’espère, véritablement utile pour tes finances personnelles.
💸 Le chiffre choc : Autopsie d’une étude biaisée
🔬 Qui a commandité cette étude et pourquoi ?
Avant de plonger dans les chiffres, posons la question fondamentale que tout lecteur critique devrait se poser face à n’importe quelle statistique : qui a payé pour obtenir ces résultats ? Dans le cas présent, la réponse est limpide et facilement vérifiable. L’étude a été commanditée par Goliaths.io, une plateforme d’investissement en ligne française qui se positionne sur le marché du courtage pour particuliers. Son modèle économique est simple à comprendre : elle gagne de l’argent à chaque fois qu’un client achète ou vend des titres financiers via sa plateforme. Plus les Français investissent en Bourse, plus Goliaths.io encaisse de commissions. C’est aussi basique que ça. 💸
Dans ce contexte, l’intérêt commercial de produire une étude montrant que les Français rêvent de quitter leur Livret A pour investir en Bourse devient évident. Ce n’est pas un hasard si les conclusions de l’étude s’alignent parfaitement avec le discours marketing de l’entreprise. Ce n’est pas non plus un hasard si l’étude identifie précisément comme cible commerciale les 43% de Français qui « pourraient franchir le cap de la Bourse s’ils bénéficiaient d’un accompagnement approprié ». Ces 43%, c’est exactement le marché potentiel que Goliaths.io cherche à conquérir. L’étude n’est pas un travail de recherche désintéressé, c’est un outil de prospection commerciale habillé en information grand public. 🎭
Attention, je ne dis pas que l’étude est fausse ou que les chiffres sont inventés. Je dis simplement qu’elle a été conçue, structurée et communiquée pour servir un objectif commercial précis. Les questions ont été formulées d’une certaine manière. Les résultats ont été présentés sous un certain angle. Les médias ont été alimentés avec un certain narratif. Tout cela converge vers un message unique : « Le Livret A, c’est fini, passez à la Bourse ». Et ce message arrange bien les affaires de celui qui l’a financé. C’est ce qu’on appelle dans le jargon du marketing de contenu une étude « propriétaire » : elle appartient à l’entreprise, elle sert ses intérêts, même si elle est présentée comme une information objective. ⚠️
📋 La méthodologie : ce qu’on te dit et ce qu’on te cache
Regardons maintenant la méthodologie employée, car c’est souvent là que se nichent les biais les plus significatifs. L’étude a été réalisée en juillet-août 2025 auprès d’un panel de 2 001 personnes. C’est un échantillon de taille correcte pour un sondage national, comparable à ce que font les instituts de sondage traditionnels comme l’IFOP ou OpinionWay. Sur ce point, pas de critique majeure. Mais c’est la composition de ce panel et la méthode de recrutement qui posent question.
Le panel provient de BuzzPress, une société d’études qui recrute ses répondants « par email et sur les réseaux sociaux Facebook et LinkedIn ». Cette méthode de recrutement, appelée « opt-in » dans le jargon des sondeurs, introduit un biais de sélection important que tout professionnel des études reconnaît. Les personnes qui acceptent de répondre à des sondages en ligne via les réseaux sociaux ne sont pas représentatives de l’ensemble de la population française. Elles sont généralement plus jeunes, plus connectées, plus à l’aise avec les outils numériques, et donc mécaniquement plus ouvertes à l’idée d’utiliser une plateforme d’investissement en ligne. Les personnes âgées, les moins diplômés, les habitants des zones rurales mal connectées sont structurellement sous-représentés dans ce type de panel. 📱
L’étude mentionne une « méthode BuzzPress-INSEE », ce qui pourrait laisser croire à une caution officielle de l’Institut national de la statistique et des études économiques. Mais cette formulation est trompeuse. L’INSEE n’a jamais validé, supervisé ou certifié cette étude. La mention fait simplement référence à une pondération de l’échantillon selon les quotas démographiques de l’INSEE (répartition par âge, sexe, profession, région), ce qui est une pratique standard dans tous les sondages. Mais cette pondération ne corrige pas le biais de recrutement initial. Un panel recruté sur LinkedIn aura beau être pondéré pour refléter la pyramide des âges française, il restera surreprésentatif en termes de familiarité avec les services financiers numériques. C’est comme si tu faisais un sondage sur la consommation de vin bio en ne recrutant que dans les magasins bio, puis en pondérant les résultats selon les CSP : tu obtiendrais des chiffres techniquement « représentatifs » mais fondamentalement biaisés. 🎯
🗣️ La formulation des questions : l’art de suggérer la réponse
Au-delà du recrutement du panel, c’est la formulation même des questions qui soulève des interrogations méthodologiques sérieuses. L’étude demande aux sondés s’ils « envisagent de délaisser, au moins partiellement » leur Livret A. Cette formulation est particulièrement astucieuse car elle mélange dans le même pourcentage deux comportements radicalement différents : ceux qui veulent fermer complètement leur Livret A et ceux qui envisagent simplement de réduire légèrement le montant de leurs versements. Dire que 81% des Français « envisagent de délaisser » leur Livret A quand la plupart pensent simplement à mettre 50 euros de moins par mois dessus, c’est techniquement vrai mais fondamentalement trompeur. 🤥
De même, l’étude demande si les sondés « pourraient franchir le cap de la Bourse s’ils bénéficiaient de conseils et d’un accompagnement approprié ». Cette formulation est un cas d’école de ce qu’on appelle en méthodologie des sondages le biais d’acquiescement. Quand tu présentes une option comme raisonnable, moderne et accessible (« avec le bon accompagnement »), tu génères mécaniquement des réponses positives élevées. C’est un biais cognitif bien documenté : les gens ont tendance à répondre oui aux questions qui leur présentent une opportunité sous un jour favorable. Si tu demandes à quelqu’un s’il pourrait envisager de faire plus de sport avec le bon coach, tu obtiendras 80% de oui. Ça ne signifie absolument pas que 80% des Français vont effectivement s’inscrire à la salle de sport le mois prochain. 🏋️
Le plus révélateur, ce sont les chiffres que l’étude met beaucoup moins en avant dans sa communication. 71% des sondés citent le manque de connaissances comme principal frein à l’investissement boursier. 59% évoquent la peur de perdre de l’argent. 53% le manque de temps pour s’en occuper. 49% la méfiance envers les plateformes comme... Goliaths.io. Ces données racontent une tout autre histoire que le récit triomphaliste relayé par les médias. Elles montrent que l’immense majorité des Français ne se sentent pas équipés pour investir en Bourse, qu’ils ont légitimement peur d’y perdre leurs économies durement gagnées, et qu’ils ne font pas confiance aux plateformes qui leur proposent ces services. L’engouement pour la Bourse est un fantasme marketing, pas une réalité comportementale. 📉
📰 Le relais médiatique : quand l’info devient pub
Une étude, aussi biaisée soit-elle, n’a d’impact que si elle est relayée par les médias. Et c’est précisément ce qui s’est passé avec ce sondage Goliaths.io. Presse-Citron, BuzzArena, MySweetImmo et d’autres sites d’information ont repris les chiffres sans aucune distance critique, sans mentionner les conflits d’intérêts évidents, sans interroger la méthodologie. Les titres étaient sensationnalistes : « 8 Français sur 10 envisagent d’abandonner leur Livret A », « Le Livret A en crise de confiance », « Les Français prêts à basculer vers la Bourse ». Du pain bénit pour le référencement web et les clics, catastrophique pour l’information honnête du public. 📺
Ce phénomène n’est malheureusement pas isolé et mérite qu’on s’y attarde. Il s’inscrit dans une tendance plus large où les études commanditées par des entreprises privées sont reprises comme des informations objectives par des médias en quête de contenus « data-driven » à publier rapidement. Les rédactions web, sous pression pour produire du contenu quotidien, n’ont souvent pas le temps ni les ressources pour vérifier les sources, interroger les méthodologies, ou simplement mentionner les conflits d’intérêts évidents. Un communiqué de presse bien ficelé avec des chiffres accrocheurs a toutes les chances d’être repris tel quel, parfois mot pour mot, par des journalistes débordés. 📰
Les services de communication des entreprises l’ont parfaitement compris et investissent massivement dans la production d’études « propriétaires » conçues pour générer de la couverture médiatique gratuite. C’est ce qu’on appelle dans le jargon du marketing le « earned media » : obtenir de la visibilité dans les médias sans payer d’espace publicitaire. Une étude bien calibrée, avec un chiffre suffisamment spectaculaire pour faire un bon titre, peut générer des dizaines d’articles dans la presse généraliste et spécialisée. Le coût de réalisation de l’étude (quelques milliers d’euros pour un panel de 2 000 personnes) est dérisoire comparé à ce que coûterait une campagne publicitaire équivalente. Et surtout, l’information ainsi obtenue bénéficie de la crédibilité associée au traitement journalistique, ce qu’une publicité traditionnelle ne peut jamais obtenir. 💰
Le problème, c’est que toi, lecteur de bonne foi, tu fais naturellement confiance à ce que tu lis dans la presse. Tu ne disposes pas toujours des outils méthodologiques pour identifier ces opérations de communication déguisées en information. Tu n’as pas le temps de vérifier qui a commandité chaque étude que tu croises, d’analyser les biais méthodologiques potentiels, de te demander si les conclusions servent un intérêt commercial. C’est normal : ce serait épuisant et chronophage de le faire systématiquement. Mais c’est précisément pour cette raison que des newsletters comme Cash Conseils existent. Mon rôle est de décortiquer ces communications pour toi, de t’aider à développer ton esprit critique, et de te donner les clés pour distinguer l’information du marketing. C’est un travail de longue haleine, mais il est essentiel pour prendre des décisions financières éclairées. 🧐
Une dernière remarque sur ce sujet : l’étude Goliaths.io n’est pas un cas isolé dans le monde de la finance personnelle. Les courtiers en ligne, les plateformes de trading, les fournisseurs de produits financiers produisent régulièrement ce type d’études pour influencer le comportement des épargnants. Certaines banques en ligne publient des « baromètres » mensuels sur le moral des investisseurs. Des gestionnaires d’actifs financent des enquêtes sur les « attentes des épargnants » qui, comme par hasard, concluent que les Français veulent exactement les produits qu’ils vendent. Ce n’est pas de la fraude au sens légal du terme, mais c’est une manipulation de l’information qu’il faut apprendre à reconnaître. La prochaine fois que tu verras un chiffre spectaculaire sur l’épargne des Français, pose-toi systématiquement la question : à qui profite ce message ? La réponse t’éclairera souvent sur la fiabilité réelle de l’information. 🔍
🔢 Ce que disent vraiment les chiffres du Livret A
🏦 Les données officielles de la Caisse des Dépôts
Maintenant que nous avons déconstruit l’étude Goliaths.io, regardons ce que disent les données officielles sur le comportement réel des épargnants français. La Caisse des Dépôts et Consignations, l’établissement public qui gère les fonds collectés via les livrets réglementés, publie chaque mois les encours et les flux de collecte du Livret A. Ces données sont incontestables car elles reflètent des mouvements d’argent réels, pas des intentions déclarées dans un sondage. C’est la différence fondamentale entre ce que les gens disent qu’ils vont faire et ce qu’ils font effectivement. 📊
Que nous disent ces chiffres ? En novembre 2025, les épargnants français possédaient 438,9 milliards d’euros sur leurs Livrets A. C’est 800 millions de moins qu’en octobre 2025. Oui, c’est une décollecte, c’est-à-dire que les retraits ont été supérieurs aux versements sur le mois. Mais remettons ce chiffre en perspective : 800 millions de décollecte sur un encours de 439 milliards, ça représente 0,18%. Moins d’un cinquième de pourcent. Si 81% des Français voulaient vraiment « délaisser » leur Livret A comme l’affirme l’étude Goliaths.io, les flux de décollecte seraient dix fois, cent fois plus importants. La réalité des comportements contredit frontalement le récit médiatique. 💶
Le même constat s’applique au LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire), le « petit frère » du Livret A qui fonctionne de manière identique avec un plafond de 12 000 euros. En novembre 2025, son encours s’établissait à 161,8 milliards d’euros, en baisse de 300 millions par rapport à octobre. Là encore, la décollecte représente moins de 0,2% de l’encours total. Ces mouvements sont parfaitement normaux et s’expliquent par des facteurs saisonniers bien connus : novembre et décembre sont traditionnellement des mois où les ménages puisent dans leur épargne pour financer les dépenses de fin d’année (cadeaux de Noël, impôts locaux, factures de chauffage). Ce n’est pas un exode, c’est un cycle habituel. 🗓️
Plus intéressant encore : le Livret d’Épargne Populaire (LEP), réservé aux ménages modestes et mieux rémunéré que le Livret A, a vu son encours augmenter de 200 millions d’euros en novembre pour atteindre 80,9 milliards. Les Français ne fuient pas l’épargne réglementée : ils optimisent au sein de cette catégorie en se tournant vers le produit le plus rémunérateur quand ils y ont accès. C’est un comportement rationnel et parfaitement sain qui n’a rien à voir avec un engouement soudain pour les marchés actions. Le narratif de Goliaths.io s’effondre face à la réalité des flux financiers. 📈
Il est également intéressant de replacer ces mouvements dans une perspective historique. Le Livret A a connu des décollectes bien plus importantes par le passé, notamment en 2014-2015 quand son taux était tombé à 1% puis 0,75%, sans que personne ne parle alors de « crise de confiance » ou d’« exode vers la Bourse ». Les Français ajustent leurs comportements d’épargne en fonction des rendements relatifs des différents produits, mais ils restent fondamentalement attachés à la sécurité et à la liquidité. Les données historiques de la Caisse des Dépôts montrent que les encours du Livret A ont été multipliés par deux en quinze ans, passant d’environ 200 milliards en 2010 à près de 440 milliards aujourd’hui. Cette croissance structurelle traduit un attachement profond des Français à ce produit, bien au-delà des fluctuations conjoncturelles de son taux. 📊
🛡️ L’assurance-vie : où va vraiment l’épargne des Français
Si les Français sortent une partie de leur argent du Livret A, où le placent-ils ? La réponse se trouve dans les statistiques de l’assurance-vie, l’autre grand placement de masse en France. Selon les données de la Fédération Française de l’Assurance et de la Banque de France, l’encours total de l’assurance-vie a atteint 2 100 milliards d’euros à fin octobre 2025, en hausse de 6,5% sur un an. C’est une collecte nette positive massive qui démontre que les Français continuent à épargner, mais qu’ils diversifient leurs supports. 💰
Et au sein de l’assurance-vie, où va l’argent ? Essentiellement vers les fonds en euros, ces supports garantis en capital qui fonctionnent un peu comme un super Livret A avec une fiscalité différente. Les fonds en euros ont collecté des milliards d’euros en 2025, attirés par des rendements moyens de 2,5% à 3,5% chez les meilleurs assureurs, largement supérieurs au Livret A. Les unités de compte (la partie investie en Bourse) progressent aussi, mais restent minoritaires dans les allocations des épargnants. La réalité, c’est que les Français qui sortent du Livret A ne se ruent pas vers les actions : ils se tournent vers d’autres placements qu’ils perçoivent comme sécurisés. Le fantasme du Français devenu trader est une construction marketing, pas une réalité sociologique. 🏛️
Ce constat mérite d’être approfondi car il révèle un trait fondamental de la psychologie financière des Français. Contrairement à nos voisins anglo-saxons, beaucoup plus enclins à investir directement en Bourse via leurs fonds de pension, les Français restent profondément attachés à la garantie du capital. Des décennies de culture de l’épargne prudente, héritée de la génération des baby-boomers qui ont connu les crises économiques du XXe siècle, ont façonné un rapport particulier à l’argent où la préservation du patrimoine prime sur la recherche du rendement maximal. Ce n’est ni un défaut ni une qualité : c’est une caractéristique culturelle qu’il faut comprendre pour analyser correctement les comportements d’épargne. Les plateformes de trading qui rêvent de convertir les épargnants français en day traders se heurtent à cette réalité sociologique profonde. 🇫🇷
Une autre donnée mérite notre attention : la composition des flux vers l’assurance-vie. Selon les statistiques de France Assureurs, les versements sur les contrats d’assurance-vie ont atteint près de 130 milliards d’euros sur les onze premiers mois de 2025. Sur cette somme, environ 60% sont allés vers les fonds en euros (garantis) et 40% vers les unités de compte (exposées aux marchés). Ce ratio 60/40 est relativement stable depuis plusieurs années. Il montre que si les Français acceptent de diversifier une partie de leur épargne vers des supports plus dynamiques, ils le font de manière prudente et progressive, en conservant toujours une base majoritaire de placements garantis. Ce n’est pas le comportement d’épargnants prêts à « basculer » massivement vers la Bourse comme le suggère l’étude Goliaths.io. C’est le comportement de gens prudents qui diversifient leurs risques de façon mesurée. 📈
📊 Les études institutionnelles : un autre son de cloche
Pour compléter le tableau, regardons ce que disent les études réalisées par des organismes plus neutres que Goliaths.io. L’enquête annuelle du Cercle de l’Épargne, réalisée avec AG2R La Mondiale et le CECOP (Centre d’études et de connaissances sur l’opinion publique) en mars 2025, offre une perspective très différente. Selon cette étude, l’assurance-vie reste le placement préféré des Français avec 76% d’opinions favorables. Elle devance l’immobilier locatif (69%) et le Livret A (60%). Les actions ne sont jugées « intéressantes » que par 41% des Français, et les cryptoactifs par seulement 21%. 📋
Certes, le Livret A a perdu du terrain dans cette enquête : il était jugé intéressant par 52% des sondés en 2025 contre 60% un an plus tôt. La baisse est notable et reflète la frustration légitime face à la chute des taux. Mais on est très loin du rejet massif suggéré par les 81% de Goliaths.io. L’écart entre ces deux études s’explique en grande partie par les différences méthodologiques : le Cercle de l’Épargne utilise des panels représentatifs recrutés selon des méthodes plus rigoureuses, et ses questions sont formulées de manière plus neutre. C’est un rappel utile que la méthodologie d’une étude influence directement ses résultats. 🔍
Une autre étude mérite notre attention : celle réalisée par OpinionWay pour Saxo Bank en mai 2025. Saxo Bank est aussi une plateforme de courtage, donc on pourrait s’attendre à des résultats similaires à ceux de Goliaths.io. Pourtant, cette étude est plus nuancée. Elle indique que 63% des Français seraient prêts à quitter le Livret A si le taux passait sous 2%. C’est un chiffre significatif, mais il reste conditionnel (« si le taux passe sous 2% ») et bien inférieur aux 81% catégoriques de Goliaths.io. Surtout, l’étude OpinionWay révèle que 62% des Français recherchent avant tout une solution d’épargne « sécurisée », que 47% veulent qu’elle soit « simple d’utilisation », et que le rendement maximum n’est pas le critère prioritaire pour la majorité. La sécurité et la simplicité passent avant la performance. 🎯
🌡️ Le vrai thermomètre : le taux d’épargne des ménages
Pour compléter cette analyse, regardons un indicateur macroéconomique fondamental : le taux d’épargne des ménages français. Selon les dernières données de la Banque de France, ce taux s’établit à 18,7% du revenu disponible, un niveau historiquement élevé. Les Français n’ont jamais autant épargné qu’aujourd’hui. Ce comportement prudent, presque anxieux, traduit une inquiétude diffuse face à l’avenir économique et politique. Il est aux antipodes du profil de l’investisseur audacieux prêt à jouer ses économies en Bourse que décrit l’étude Goliaths.io. 📈
Cette épargne massive se répartit sur différents supports, mais elle reste massivement orientée vers la sécurité. Les Livrets A et LDDS cumulent 600 milliards d’euros d’encours. L’assurance-vie dépasse les 2 000 milliards, dont une majorité en fonds euros garantis. Les comptes courants eux-mêmes regorgent de liquidités : selon la Banque de France, les dépôts à vue des ménages dépassent 500 milliards d’euros, de l’argent qui ne rapporte strictement rien mais qui procure un sentiment de sécurité à ses détenteurs. Face à ce tableau, l’idée que les Français seraient soudainement prêts à basculer massivement vers les marchés actions relève du fantasme. Ils veulent de la sécurité, de la disponibilité, de la simplicité. Pas des ETF et des ordres de Bourse. 🏠
Ce comportement d’épargne prudent peut sembler irrationnel aux yeux des économistes qui pointent le coût d’opportunité de laisser autant d’argent « dormir » sur des comptes non rémunérés ou faiblement rémunérés. Et il est vrai que sur le long terme, cette prudence excessive a un coût réel en termes de pouvoir d’achat. Mais il faut comprendre ce qui motive ce comportement. Les Français ont vécu des décennies de crises économiques, de chômage de masse, d’incertitude politique. Ils ont vu leurs parents ou grands-parents perdre de l’argent dans des placements risqués ou des faillites bancaires. Cette mémoire collective façonne un rapport à l’argent où la préservation du capital est une valeur cardinale, parfois au détriment du rendement. Ce n’est pas de l’ignorance financière, c’est une réponse rationnelle à un environnement perçu comme incertain. 🧠
Les études de comportement financier montrent d’ailleurs que l’aversion au risque augmente avec l’âge et avec le niveau de patrimoine. Les jeunes actifs sans patrimoine peuvent se permettre de prendre des risques : s’ils perdent de l’argent, ils ont le temps de se refaire. Les seniors avec un patrimoine constitué ont beaucoup plus à perdre et moins de temps pour récupérer. Or, la structure démographique française, avec une population vieillissante et un patrimoine concentré chez les plus de 50 ans, explique en grande partie cette orientation vers la sécurité. L’étude Goliaths.io, en ciblant les répondants via les réseaux sociaux, a probablement surreprésenté les jeunes actifs connectés, plus enclins à l’investissement boursier. La réalité démographique de l’épargnant français moyen est bien différente. 📊
🧯 Les vraies raisons de la frustration des épargnants
📉 L’effondrement du taux : de 3% à 1,40% en 18 mois
Mettons de côté les biais méthodologiques et les intérêts commerciaux. Derrière les statistiques exagérées, il y a une vraie question légitime : le Livret A est-il encore un bon placement en 2026 ? Pour y répondre honnêtement, il faut d’abord reconnaître que le contexte n’est objectivement pas favorable aux épargnants prudents. Le taux du Livret A s’est effondré à une vitesse rarement vue dans l’histoire du produit, et cette chute explique en grande partie la frustration que captent les sondages, même les plus biaisés. 😓
Rappelons l’évolution récente. En février 2023, le taux du Livret A a été porté à 3%, un niveau qu’on n’avait pas vu depuis 2009. Cette hausse spectaculaire était la conséquence directe de l’inflation galopante qui frappait la France et l’Europe : la formule de calcul du taux, qui combine l’inflation moyenne des six derniers mois et les taux interbancaires à court terme, avait mécaniquement poussé le rendement vers le haut. Les épargnants se frottaient les mains. Après des années de rendements anémiques autour de 0,5% à 1%, le Livret A redevenait enfin attractif. Les versements ont afflué massivement, l’encours a battu des records historiques mois après mois. Les médias célébraient le « retour en grâce » du placement préféré des Français. 🎉
Cette période faste a créé des attentes peut-être irréalistes chez de nombreux épargnants. Habitués pendant quelques trimestres à un taux de 3% nets d’impôts, certains ont intégré ce niveau comme une nouvelle norme, oubliant que le Livret A avait passé la quasi-totalité de la décennie précédente entre 0,5% et 1,25%. Le retour à des taux plus bas, même s’il était parfaitement prévisible compte tenu du reflux de l’inflation, est donc vécu comme une perte plutôt que comme un retour à la normale historique. C’est un phénomène psychologique bien documenté qu’on appelle l’effet d’ancrage : notre perception d’une situation dépend fortement du point de référence auquel nous la comparons. Un Livret A à 1,40% semble dérisoire comparé aux 3% de 2023, mais il aurait semblé correct comparé aux 0,75% de 2020. Tout est question de perspective. 🧠
Mais depuis, la situation s’est brutalement inversée. L’inflation est retombée de près de 6% début 2023 à moins de 2% mi-2025, puis sous les 1% fin 2025. Les taux directeurs de la Banque Centrale Européenne, après avoir été relevés pour combattre l’inflation, ont amorcé leur descente. Et le Livret A a mathématiquement suivi le mouvement. Au 1er février 2025, le taux est passé de 3% à 2,4%. Six mois plus tard, au 1er août, il a chuté à 1,70%. C’est la baisse la plus brutale constatée depuis quinze ans. En un an et demi, le Livret A a perdu près de la moitié de son rendement. Pour un épargnant qui avait pris l’habitude de percevoir 3% nets d’impôts, le choc est rude. 💔
Et ce n’est pas terminé. Selon les projections de MoneyVox basées sur la formule officielle de calcul, le taux technique du Livret A devrait ressortir à environ 1,40% au 1er février 2026, soit une nouvelle baisse de 0,30 point par rapport au niveau actuel. Le gouvernement pourrait théoriquement décider d’un « coup de pouce » pour limiter la chute, comme il l’a parfois fait par le passé, mais rien ne l’y oblige et les contraintes budgétaires actuelles rendent cette option peu probable. Le LEP, lui, passerait de 2,70% à environ 2,40%, voire moins. Pour les épargnants, c’est une pilule amère à avaler. Le placement qu’on leur présentait comme « sûr et rentable » devient simplement « sûr », avec un rendement de plus en plus symbolique. 😔
💸 Le vrai calcul : combien perds-tu réellement ?
Face à cette dégringolade, quelle est la perte réelle pour ton portefeuille ? Faisons des calculs concrets pour différents profils d’épargnants, car c’est la seule façon de sortir des généralités anxiogènes et de mesurer l’impact réel sur tes finances personnelles. Ces simulations vont peut-être te surprendre, dans un sens comme dans l’autre. 🧮
Prenons d’abord le cas d’un épargnant avec 5 000 euros sur son Livret A, ce qui correspond à peu près au montant médian des comptes en France. Avec un taux à 1,70% (niveau actuel), il perçoit 85 euros d’intérêts par an. Avec un taux à 1,40% (niveau attendu en février), il percevra 70 euros. La différence ? 15 euros par an. Un euro vingt-cinq par mois. C’est le prix d’un café, d’un croissant, ou d’un tiers d’abonnement Spotify. C’est une perte, objectivement, mais honnêtement, est-ce le genre de montant qui devrait te pousser à révolutionner ta stratégie d’épargne, à prendre des risques inconsidérés en Bourse, ou à passer des heures à comparer des contrats d’assurance-vie ? Probablement pas. ☕
Maintenant, regardons un épargnant avec un Livret A au plafond, soit 22 950 euros. À 1,70%, il percevait 390 euros d’intérêts annuels. À 1,40%, ce sera 321 euros. La perte est de 69 euros par an, soit 5,75 euros par mois. Sur cinq ans, en supposant un taux stable à 1,40%, l’écart cumulé par rapport à un taux maintenu à 1,70% serait d’environ 345 euros. C’est plus significatif que pour le petit épargnant, mais ça reste modeste au regard du capital concerné. Et surtout, ça reste de l’argent 100% garanti, disponible immédiatement en cas de besoin, sans aucun risque de perte en capital. Cette garantie a une valeur que les calculs de rendement pur ne capturent pas. 🔒
Comparons maintenant avec ce que tu pourrais obtenir ailleurs. Si tu places 22 950 euros sur un fonds euros d’assurance-vie performant avec un rendement de 3% brut (ce qui est dans la fourchette haute pour 2025-2026), tu obtiendras 689 euros bruts. Après prélèvements sociaux de 17,2%, il te restera 570 euros nets. C’est 249 euros de plus que le Livret A à 1,40%. Sur cinq ans, l’écart cumulé serait d’environ 1 245 euros, soit un gain annuel moyen de 249 euros. C’est intéressant, mais pas révolutionnaire. Et tu paies ce supplément de rendement par une moindre liquidité : les retraits sur assurance-vie prennent plusieurs jours à plusieurs semaines selon les contrats, et si tu retires avant 8 ans de détention, la fiscalité est moins avantageuse. 📆
📊 Et la Bourse dans tout ça ?
Passons maintenant à la Bourse, puisque c’est l’alternative mise en avant avec insistance par l’étude Goliaths.io. Si tu investis 22 950 euros en actions via un ETF World (un fonds indiciel qui réplique la performance des marchés mondiaux), tu peux espérer un rendement moyen de 7% à 8% par an sur le très long terme. C’est la performance historique des marchés actions sur les 50 à 100 dernières années, dividendes réinvestis. Sur le papier, c’est nettement plus attractif que les 1,40% du Livret A. Sur une bonne année, tu pourrais gagner 1 600 à 1 800 euros. De quoi faire rêver. 🚀
Mais le problème, c’est que la Bourse n’est pas une ligne droite vers le haut. Elle fluctue, parfois violemment. Sur une mauvaise année, tu pourrais perdre 20% à 30% de ton capital, soit 4 500 à 6 900 euros sur un investissement de 22 950 euros. Ce n’est pas de la science-fiction : en 2022, le CAC 40 a perdu 9,5%. En 2008, lors de la crise financière, il a chuté de 42%. En 2020, au plus fort de la panique Covid, il a perdu 38% en quelques semaines avant de se reprendre. Ces baisses sont bien réelles, et elles peuvent mettre des années à être récupérées. Si tu as besoin de ton argent au mauvais moment, tu cristallises ta perte. Le Livret A ne te fera jamais vivre ça. 📉
Il y a aussi un élément que les promoteurs de l’investissement boursier oublient systématiquement de mentionner : le coût psychologique de la volatilité. Voir son portefeuille perdre 15% ou 20% en quelques semaines, comme c’est arrivé en octobre 2025 après les annonces de Trump sur les droits de douane, c’est une expérience éprouvante pour les nerfs. Beaucoup d’investisseurs particuliers paniquent dans ces moments et vendent au pire moment, transformant une perte temporaire (sur le papier) en perte définitive (réalisée). L’étude Goliaths.io révèle elle-même que 59% des Français ont « peur de perdre de l’argent » en Bourse. Cette peur n’est pas irrationnelle ou infantile. Elle est fondée sur une réalité : la Bourse peut faire très mal, et tout le monde n’a pas les nerfs, le temps ou les connaissances pour supporter ses montagnes russes émotionnelles. 😰
🧾 L’avantage fiscal oublié du Livret A
Dans le débat sur le rendement du Livret A, il y a un élément crucial que beaucoup de commentateurs oublient ou minimisent : la fiscalité. Le Livret A est totalement exonéré d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Ses 1,40% sont vraiment 1,40% nets dans ta poche. Aucun autre placement de masse n’offre cette caractéristique. 💎
Compare avec un placement en Bourse. Si tu réalises 5% de gain sur un compte-titres ordinaire, tu vas payer la flat tax de 30% (prélèvement forfaitaire unique). Avec la hausse de la CSG votée dans le budget de la Sécurité sociale 2026, ce taux passe même à 31,4%. Sur 5% brut, il te reste donc 3,43% net. C’est toujours mieux que le Livret A, certes, mais l’écart réel est moins impressionnant qu’on ne le croit souvent. Et tu as pris un risque de perte en capital pour obtenir cette performance. Si les marchés font -10% au lieu de +5%, tu perds 10% de ton capital, point final. Pas de flat tax qui te protège à la baisse. 📋
La hausse de la CSG sur les revenus du capital, passée de 9,2% à 10,6% au 1er janvier 2026, mérite qu’on s’y attarde car elle change sensiblement les calculs comparatifs entre les différents placements. Cette augmentation de 1,4 point, votée dans le cadre du budget de la Sécurité sociale 2026 pour financer notamment la suspension de la réforme des retraites, fait grimper la flat tax de 30% à 31,4% et les prélèvements sociaux de 17,2% à 18,6%. Elle touche de plein fouet les comptes-titres ordinaires, les PEA pour les gains réalisés au-delà des 5 ans de détention, et l’épargne salariale (PEE, PERCO). 📋
Mais elle ne touche PAS le Livret A (exonéré par construction et par la loi), ni l’assurance-vie (qui conserve son régime fiscal spécifique), ni les revenus fonciers (taxés différemment), ni les PEL (qui bénéficient d’un régime dérogatoire). Autrement dit, l’avantage fiscal relatif du Livret A par rapport aux placements boursiers imposables vient de s’accroître en 2026. Un investissement en compte-titres qui aurait rapporté 5% brut donnait 3,50% net avec l’ancienne flat tax à 30%. Avec la nouvelle flat tax à 31,4%, il ne donne plus que 3,43% net. L’écart avec le Livret A à 1,40% net s’est réduit de 7 centimes par euro investi. Ce n’est pas révolutionnaire, mais ça va dans le sens inverse du discours des plateformes de trading qui vantent les mérites de la Bourse face à l’épargne réglementée. 🤫
Cette évolution fiscale illustre un point fondamental que beaucoup d’épargnants négligent : la fiscalité peut changer d’une année sur l’autre, et ces changements affectent différemment les différents types de placements. Le Livret A bénéficie d’une protection constitutionnelle de son exonération fiscale : pour le taxer, il faudrait modifier la Constitution, ce qu’aucun gouvernement n’a jamais sérieusement envisagé tant le produit est populaire. À l’inverse, la fiscalité des revenus du capital (dividendes, plus-values, intérêts de placements non réglementés) peut être modifiée par une simple loi de finances, comme on vient de le voir avec la hausse de la CSG. Cette incertitude fiscale est un risque que les promoteurs de l’investissement boursier mentionnent rarement. Aujourd’hui la flat tax est à 31,4%, mais rien ne garantit qu’elle ne sera pas à 35% ou 40% dans cinq ans. Le Livret A, lui, restera exonéré quoi qu’il arrive. Cette garantie a une valeur qu’il est difficile de quantifier mais qui est bien réelle. 🛡️
💰 Comment optimiser ton épargne en 2026
🎯 L’approche par objectifs : la seule méthode qui fonctionne
Maintenant que tu disposes de tous les éléments factuels, passons aux recommandations concrètes. Comment dois-tu gérer ton épargne en 2026 ? La réponse ne peut pas être universelle car elle dépend de ta situation personnelle, de tes projets, de ton horizon de temps. Mais je vais te donner une méthodologie en cinq étapes qui fonctionne pour l’immense majorité des profils et qui te permettra de prendre des décisions rationnelles, loin des sirènes du marketing financier. 🗺️
Le principe fondamental de cette approche est simple : chaque euro de ton épargne doit être affecté à un objectif précis, et le placement choisi doit correspondre à l’horizon de temps de cet objectif. L’argent dont tu pourrais avoir besoin demain n’a pas sa place au même endroit que l’argent destiné à ta retraite dans 25 ans. Cette évidence est pourtant ignorée par des millions de Français qui entassent tout leur argent sur leur Livret A ou, à l’inverse, qui investissent en Bourse de l’argent dont ils auront besoin dans six mois. Les deux erreurs sont symétriques et coûteuses. Évitons-les ensemble. 💡
1️⃣ Constitue ta réserve de précaution (et seulement elle) sur le Livret A
Première étape : définir ta réserve de précaution. Avant de penser rendement, performance ou optimisation, tu dois t’assurer de disposer d’un matelas de sécurité disponible immédiatement en cas de coup dur. Panne de voiture, perte d’emploi, problème de santé, chaudière qui lâche en plein hiver… la vie réserve des surprises désagréables, et quand elles arrivent, tu dois pouvoir y faire face sans vendre tes investissements à perte ou contracter un crédit à la consommation à 15% d’intérêt. 🛡️
La règle classique recommandée par tous les conseillers en gestion de patrimoine est de conserver l’équivalent de 3 à 6 mois de dépenses courantes sur un placement totalement liquide et garanti. Pour un ménage qui dépense 2 500 euros par mois (logement, alimentation, transport, assurances, loisirs…), ça représente entre 7 500 et 15 000 euros. Le curseur entre 3 et 6 mois dépend de ta situation professionnelle : un fonctionnaire titulaire peut se contenter de 3 mois, un indépendant ou un CDD devrait viser 6 mois voire plus. Cette somme, et uniquement cette somme, a sa place sur le Livret A ou le LDDS. 🏦
Peu importe que le taux soit à 1,40% ou à 0,50% : la réserve de précaution n’est pas un investissement destiné à générer du rendement. C’est une assurance, une garantie de tranquillité d’esprit, un filet de sécurité. Son rôle est d’être là, disponible, intacte, quand tu en as besoin. Tu ne places pas ton extincteur à la cave parce qu’il y serait mieux rangé : tu le gardes accessible, même si ça prend de la place. C’est pareil avec ta réserve de précaution. Si tu gardes 20 000 euros sur ton Livret A « au cas où » alors que tu n’en aurais besoin que de 8 000, tu fais une erreur de stratégie. Mais si tu n’as que 3 000 euros d’épargne de précaution alors que tu devrais en avoir 10 000, tu prends un risque autrement plus grave que de « perdre » quelques euros de rendement. 🎯
2️⃣ Vérifie ton éligibilité au LEP : le secret le mieux gardé
Deuxième étape : vérifie immédiatement si tu as droit au Livret d’Épargne Populaire (LEP). Ce produit est le secret le mieux gardé de l’épargne française. Réservé aux ménages modestes, il offre actuellement un taux de 2,70%, possiblement 2,40% à partir de février 2026. C’est presque le double du Livret A. Son plafond est de 10 000 euros (hors intérêts capitalisés). Et il bénéficie exactement des mêmes avantages que le Livret A : garantie de l’État, exonération totale d’impôt, disponibilité immédiate. 💎
Pour y avoir droit, ton revenu fiscal de référence (la ligne indiquée sur ton avis d’imposition) doit être inférieur à certains seuils qui dépendent de ta situation familiale. Pour l’année 2025 (revenus 2024), le plafond est d’environ 22 400 euros pour une personne seule, 34 400 euros pour un couple, plus des majorations par demi-part supplémentaire. Beaucoup de Français y ont droit sans le savoir : étudiants, jeunes actifs, salariés à temps partiel, retraités modestes, familles avec enfants... Il te suffit de consulter ton dernier avis d’imposition pour vérifier ton éligibilité, puis de te rendre dans ta banque avec ce document pour ouvrir un LEP. 📋
Si tu es éligible au LEP et que tu ne l’as pas encore ouvert, c’est la première action à entreprendre en 2026. Avant même de penser à l’assurance-vie ou à la Bourse, remplis ton LEP. C’est 10 000 euros rémunérés à 2,40%-2,70% nets d’impôt, sans aucun risque, avec une disponibilité totale. Aucun autre placement grand public ne peut rivaliser avec ce rapport rendement/risque/liquidité. Si en plus tu as un Livret A plein, tu disposes de 33 000 euros d’épargne de précaution ultra-sécurisée, ce qui couvre les besoins de l’immense majorité des ménages. 🚀
3️⃣ Examine tes vieux PEL : des pépites oubliées
Troisième étape : fais l’inventaire de tes Plans Épargne Logement (PEL). Si tu as ouvert un PEL avant 2016, tu détiens peut-être une véritable pépite sans le savoir. Les PEL ouverts avant mars 2011 offrent des taux bruts allant jusqu’à 4,75%. Ceux ouverts entre 2011 et 2015 sont généralement à 2,5% brut. Après application des prélèvements sociaux (17,2%, attention pas de hausse de CSG sur les PEL), ça reste supérieur au Livret A actuel, et parfois nettement. 💰
Le piège, c’est que beaucoup de gens ferment ces vieux PEL sans réaliser leur valeur. Soit parce qu’ils ont besoin de liquidités ponctuellement, soit parce qu’ils pensent que c’est un produit dépassé et rigide, soit parce qu’un conseiller bancaire peu scrupuleux leur recommande de le clôturer pour souscrire un produit maison plus rémunérateur pour la banque. Avant toute décision concernant un PEL, vérifie systématiquement son taux et sa date d’ouverture. Un PEL à 2,5% ouvert en 2014 vaut de l’or dans le contexte de taux actuel. Il serait absurde de le fermer pour placer l’argent sur un Livret A à 1,40% ou sur une assurance-vie à 2,5% (avant prélèvements sociaux, soit 2,07% net). 🔍
Attention toutefois à une échéance importante en 2026. Les PEL ouverts depuis le 1er mars 2011 ont une durée de vie limitée à 15 ans. Au bout de cette période, ils sont automatiquement clôturés et transformés en compte sur livret classique, avec perte des droits à prêt associés. Pour les épargnants ayant ouvert leur PEL entre mars et décembre 2011, la clôture automatique interviendra courant 2026. Si tu es concerné, anticipe en décidant ce que tu veux faire de ces fonds : les laisser se transformer en livret (taux faible), les transférer vers une assurance-vie (meilleur rendement, moins de liquidité), ou les mobiliser pour un projet immobilier en utilisant les droits à prêt accumulés. 📆
4️⃣ L’assurance-vie en fonds euros pour le moyen terme
Quatrième étape : ouvre ou alimente une assurance-vie en fonds euros pour ton épargne de moyen terme. Pour l’argent dont tu n’auras pas besoin avant 3 à 8 ans (apport immobilier, travaux, études des enfants, projet entrepreneurial…), l’assurance-vie reste le placement de référence en France. Les meilleurs fonds euros ont servi des rendements de 2,5% à 3,5% en 2024, et les performances 2025 devraient être comparables. C’est nettement mieux que les 1,40% attendus sur le Livret A en 2026. 📈
L’assurance-vie bénéficie aussi d’une fiscalité avantageuse après 8 ans de détention : abattement annuel de 4 600 euros sur les gains pour une personne seule (9 200 euros pour un couple), puis taxation réduite à 24,7% (7,5% + 17,2% de prélèvements sociaux) au lieu de 30% avant 8 ans. De plus, l’assurance-vie échappe à la hausse de la CSG sur les revenus du capital votée fin 2025. Si tu n’as pas encore d’assurance-vie, 2026 est le moment d’en ouvrir une, ne serait-ce que pour prendre date fiscalement. Même avec un versement initial modeste de 500 ou 1 000 euros, tu fais démarrer le compteur des 8 ans. Tu te remercieras dans quelques années. ⏰
Attention cependant au choix du contrat. Tous les fonds euros ne se valent pas, loin s’en faut. Les écarts de performance entre le meilleur et le moins bon dépassent souvent 1,5 point par an, ce qui est considérable sur la durée. Privilégie les contrats sans frais sur versement (de plus en plus courants avec la concurrence des courtiers en ligne), avec des frais de gestion raisonnables (moins de 0,6% par an), et un historique de performance régulière. Les contrats des assureurs mutualistes (MACSF, GMF, MAIF…) et des courtiers en ligne (Linxea, Assurancevie.com…) sont généralement plus compétitifs que ceux des grandes banques de réseau. Fais jouer la concurrence. 🏆
Quelques conseils pratiques pour choisir un bon contrat d’assurance-vie en fonds euros. Premièrement, méfie-toi des offres promotionnelles avec des « bonus de rendement » la première année : elles servent souvent à masquer une performance structurellement médiocre les années suivantes. Regarde plutôt l’historique de rendement sur 5 à 10 ans pour te faire une idée de la capacité de l’assureur à servir une performance régulière. Deuxièmement, vérifie le niveau des réserves du fonds (la fameuse « provision pour participation aux bénéfices » ou PPB) : plus elles sont élevées, plus l’assureur dispose de marge de manœuvre pour maintenir des rendements corrects même en période de taux bas. Troisièmement, privilégie les contrats multisupports qui te permettront, si tu le souhaites un jour, de diversifier vers des unités de compte sans avoir à ouvrir un nouveau contrat et donc à repartir de zéro fiscalement. 📝
Un point important sur la disponibilité des fonds en assurance-vie. Contrairement à une idée reçue, ton argent n’est pas « bloqué » pendant 8 ans sur une assurance-vie. Tu peux effectuer des retraits (appelés « rachats ») à tout moment. Ce qui se passe après 8 ans, c’est simplement que la fiscalité sur les gains devient plus avantageuse. Avant 8 ans, les gains sont taxés à la flat tax de 30% (bientôt 31,4%). Après 8 ans, tu bénéficies d’un abattement annuel de 4 600 euros sur les gains pour une personne seule (9 200 euros pour un couple), et au-delà, d’une taxation réduite à 24,7% (7,5% d’impôt + 17,2% de prélèvements sociaux). La différence fiscale est significative sur des retraits importants, mais pour des besoins ponctuels modestes, tu peux parfaitement utiliser ton assurance-vie comme une tirelire améliorée, même avant les 8 ans fatidiques. 💡
5️⃣ La Bourse : uniquement pour le très long terme et si tu es armé
Cinquième étape : envisage la Bourse uniquement pour ton épargne de très long terme, et seulement si tu es psychologiquement et financièrement prêt. Si tu disposes d’argent dont tu n’auras absolument pas besoin avant 10 ans minimum (typiquement, une épargne retraite pour quelqu’un de 35-40 ans), alors oui, les marchés actions méritent d’être considérés. Sur des périodes aussi longues, les fluctuations court terme se lissent statistiquement, et la performance moyenne historique des actions (7-8% par an) l’emporte très largement sur celle de n’importe quel placement sécurisé. 📊
Mais attention à la façon dont tu investis. Quelques règles d’or à respecter impérativement. Privilégie le PEA (Plan d’Épargne en Actions) pour sa fiscalité avantageuse : après 5 ans de détention, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu (tu ne paies que les prélèvements sociaux de 17,2%). Investis de façon régulière, chaque mois, pour lisser les points d’entrée et éviter le piège du market timing (essayer de deviner le bon moment pour acheter, ce que personne ne sait faire). Choisis des ETF diversifiés (World, S&P 500, Europe) plutôt que des actions individuelles : tu réduis drastiquement le risque spécifique tout en captant la performance moyenne du marché. 🎯
Et surtout, surtout : n’investis que ce que tu es prêt à voir baisser de 30-40% sans paniquer. Si la perspective de voir ton portefeuille perdre un tiers de sa valeur en quelques semaines te donne des sueurs froides, la Bourse n’est pas faite pour toi, et ce n’est absolument pas grave. Il n’y a aucune honte à préférer la sécurité au rendement. L’important est de connaître ton profil de risque et d’investir en cohérence avec lui, pas de suivre les modes ou les recommandations de plateformes qui gagnent de l’argent à chaque transaction. L’étude Goliaths.io elle-même révèle que 71% des Français manquent de connaissances financières et que 59% ont peur de perdre de l’argent. Ces personnes ont parfaitement raison de rester à l’écart de la Bourse tant qu’elles ne se sentent pas prêtes. 🧠
🚫 Les erreurs à ne surtout pas commettre
Pour conclure cette partie, voici une liste des erreurs les plus courantes que je vois chez les épargnants qui réagissent aux baisses du taux du Livret A. Évite-les à tout prix. Première erreur : vider ton Livret A par frustration. Même à 1,40%, le Livret A reste le meilleur support pour ta réserve de précaution. Ne le ferme pas sous le coup de l’émotion. Deuxième erreur : investir en Bourse l’argent dont tu auras besoin à court terme. Si tu prévois un achat immobilier dans 2 ans, cet argent n’a rien à faire sur les marchés actions. Troisième erreur : suivre les conseils d’une plateforme de trading sans recul critique. Rappelle-toi que leur intérêt commercial n’est pas aligné avec le tien. ⚠️
Quatrième erreur : comparer le Livret A avec la performance passée de la Bourse. Les 7-8% de rendement annuel moyen sont une moyenne statistique sur 50-100 ans. Certaines décennies ont été catastrophiques (années 2000-2010 par exemple). La performance passée ne préjuge pas de la performance future. Cinquième erreur : négliger la fiscalité dans tes calculs. Un rendement brut n’est pas un rendement net. Le Livret A à 1,40% net bat un placement à 1,70% brut après flat tax. Fais toujours tes comparaisons en net d’impôts. Enfin, sixième erreur : prendre des décisions financières sous l’influence de titres putaclics. Prends le temps de vérifier les sources, d’identifier les conflits d’intérêts, de réfléchir. Ton argent le mérite. 🛡️
J’ajouterais une septième erreur, peut-être la plus insidieuse : croire que la complexité est synonyme de sophistication. Certains épargnants, influencés par le discours des plateformes de trading ou des gourous de la finance sur les réseaux sociaux, se sentent obligés d’avoir une stratégie d’investissement « élaborée » avec des ETF sectoriels, du stock-picking, des options, voire des cryptomonnaies. Ils ont l’impression que garder leur argent sur un Livret A est un aveu de faiblesse intellectuelle, une preuve qu’ils ne comprennent rien à la finance moderne. C’est absurde. Les meilleurs investisseurs du monde, de Warren Buffett à John Bogle, ont toujours prôné la simplicité. Un Livret A pour la réserve de précaution, une assurance-vie en fonds euros pour le moyen terme, un ETF World en PEA pour le long terme : cette stratégie basique bat la performance de 90% des investisseurs particuliers qui essaient de faire plus malin. La complexité n’enrichit que ceux qui vendent des produits complexes. 🎯
Dernière erreur à éviter, et elle est cruciale : sous-estimer tes propres biais psychologiques. Tu te crois peut-être capable de supporter une baisse de 30% de ton portefeuille boursier sans paniquer. Mais l’as-tu déjà vécu ? La théorie et la pratique sont deux choses très différentes. Quand tu vois ton compte afficher 15 000 euros au lieu des 22 000 que tu y avais mis, quand tu lis dans les journaux que la crise économique s’aggrave et que la Bourse pourrait encore baisser, quand tes collègues te racontent qu’ils ont tout vendu « avant qu’il ne soit trop tard », la pression psychologique est énorme. Beaucoup de gens qui pensaient avoir les nerfs solides craquent dans ces moments et vendent au pire moment, cristallisant définitivement leurs pertes. C’est pourquoi je recommande de n’investir en Bourse que l’argent dont tu peux réellement te passer pendant 10 ans minimum, et pas un euro de plus. Mieux vaut un Livret A à 1,40% qu’un portefeuille boursier vendu en panique à -25%. 😰
🎯 81%, vraiment ? Ce que tu dois retenir
Alors, ces 81% de Français qui veulent quitter le Livret A, ont-ils raison ? Tu l’auras compris à ce stade : la question elle-même est mal posée parce qu’elle repose sur un chiffre biaisé, sorti d’une étude commanditée par une entreprise qui a intérêt à te faire croire que tout le monde se rue vers la Bourse. La vraie question n’est pas « faut-il quitter le Livret A ? », mais « comment utiliser intelligemment le Livret A dans une stratégie d’épargne globale adaptée à ma situation ? ». Et à cette question, la réponse est beaucoup plus nuancée que les gros titres ne le laissent entendre. 🤔
Le Livret A reste un excellent produit pour ce qu’il est : une réserve de précaution liquide, garantie et défiscalisée. Son taux va baisser à 1,40% en février 2026, c’est vrai, et c’est frustrant après les 3% de 2023. Mais il restera supérieur à la plupart des livrets bancaires classiques une fois l’impôt déduit. Et surtout, il conservera ses avantages structurels irremplaçables : disponibilité immédiate, garantie de l’État français, simplicité absolue, exonération totale d’impôt. Pour les 3 à 6 mois de dépenses que tout le monde devrait garder en réserve pour les coups durs, il n’existe pas de meilleur placement en France. Point final. 💎
Là où les études et les sondages pointent peut-être un fond de vérité, c’est sur l’excès d’épargne laissé sur le Livret A par paresse ou par méconnaissance des alternatives. Des millions de Français gardent des sommes importantes sur ce support alors qu’elles pourraient être mieux rémunérées ailleurs sans prise de risque significative. C’est une forme d’inertie financière, alimentée par la complexité perçue de l’assurance-vie ou du PEA, et par la peur de l’inconnu. Mais la solution n’est certainement pas de tout basculer en Bourse comme le suggère Goliaths.io. C’est de construire une allocation équilibrée et réfléchie : réserve de précaution sur Livret A et LEP, épargne moyen terme sur assurance-vie en fonds euros, épargne long terme sur PEA pour ceux qui acceptent la volatilité et disposent de l’horizon de temps nécessaire. 📊
Cette approche par poches, que j’ai détaillée dans la partie pratique de cette newsletter, n’a rien de révolutionnaire. C’est ce que recommandent depuis des décennies tous les conseillers en gestion de patrimoine sérieux, tous les manuels de finances personnelles, toutes les associations de défense des épargnants. Elle repose sur un principe simple : adapter le placement à l’horizon de temps du projet qu’il doit financer. L’argent dont tu pourrais avoir besoin demain (réserve de précaution) va sur des supports ultra-liquides et garantis. L’argent pour tes projets à 3-8 ans (apport immobilier, travaux, études des enfants) va sur des supports à rendement correct avec garantie du capital. L’argent dont tu n’auras pas besoin avant 10-15 ans (retraite, transmission) peut aller sur des supports plus dynamiques si tu en acceptes la volatilité. C’est basique, mais ça fonctionne. Et surtout, ça ne nécessite pas de payer des frais de courtage à une plateforme de trading. 💡
Ce que cette histoire nous enseigne surtout, c’est l’importance capitale de garder un esprit critique face aux études et aux statistiques médiatisées. Quand un chiffre te paraît trop spectaculaire pour être vrai, pose-toi systématiquement trois questions. Qui a commandité l’étude ? Quelle méthodologie a été utilisée ? Quel intérêt commercial ou idéologique se cache derrière cette publication ? Dans le cas de l’étude Goliaths.io, les réponses étaient limpides : une plateforme de trading, un panel recruté sur les réseaux sociaux avec des questions orientées, et un narratif parfaitement aligné avec les intérêts du commanditaire. Ce n’est pas de l’information, c’est du marketing déguisé en contenu éditorial. Apprends à faire la différence. 🧐
Cette vigilance critique ne doit pas te transformer en paranoïaque qui refuse de croire toute information chiffrée. Il existe de nombreuses études sérieuses, produites par des organismes publics comme l’INSEE, la Banque de France, ou des instituts de recherche indépendants, qui fournissent des informations fiables sur le comportement des épargnants français. La différence fondamentale entre ces études et celles commanditées par des entreprises commerciales, c’est l’absence de conflit d’intérêts. L’INSEE ne gagne pas d’argent si tu investis en Bourse. La Banque de France n’a pas d’actions à te vendre. Leur seul objectif est de produire des statistiques fiables pour éclairer le débat public et les décisions de politique économique. C’est vers ces sources que tu dois te tourner en priorité quand tu cherches à comprendre ce que font vraiment les Français de leur épargne. 📊
En 2026, ton épargne mérite mieux que des décisions prises sous l’influence de titres putaclics ou de sondages biaisés. Elle mérite une réflexion posée, une analyse honnête de ta situation personnelle, et des choix alignés avec tes objectifs de vie réels. Le Livret A fait partie de cette équation, mais il n’en est qu’un élément parmi d’autres. Ne le diabolise pas parce que son taux baisse, ne l’idéalise pas non plus comme si c’était le seul placement possible. Utilise-le pour ce qu’il est : un outil simple et efficace pour sécuriser ta trésorerie immédiate et tes projets à court terme. Et pour le reste de ton épargne, prends le temps de construire une stratégie qui te ressemble et qui respecte ton profil de risque. 💪
Si tu ressens le besoin d’un accompagnement personnalisé pour optimiser ton épargne, n’hésite pas à consulter un conseiller en gestion de patrimoine indépendant. Pas un conseiller de banque (qui te vendra les produits maison sur lesquels il touche des commissions), pas une plateforme en ligne (qui gagne de l’argent à chaque transaction), mais un professionnel rémunéré uniquement pour te conseiller dans ton intérêt. Ces professionnels facturent généralement des honoraires (quelques centaines d’euros pour un bilan patrimonial complet), mais cette dépense peut s’avérer très rentable si elle te permet d’éviter des erreurs coûteuses ou d’optimiser ta fiscalité. Le premier rendez-vous est souvent gratuit et sans engagement : profites-en pour avoir une vision claire de ta situation et des options qui s’offrent à toi. C’est infiniment plus utile qu’un sondage à 81%. 🤝
La prochaine fois que tu verras passer un sondage annonçant que « 80% des Français veulent faire X », tu sauras maintenant quoi en penser. Et si tu as des questions sur ta propre stratégie d’épargne, n’hésite jamais à me répondre. Cash Conseils est là pour ça : décrypter, expliquer, démystifier. Ton argent mérite mieux que du marketing. 📬
Et n’oublie pas : en matière d’épargne comme dans beaucoup d’autres domaines, les solutions les plus simples sont souvent les meilleures. Un Livret A pour tes urgences, un LEP si tu y as droit, une assurance-vie pour tes projets à moyen terme, un PEA si tu veux t’exposer aux marchés actions sur le long terme. Cette structure basique, que tu peux mettre en place en quelques heures, couvrira 90% de tes besoins d’épargne. Pas besoin de produits complexes, de stratégies sophistiquées, ou de payer des frais de courtage à une plateforme qui te fait croire que tout le monde sauf toi investit en Bourse. Garde ton argent simple, garde-le sécurisé pour la part qui doit l’être, et ne te laisse pas influencer par des études biaisées conçues pour servir des intérêts commerciaux. Tu es le meilleur gestionnaire de ton propre patrimoine, à condition de prendre le temps de t’informer correctement. C’est toute la raison d’être de cette newsletter. 🎯
📚 SOURCES ET RÉFÉRENCES
📊 Étude principale analysée
Goliaths.io – « Les Français et le Livret A », juillet-août 2025, panel BuzzPress de 2 001 répondants. Relayée par Presse-Citron, BuzzArena, MySweetImmo.
🏛️ Sources institutionnelles
Caisse des Dépôts et Consignations – Encours mensuels du Livret A, LDDS et LEP, novembre 2025.
→ https://www.caissedesdepots.fr/
Banque de France – Statistiques sur l’assurance-vie et le taux d’épargne des ménages, octobre-novembre 2025.
→ https://www.banque-france.fr/
Ministère de l’Économie – « Ce qui change au 1er janvier 2026 pour les particuliers ».
→ https://www.economie.gouv.fr/particuliers/particuliers-ce-qui-change-au-1er-janvier-2026
📋 Études complémentaires
AG2R La Mondiale / Cercle de l’Épargne / CECOP – « Les Français, l’épargne et la retraite », enquête annuelle, mars 2025.
→ https://www.cercledelepargne.com/
OpinionWay pour Saxo Bank – « Les Français et leur épargne », mai 2025.
→ https://www.economiematin.fr/epargne-livret-a-taux-argent-etude
📈 Projections et analyses de taux
MoneyVox – Analyses prévisionnelles du taux du Livret A et du LEP pour février 2026.
⚖️ Textes officiels et législation
Loi de financement de la Sécurité sociale 2026 – Articles relatifs à la hausse de la CSG sur les revenus du capital (passage de 9,2% à 10,6%).
→ https://www.vie-publique.fr/loi/300445-loi-de-financement-de-la-securite-sociale-2026-retraites-lfss
Service-Public.fr – Informations sur le LEP, conditions d’éligibilité et plafonds de revenus.
→ https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2367
📰 Articles de presse cités
MaCommune.info – « Les Français continuent de vider leur Livret A fin 2025 », décembre 2025.
→ https://www.macommune.info/les-francais-continuent-de-vider-leur-livret-a-fin-2025/
MySweetImmo – « Livret A : un tiers des Français estiment perdre du pouvoir d’achat », août 2025.
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Disclaimer : Ceci n’est pas un conseil en investissement, en tant que CIF, je ne peux donner de conseils avant d’avoir pu comprendre qui vous êtes, vos objectifs de vie, vos contraintes et capacités financières. Tout conseil étant personnalisé, et cette newsletter étant généraliste, soyez vigilant sur vos investissements, peu importe la forme qu’ils prendraient.










Cette affirmation des 81 % ne tient pas face aux données réelles de flux, donc non, il ne s’agit pas d’un exode massif hors de l’épargne réglementée.
Ce que vous mettez surtout en lumière, c’est la facilité avec laquelle des études commanditées s’insèrent dans le cycle médiatique sans recul ni esprit critique.
Le rappel sur la différence entre intentions déclarées et comportements réels est particulièrement pertinent dans un contexte de baisse des taux.
J’apprécie aussi l’approche pragmatique centrée sur les objectifs plutôt que sur la chasse au rendement pour le rendement.
Selon vous, comment peut-on réellement améliorer la culture médiatique et statistique des épargnants au quotidien ?